Quatre chefs d’État dont trois de l’Afrique centrale que sont Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazza, Yoweri Museveni d’Ouganda, Félix Tshisekedi de la République démocratique du Congo et Faure Gnassingbé du Togo, ont, au terme d’un mini -sommet tenu le 12 février dernier à Oyo au Congo Brazzaville, a réaffirmé leur soutien à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui a rejeté des sanctions au Mali, à la Guinée Conakry et au Burkina Faso où sont intervenus récemment des coups d’Etat. En temps normal, on aurait applaudi des deux mains. Car, à bien des attendus, les coups d’Etat sont condamnables. Mais on fait le constat qu’en dehors du président congolais, Tshisekedi, tous les autres ne sont que des satrapes. C’est dire s’ils ne cherchent pas à défendre la démocratie. Ils préfèrent leur survie. On est d’autant plus porté à le penser que l’Union africaine dont leurs pays respectifs sont membres, avaient déjà entériné les sanctions de la CEDEAO. Pourquoi donc enfoncer le clou ? Il ne faut pas se bercer d’illusions, ces trois vieux cancers de la démocratie en plus de la RDC, sont en quête de stratégies pour protéger leur régime contre d’éventuels coups de force. Tout laisse croire que c’est la peur des coups d’Etat qui a moté ce mini-sommet. Il n’y a qu’à voir les points retenus, pour s’en convaincre : évolution de la situation politique et sécuritaire dans les Grands lacs et récents coups d’État successifs en Afrique de l’Ouest.

Plutôt que de vivre dans la hantise permanente de coups de force, nos têtes couronnées gagneraient à améliorer leur gouvernance

C’est vrai que l’insécurité, dans la région des Grands lacs, est une réalité et mérite des actions fortes pour desserrer l’étau autour des populations de cette région qui risque le martyre depuis des décennies. On ne saurait donc douter de la pertinence du soutien exprimé aux forces régulières de sécurité qui traquent les Forces démocratiques alliées (ADF) dans l’Est de la RDC ce d’autant que ce groupe a fait allégeance à la branche de l’Etat islamique en Afrique Centrale. Maïs, personne n’est dupe. Ce soutien à la CEDEAO est plus que suspect. A la vérité, ce mini-sommet n’est ni plus ni moins qu’un échange de bons procédés entre dictateurs. On le sait, que ce soit Sassou, Museveni ou Faure, chacun dirige depuis plusieurs années, son pays d’une main de fer. Et ce ne sont pas leurs opposants qui diront le contraire. Certes, Félix Tshisekedi n’a pas, du moins pour l’instant, la triste réputation de satrape. Mais il vit la même préoccupation de renversement que ses trois paires parce qu’il vient d’échapper à un coup d’Etat. Et comme adage le dit, « chat échaudé craint l’eau froide ». Mais plutôt que de vivre dans cette hantise permanente de coups de force, nos têtes couronnées gagneraient à améliorer leur gouvernance. Il n’y a pas d’armure pour se rendre invulnérable aux coups d’État en dehors de l’ternance. Autant dire qu’ils ont l’antidote de leur peur. Il suffit d’accepter de jouer à fond le jeu démocratique et de faire de la bonne gouvernance, sa boussole pour couper l’herbe sous les godasses des militaires. L’adage nous enseigne certes que « mieux vaut prévenir que guérir ». Corn on ne saurait prévenir les coups d’Etat en faisant autruche. Refuser la réalité, c’est foncer droit dans le mur. Ne dit-on pas que les mêmes causes produisent les mêmes effets ?

Dabadi ZOUMBARA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.