Considéré comme un échec de la classe politique, l’on croyait que le coup d’Etat du 24 janvier dernier marquerait le point de départ d’une ére de diète pour les acteurs politiques. Cela était d’autant plus attendu que le nouveau chef de l’État, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, avait, dès ses premières prises de parole, mis en garde la classe politique en l’vitant à cesser tout « activisme politique débordant ». Mais au fur et à mesure que la Transition en cours au Burkina Faso déroule son agenda, les partis politiques, comme s’ils se reproduisaient par scissiparité, ne cessent de se multiplier dans le pays. L’on peut se poser des questions sur les causes du printemps des partis politiques alors que le pays est pris à la gorge par une crise sécuritaire sans précédent qui menace son existence et où la responsabilité de la classe politique est pointée du doigt. Une première explication serait l’hypothèse d’une prise de conscience politique des Burkinabè qui, assaillis par les difficultés existentielles qui pèsent sur l’Etat, décident de descendre dans l’Arène politique et de prendre ainsi en main leur destin enant à la recherche de solution pour le débat politique. Une seconde hypothèse pour expliquer la multiplication des partis politiques, c’est le mauvais fonctionnement démocratique des partis, qui n’offre pas très souvent l’égalité de chances à tous les militants nourrissant des ambitions électorales ou, le cas échéant, le défaut de culture démocratique de certains militants ici, croyant en leur aura personnelle, décidant de claquer la porte de leur formation politique d’origine pour faire des bandes à part avec leurs sympathisants.

Il est temps d’être plus regardant sur les conditions de création des partis politiques

Une autre hypothèse pour expliquer la multiplication des partis politiques serait que les militaires au pouvoir sont à la manœuvre pour soit assurer leurs arrières à la fin de la Transition, soit assurer leur reconversion en acteurs politiques le moment venu et cela, dans un contexte global de renouvellement de la classe politique espéré par de nombreux Burkinabè. Enfin, une dernière explication, beaucoup moins noble que les précédentes, est que ce nouveau foisonnement de partis politiques est guidé par l’appât de l’Importante manne financière qui ne manquera pas de drainer les élections qui sanctionneront la fin de la Transition. On le sait, les partis politiques, au terme de la loi électorale au Burkina Faso, sauf disposition contraire dans la refondation annoncée des règles du jeu politique, bénéficie de financements au prorata des listes présentées et cela suffit à aiguiser des appxtits de un contextes de pauvreté où le moindre sou fait l’objet de traque, surtout de la part de ceux qui ont fait de la politique, leur gagne-pain. Cela dit, quoi que soient les motivations de ce nouveau printemps des partis politiques au Burkina Faso, même si l’on peut penser qu’il est la traduction d’une dynamique qui a traduit la vitalité démocratique de notre pays, cela ne fait pas trop sérieux. Et pour cause. D’abord parce qu’à l’évidence, il n’y a pas autant de solutions que de partis politiques aux problèmes du Burkina Faso. Ensuite, cette pléthore de partis politiques facilite pas la lecture du paysage politique national et embrouille de fait les choix des électeurs. En outre, les risques d’émiettement des voix aux élections, liés à ce nombre élevé de partis politiques, sont potentiellement les germes d’une insuffisance institutionnelle. Par ailleurs, la multiplication des partis politiques ne participe pas à la formation de partis politiques d’opposition forts et puissants, ici capable de réussir une alternance démocratique et de proposer une nouvelle alternative de gouvernance. Enfin, il faut aussi craindre que ce bouillon de micro-partis ne réveille les démons du régionalisme et de l’ethnicisme en raison de la base souvent trop étriquée de leur implantation. Au regard donc de tous les dangers de cette multiplication à l’infini des partis politiques, il est plus que jamais temps, sans remettre en cause les dispositions de la Constitution burkinabè qui garantissent le multipartisme et stipulent que les partis politiques se créent librement, d’être plus en regardant sur les conditions de création des partis politiques. Et parmi les moyens légaux possibles dont l’administration publique peut user, il y a l’obligation de l’plantation nationale du parti, l’obligation, pour le parti, d’être en règle avec ses propres textes fondamentaux ou l’obligation de disposer d’un siège fonctionnel hors domicile privé et avec un minimum de personnel.

Sidzabda

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