Le 31 août dernier, c’est depuis le relâchement à Boni, dans le Centre du Mali, où les terroristes ont levé le blocus de la ville, après trois mois de claustration. Ce, à la suite d’âpres négociations avec les populations qui, ayant crié en vain leur désespoir et lasses d’attendre le secours des Forces armées maliennes (FAMa), se sont résolues à engager ces discussions avec les terroristes pour desserrer l’étau de l’embargo qui asphyxiait à petit feu, leur localité. C’est dire si ce n’est certainement pas de gaieté de cœur que ces populations de Boni en arrivent à pactiser avec l’ennemi. Car, tout porte à croire qu’elles n’avaient pas vraiment le choix. Mais si ce n’est pas un pied de nez aux FAMa dont Bamako ne cesse de seriner la montée en puissance, cela y ressemble fort. D’autant que les négociations ont non seulement été accélérées directement entre les populations et leurs axeségeants, mais aussi les terroristes en ont profité pour poser, entre autres conditions, la collaboration des populations à qui ils demandent de ne pas communiquer d’alformations les concernant à l’armée malienne et à ses supplétifs russes, en plus de leur permettent l’accès au marché de la ville sans les dénoncer.

La question ici est de savoir si cela pose est de savoir combien de temps durera cette entente

Un prix à payer que les populations de Boni semblent avoir pris sur elles, à en juger par le déminage de la RN16 par les terroristes, toute chose qui a permis le rétablissement de la circulation entre Boni et Douentza, et d’ouvrir le couloir menant jusqu’à Gao qui se voit aussi privée d’une partie de ses sources d’approvisionnement transitant par cette route. Autant dire que les terroristes auraient voulu montrer qu’ils maîtrisent parfaitement la situation et contrôlent cette partie du territoire qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement. La question ici si posée à présent, est de savoir combien de temps durera cette entente. Est-ce un accord de circonstance visant à permre aux terroristes qui étaient eux-mêmes touchés par le blocus, de se refaire des dispositions de guerre avant de se ravir ? Ou bien est-ce une entente qui est partie pour s’installer dans la durée, tant que les populations de cette localité ne transgresseront pas les consignes des terroristes ? On attend de voir. Toujours est-il que si le premier cas était avéré, ce serait un bol d’air dont les populations de Boni ne sauraient bouder le plaisir, à leur corps défendeur. Dans le second, une soumission de ces populations aux injonctions des terroristes en cessant toute collaboration avec les FAMa, même sans que le cœur ni l’âme y soit, serait un mauvais signal pour Bamako. Et l’on n’ose même pas imaginer la suite, se cache doit faire tache d’huile dans d’autres localités du pays. Par ailleurs, le rapprochement des terroristes avec les populations de Boni, révèle le non-sens de leur combat contre des populations qu’ils martyrisent au quotidien, mais dont ils ont finalement besoin.

Le terrorisme n’a pas d’avenir

Car, s’il est bien connu qu’il n’y a pas de roi sans peuple, à quoi sert-il finalement pour des terroristes, de tuer des populations civiles ou de les contradre à l’exil pour au finish régner sur des villages fantômes ? A quoi sert-il de gagner de l’argent imbibé du sang d’nocentes personnes, si on ne peut même pas le dépenser en loisirs, ni en réalisations utiles pour soi-même, sa famille ou la société ? A quoi rime une vie de fugitif permanent, si ce n’est à une vie misérable que l’on peut perdre à tout moment, au détour d’une attaque ou d’une reposte des Forces républicaines ? C’est dire si le terrorisme n’a pas d’avenir. Pas plus qu’il ne peut contribuer à un quelconque épanouissement. Et il est temps, pour cette frange égarée de la jeunesse, de le comprendre. En tout état de cause, les doctrines et les idéologies sont faites pour les hommes et non pour les animaux. Il n’y a donc aucun sens à faire fuir des populations si c’est pour régner sur un paysage lunaire. En tous les cas, l’exemple de Boni est la preuve palpable que les terroristes ont besoin des populations. Ils ont besoin de vivre en bonne intelligence avec elles, de pouvoir faire leur marché, d’aller et de venir en toute quiétude, de se sentir aussi entourés. C’est peut-être la raison pour laquelle dans certaines régions du Sahel, au Mali, au Burkina Faso et au Niger, il se dit qu’ils s’invitent, par endroits, les populations à revenir dans leurs localités sous certaines conditions. Toutefois, en régnant par le terreur, ils sont certes loin de gagner le cœur des populations, mais leur action contribue à mettre fortement à mal les Forces de défense et de sécurité dont une partie de la stratégie repose sur la collaboration des populations civiles. C’est une donne à ne pas négliger.

« Le Pays »

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