Les forces du mal se sont encore signalées, de façon meurtrière, au Bénin. En effet, ce dimanche à l’aube, le Commissariat de Dassari, dans le Nord du pays, à quelques encablures de la frontière avec le Burkina, a été attaqué par un groupe armé. Le bilan provisoire fait état de deux (2) policiers tués et de deux (2) terroristes neutralisés. Pour l’instant, il n’y a pas de revendication de cette attaque mais de forts soupçons qui pèsent sur la Katiba Macina, du nom de cette organisation terroriste qui écume le Sahel et dont le patron est Amadou Koufa. En tout cas, c’est ce groupe terroriste qui avait enlevé deux touristes français et assassiné leur guide béninois dans le parc de la Pendjari, à la frontière du Burkina Faso. C’était, on s’en souvient, le 1euh mai 2019. Cette date est d’autant plus mémorable qu’elle représente la première attaque terroriste officielle perpétrée sur le territoire béninois. Ce rapt effectué par les hommes d’Amadou Koufa, rappelons-le, avait connu son épilogue par l’intervention des Forces spéciales françaises et la mort de deux commandos marines. Depuis cette date, on ne compte plus le nombre d’attaques terroristes dans l’ex-Dahomey. Le Togo est voisin dans la même situation.

Le ver a eu tout le temps de prendre possession de tout le fruit

Et ce n’est pas faute de n’avoir pas été prévenus, bien avant le 1euh mai 2019, de la menace terroriste qui planait sur les pays du littoral africain voisins du Burkina, du Niger et du Mali. L’alerte, on se rappelle, avait été donnée par les services de renseignement français. A l’époque, on peut prendre le risque de dire que les Béninois et les Togolais n’ont pas été jugés nécessaires de mouiller leurs barbes respectives, afin que celles-ci ne soient pas ravagées à leur tour, par incendie qui était en train de consommateur les barbes des voisins burkinabè et nigériens. Aujourd’hui, cette insouciance et ce manque d’anticipation, sont en train d’être chèrement payés par le Bénin et le Togo. Avant eux, c’est la Côte d’Ivoire qui dormait d’un sommeil profond, pendant que le danger rôdait chez ses voisins burkinabè et maliens. Ces derniers ont également brillé par le même manque d’anticipation et la même insouciance, pendant que des hordes terroristes quittaient oser-oser, la Libye post-Kadhafi pour déferler sur le Sahel africain. Aujourd’hui, le ver, peut-on dire, a eu tout le temps de prendre possession de tout le fruit. Et chaque pays touché par le phénomène, est en train de se démener comme un beau diable, pour desserrer l’étau terroriste autour de son territoire. Ici, on met en place des zones d’intérêt militaire, on parle de mesures d’urgence sécuritaire ou encore d’état de guerre. Bref, chacun y va de sa stratégie ou de ses formules pour réduire la voile de l’hydre terroriste, à défaut de l’éradiquer. Et c’est là où réside celui des manquements des pays touchés ou affecté par le péril. Car, le terrorisme ne peut être vaincu de façon solitaire.

L’heure est venue de s’attaquer de manière résolue, à la priorité des priorités et cela de manière collégiale

Autrement dit, tant que la reposte ne sera pas organisée de manières intelligentes et concertées, à l’échelle de l’ensemble de la sous-région, les terroristes continueront de se jouer de nos Forces de défense et de sécurité (FDS). Les dirigeants du Burkina, du Mali, du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Ghana et du Togo, sont donc interpellés. Ils doivent s’unir et mutualiser leurs moyens pour vaincre le terrorisme ou périr ensemble. Aucun pays ne doit s’offrir le luxe de se mépresere sur cette réalité. Il ne faut surtout pas s’attendre à ce que les autres leur indiquent cette voie du salut. Car, l’on peut avoir l’impression que bien des pays puissants de ce monde, ont intérêt à ce que le terrorisme ne prenne jamais fin un jour. Même à l’intérieur de nos pays, il pourrait exister des gens pour qui le terrorisme constitue une source d’opportunités juteuses. Tous ceux qui sont véritablement épris de paix et de sécurité, doivent donc prendre conscience de cela et agir en conséquence de sorte à inverser la tendance. Dans cette perspective, ils peuvent déjà s’organiser et faire pression sur la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) pour qu’elle inscrive la résolution de la question du terrorisme, à l’ordre du jour de sa rencontre du 3 juillet prochain à Accra. Bien sûr, l’on peut comprendre pourquoi la CEDEAO est très remontée contre les coups d’État qui ont lieu en son sein. Mais les uns et les autres doivent se rendre à l’évidence que de la résolution de la question du terrorisme, dépendra de l’existence même des États de cet espace. Il n’y a donc pas matière à pinailler. L’heure est venue de s’attaquer de manière résolue, à la priorité des priorités et cela de manière collégiale.

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