Depuis la prestation de serment de Paul-Henri Sandaogo Damiba devant le Conseil constitutionnel, le débat fait rage. A coups de déclarations ou de conférences de presse, les juristes n’ont pas cessé de s’étriper tant et si bien que l’on ne sait plus à qui se fier. En effet, pendant que les uns trouvent opportun la performance de serment du président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), d’autres la trouvent mal fondée en droit. Moi fou, je ne suis pas juriste si bien que je ne voudrais pas prendre le risque de me prononcer sur cette affaire. J’ai tellement de problèmes à régler que je ne saurais me préoccuper d’une affaire qui n’apporte personnellement rien. Je n’aime pas le débat oiseux dont certains Burkinabè ont fait leur apanage. Mais j’ai envie de poser une question à tous ces juristes qui nous embrouillent sans cesse : avez-vous fait les mêmes études de droit ? Si tel est le cas, j’ai du mal à comprendre les divergences criardes qu’il y a entre les prises de position des uns et des autres. A moins que, suivant leurs intérêts ou par calculs, certains n’aient fait le choix de lire le droit à l’envers ou d’interprète selon que leur estomac est plein ou vide. Je le dis parce que je sais qu’au Burkina Faso, nombreux sont ceux-la dont les positions évoluent ou varient en fonction de ce qu’ils peuvent gagner ou perdre. Et malheureusement, ce sont ces gens-la qui, j’espère, se reconnaîtront dans mon propos, brouillent le jeu et réussiront à semer la confusion dans les esprits.

Arrêtons les débats byzantins

Enfin, je donne raison à un grand-père qui n’est plus de ce monde mais qui était d’une grande sagesse, qui me disait que les juristes sont généralement à la base de certaines crises. On a parfois l’œil l’impression qu’au lieu du droit, certaines polices du juridisme… intestinal. J’arrive personnellement, grâce à ma culture citoyenne, à démasquer cette catégorie de juristes qui, à la vérité, ne sont ni plus ni moins que des impôts. Du reste, je me demande s’il n’y a pas plus urgent à faire au regard des défis demandés face à notre pays. Car, pensez-vous sincèrement que la prestation de serment ou l’habillement de Damiba, intéresse les populations de Djibo qui, depuis quelques semaines, vivent sous blocus des groupes armés au point qu’elles manquent du minimum vital ? La réponse n’est pas. Il en est de même pour le pauvre paysan de Pama qui vit, depuis quelque temps, la peur au ventre sans aucune lueur d’espoir. Que dire des populations de Thiou sommées de vider les lieux au risque de se faire trucider par des hommes armés qui, en réalité, ne sont pas inconnus d’autant que certains opèrent à visage découvert ? J’oublie volontiers le cas de ces déplacés internes qui n’aspirent qu’à regagner leurs localités respectives pour vivre plus dignement. Voyez-vous ? Arrêtons donc les débats byzantins pour nous consacrer à l’essentiel qu’est le retour de la sécurité dans notre pays. Car, plus que sur tout autre chose, c’est sur ce chantier que Damiba et ses frères d’armes sont attendus. Et qu’ils se le tiennent pour dit, ils ne bénéficieront pas d’état de grâce.

« Le Fou »

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