« Aucune fixation ne doit être faite sur la durée retenue pour la transition parce qu’elle pourrait être révisée si la situation sécuritaire s’améliorerait dans les mois à venir dans les zones à forts défis sécuritaires ». Telle est la phrase qui a retenu le plus mon attention lorsque j’ai lu et relu le discours du chef de l’État, Paul-Henri Sandaogo Damiba. Par cette phrase, Damiba laisse croire que la transition politique en cours dans notre pays, pourrait ne pas durer trois ans. Elle pourrait être revue à la baisse si la situation sécuritaire s’améliore d’ici. Je suis sûr que cette déclaration a dû plaire aux dirigeants de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui a estimé qu’une transition de 36 mois, c’est un peu trop. Certains ont d’ailleurs très vite franchi le pas en affirmant que Damiba, par cette déclaration, fait un clin d’œil à la CEDEAO qui menace le Burkina Faso de sanctions si la durée de la Transition n’est pas revue à la baisse d ‘ici au 25 avril prochain, soit seulement dans quelques semaines. Pour ces gens-là, l’agit d’une posture diplomatique visant à éviter un bras de fer ouvert avec les dirigeants de la CEDEAO comme l’ont fait nos voisins du Mali. Ce n’est pas mauvais en soi. Car, pour moi, le plus important, c’est de travailler à éviter les sanctions de la communauté ouest-africaine qui pourraient aggraver notre situation déjà peu reluisante.

Damiba gagnerait à éviter tout calcul

Seulement, je me demande si en entrevoir la possibilité de réduire la durée de la transition, Damiba ne se met pas à dos une bonne partie de ses soutiens. Je reste convaincu que certains ont dû faire grise mine en entendant cela. Je pense notamment à certains qui ont fait des pieds et des mains pour intégrer l’Assemblée législative de la transition (ALT) et qui ont déjà fait leurs petits calculs. Il y en a qui, déjà, ont même contracté des prêts auprès des banques. D’autres ont repris des chantiers abandonnés depuis près d’une décennie. Plutôt que de la voire réduite, tous ces gens-la favorables en sein que la transition plutôt soit prolongée. Et justement, Damiba, en disant que la transition pourrait être révisée, n’a pas dit clairement si c’est à la baisse ou à la hausse. Pour moi, toutes les deux options sont possibles, c’est-à-dire que l’on peut réviser à la baisse si les choses s’améliorent et à la hausse dans le cas contraire. Ou, pour autant que je sache, toute tentative de révision à la hausse de la durée de la transition dans notre pays, pourrait être lourde de conséquences. Car, non seulement on ne pourra pas éviter les sanctions de la CEDEAO, le maïs aussi la tension risquerait de monter de plusieurs crans. S’il veut entrer dans l’histoire par la grande porte, Damiba gagnerait à éviter tout calcul en respectant, en bon militaire, la parole donnée et, pour ainsi dire, s’en tenir au délai de la transition telle qu’inscrite dans sa charte. Cela dit, il gagnerait mieux à écouter ceux qui le critiquent de bonne foi que ceux-la qui, pour protéger leur tirelire et nourrir leur gosier, passent le temps à faire ses éloges.

« Le Fou »

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