Demain, 25 décembre, c’est Noël. Fête chrétienne encore appelée fête de la Nativité, qui commémore la naissance de Jésus. Ses fondements religieux reposent sur la venue au monde du Christ, Fils de Dieu, Sauveur attendu, annoncé par les prophètes, pour sauver l’humanité. C’est donc une occasion de joie pour les chrétiens, qui chaque année est célébrée en grande pompe à travers le monde, dans la ferveur et dans le partage intra et interreligieux. Une fête qui met l’enfant au centre de la famille et qui est aussi une occasion d’attention pour les plus petits pour qui la magie de cette fête dépasse généralement la date du 25 décembre. Cette année, Noël au Burkina Faso se déroule dans un contexte d’insécurité sur fond de Covid-19 et de dépression économique. Un cocktail de calamités qui suffit à justifier le Burkinabè qui n’a pas le cœur à faire la fête. En effet, autrefois localisée principalement dans le nord et l’est du pays, l’insécurité liée au terrorisme s’est propagée dans tout le pays pour atteindre, outre la Boucle du Mouhoun, des régions beaucoup plus reculées comme les Cascades et le Sud du pays.

C’est le moment de redoubler de vigilance

Ainsi contrairement aux années précédentes où beaucoup allaient faire la fête dans leurs villages, de nombreux Burkinabè préfèrent rester là où ils sont afin de ne pas prendre de risques inconsidérés en voulant rejoindre certains endroits appelés zones rouges. C’est-à-dire si la terre, et beaucoup, l’hydre terroriste a gagné depuis plus de six ans que fait rage au pays des justes. Et ce, malgré l’engagement et la forte résistance des Forces de Défense et de Sécurité auxquelles s’ajoutent des auxiliaires comme les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) et autres groupes d’autodéfense plus ou moins organisés. Alors aujourd’hui les Burkinabè vivent la peur au ventre. Une peur récemment doublée de colère suite au massacre d’Inata du 14 novembre, dans les circonstances que l’on connaît, au point de susciter une forte émotion et d’infliger un véritable coup au moral des Burkinabè. Même si les changements opérés depuis par le Chef de l’Etat au sein de l’Exécutif et du Grand Muet, ajoutés au calme relatif observé récemment, laissent espérer des lendemains meilleurs pour les Burkinabés. C’est dans ce contexte de crise sécuritaire liée au terrorisme que l’on observe une forte résurgence de la maladie à coronavirus qui bat des records depuis la découverte du premier cas au Burkina Faso en mars 2020, avec une centaine de décès enregistrés dans l’espace du trois derniers mois alors que le pays présentait quasiment les mêmes données en une année de présence de la maladie sur le sol burkinabè. C’est-à-dire si sur le plan sanitaire, l’heure doit être aussi à une plus grande vigilance dans le respect des mesures barrières pour éviter d’aggraver la situation voire d’arriver à l’adoption de mesures beaucoup plus drastiques à l’image du confinement.

Il est important que chacun fasse preuve de retenue et de retenue

Sur le plan économique, la situation n’est plus une guerre qui s’échauffe avec la hausse des prix de certains produits, liée à la double crise sanitaire et sécuritaire. Déjà, pour des raisons de sécurité, certains agriculteurs sont incapables de récolter quand ils n’ont pas simplement été empêchés, en amont, de travailler dans les champs par les mauvais garçons qui perturbent le sommeil des Burkinabè. Si l’on ajoute à cela la cupidité de certains commerçants malhonnêtes, il faut plaindre les sacs de nombreux Burkinabè pour qui ces fêtes de fin d’année ne sont pas loin d’être un véritable casse-tête. Dans ces conditions, comment le parti peut-il avoir à cœur toutes ces équations à résoudre alors que l’on traîne majoritairement des milliers de déplacés internes dont les rangs ne cessent de grossir ? Nous espérons que la venue du petit Jésus contribuera à apporter lumière et soleil dans la longue nuit des Burkinabè. Même si tout porte à croire que la situation nationale l’exige, la fête se déroulera plutôt dans la sobriété. Comme ce fut le cas pour la célébration de la fête nationale le 11 décembre dernier. C’est l’occasion d’inviter, en ces temps difficiles et maigres, les Burkinabè au partage et à la solidarité avec tous ces compatriotes qui vivent l’épreuve de l’éloignement de leurs foyers respectifs. Pourquoi, comment peut-on décemment faire de la bamboula alors que le voisin immédiat manque de tout et meurt de faim, de froid ou de quoi d’autre on sait ? Il faut dire s’il est important que chacun agisse dans la mesure et la modération, en raison des difficultés nationales qui sont le destin commun de l’ensemble Burkinabè. C’est aussi en cela que nous reconnaissons une nation qui s’engage à se construire sur certaines valeurs.

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