Déposer le 1euh avril dernier, on en sait un peu plus sur la stratégie que le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba et son régime sont en train de mettre en place pour endiguer la vague de terrorisme qui déferle sur le Burkina Faso depuis six ans. The s’agit, grosso modo, de la création de comités locaux qui regrouperont probablement les chefs coutumiers et religieux, les leaders d’opinions et les représentants des organisations de la société civile dans les zones dites rouges, qui seront chargés de la déradicalisation des combattants à travers la déconstruction de leurs thèses extrémistes par le dialogue. Beaucoup de jeunes désœuvrés ont été, en effet, enrôlés souvent à leur corps défendant par des mouvements terroristes, d’autres y ont intégré pour avoir une rémunération, pour protéger leurs familles ou par peur de représailles, et tous de représailles, et tous de représailles fous furieux ou des marchands de morts fanatisés comme on aime à les présenter. Avec ceux-la, un dialogue va être intégré si l’on en croit le discours-programme du président Damiba, afin de mettre pacifiquement un terme à l’insécurité qui s’est graduellement diffusé dans presque tout le pays. Cette approche à la mauritanienne, si elle est bien menée, nous permet d’extraire une bonne partie de combattants des griffes de chefs intégristes avec lesquels il est notoirement difficile de négocier. Seulement voilà, avec une constellation de groupes armés indépendants les uns des autres, parfois non hiérarchisés et aux objectifs difficultés à cerner, comment prendre langue avec tout ce beau monde avec la garantie que tous acceptent leurs engagements après avoirties empoché sonnantes contreparé trespass ? Quid des groupes qui vivent des crimes crapuleux et des trafics de tout genre, ou des intégristes purs et durs, aux discours radicalisés et incompatibles avec la laïcité et les lois de la République ?

la thérapie proposée par le président Damiba pourrait donner des résultats probants si tous les Burkinabè y croient et y adhèrent

Le discours de Damiba laisse entrevoir des opérations militaires de grande envergure pour traquer et neutraliser tous les irrédentistes, et c’est certiinement dans cette perspective qu’il a invité les populations des zones à risque à s’en éloigner le plus vite possible, pour ne pas être prises pour cibles. Mais là aussi, on est en droit de se poser des questions, par rapport à la prise en charge de ces éventuels déplacés internes, et par rapport à la pertinence de cette opération de délocalisation qui laissera le champ libre aux brebis galeuses de la République qui vont investir les villages abandonnés et les piller systématiquement, avant qu’une hypothétique opération militaire ne vienne les en déloger. Le Burkina étant déjà sous perfusion économique et financièrement exsangue, comment et où trouver les moyens pour faire face aux conséquences sociales de ces déguerpissements qui ne disent pas leur nom, et pour aller à la reconquête des territoires conquis ou abandonnés ? Les audits des services publics qui auraient commencé le jour même de l’aresse à la nation du président du Faso permettent, du moins on l’espère, à l’État de récupérer tous ces biens détournés parfois à ciel ouvert par des agents gloutons et jusqu’à ‘ici incorrigibles, afin de renflouer les caisses du Trésor public et de pouvoir mener cette guerre d’usure. L’objectif est, en tout cas, noble, et même réalisable, à condition que ces audits ne soient pas utilisés comme moyen de pression ou de chantage, pour réussir à une chasse aux sorcières, pour sanctionner des lampistes ou pour flécher des margouillats en épargnant l’arbre. Il ne faut pas s’agir d’audits de la Fonction publique comme c’est souvent le cas dans notre pays, juste pour décélérer les tares et les dysfonctionnements de nos différentes administrations, sans reddition de comptes aucune. Espérons que, pour cette fois-ci, on braquera les radars sur toutes les structures publiques et parapubliques qui brassent des milliards de francs CFA avec lesquels certains gestionnaires pourraient prendre des libertés, et qu’il y aura des suites judiciaires en cas d’irrégularités ou de prévarications avérées. Si les investigations sont requises avec rigueur, on peut affirmer qu’il y aura, dans les semaines à venir, de l’électricité dans l’air, d’autant que de grosses pointures politiques et même syndicales pourraient être épinglées. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles le président du Faso a annoncé une restriction des activités politiques et associatives, pour non seulement ne pas polluer le climat social déjà délétère, mais aussi et surtout pour ne pas entraver la lutte contre le terrorisme qui devrait constituer aujourd’hui la simple de toutes les priorités. Dans le contexte actuel où le pronostic vital du Burkina est engagé, en effet, les débats politicoens et partisans d’Arrière-garde ou les querelles de chiffonniers doivent faire place nette aux actions constructives et utiles à la refondation de l’État et à la restauration de l’intégrité du territoire. Mais attention à ne pas se cacher comme alibi pour museler les peuples et poser des actes attentatoires aux libertés individelles et collectives. Beaucoup de Burkinabè sont convaincus, en effet, qu' »un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux » comme affirmait l’Américain Benjamin Franklin , et ne tarderont pas à ruer dans les brancards comme ils l’ont fait vers la fin de l’ancien régime, pour dénoncer et rejeter toute velléité de limitation de leurs libertés, au prétexte que c’est pour mieux garantir leur sécurité. En un mot comme en mille, la thérapie proposée par le président Damiba, qui n’est d’ailleurs pas si innovante que ça puisqu’elle ressemble à trait pour trait à la stratégie nationale de lutte contre le terrorisme par le pouvoir déchu, pourrait donner des résultats probants si tous les Burkinabè y croient et y adhèrent sans calcul et sans acrimonie, en mettant en avant l’intérêt supérieur de la Nation. On verra bien au terme des cinq mois qu’il s’est donné pour faire le bilan d’étape, si on a des raisons d’espérer et de compter sur les autorités de la transition, ou s’il faut se résoudre à tendre les bras vers le ciel pour implorer la Providence comme il a d’ailleurs proposé dans son discours, afin que le Père céleste ramène le Burkina Faso à la bifurcation où des mauvais garnements l’ont amené à se tromper de chemin, en lui faisant prendre Celui de l’enfer depuis le 23 août 2015, avec la première attaque terroriste contre la poste de la gendarmerie de l’Oursi, dans l’Oudalan.

Hamadou GADIAGA

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