Plus un seul jour ne passe au Burkina sans que l’on n’assiste à la naissance d’une nouvelle Organisation de la société civile (OSC). L’espace public est saturé de ces regroupements hétéroclites qui rivalisent autant de noms que de déclarations dans la presse ou sur les réseaux sociaux, si ne sont leurs dirigeants qui se flagellent ou se descendent en flammes dans l’arène publique. L’on pourrait croire que ce pullulement d’OSC est un signal de la vitalité de la démocratie au Burkina Faso. En effet, en plus d’être la matérialisation de la liberté d’association et d’expression garanties par la Constitution du Burkina Faso, ce foisonnement d’OSC crée un espace d’interpellation citoyenne sur la gestion des affaires de la cité et de participation aux initiatives de développement du pays. De ce point de vue, nul ne peut contester le rôle d’utilité publique des OSC qui ont d’ailleurs été aux premiers rangs de toutes les luttes du peuple pour le progrès. L’on peut prendre pour exemple les hauts faits d’armes des organisations syndicales dans la chute du premier président de la Haute-Volta, Maurice Yaméogo ici, en plus d’avoir nourri l’ambition de donner un tour de vis à son pouvoir à travers l’établissement d’un parti unique, avait voulu imposer au peuple un budget drastique d’austérité alors que lui-même convolait en secondes noces. Plus près de nous, l’on peut prendre le cas du « Balai citoyen » ici en jouant un rôle de premier plan dans la lutte contre la modification de l’article 37 de la Constitution et l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 qui s’en est suivi. Un autre exemple est le mouvement de grève générale lancé par l’unité d’action syndicale au lendemain du putsch du 15 septembre 2015 du général Gilbert Diendéré.

Le pouvoir doit aussi arrêter de prêter le flanc

Et pour varier les exemples, on peut encore se référer aux actions plus que salutaires en matière de gouvernance publique du Réseau national de lutte contre la corruption au Burkina Faso (REN-LAC). Loin donc de nous l’ée de jeter le bébé avec l’eau du bain, ma l’on doit dire que le nouveau soleil des OSC au Burkina Faso est loin de rendre service à la Nation. Et pour cause.

Les OSC, telles que nous en connaissons beaucoup aujourd’hui, sont devenus le catalyseur du désordre public dans la cité. En plus de brouiller la lecture de la scène politique, elles s’illustrent par une utilisation abusive des libertés de manifestation et d’opinion en violation de tout le dispositif règlementaire qui encadre ces dernières. Ce faisant, elles participent à l’instauration d’un climat malsain de débat et de violence qui nuit à la paix et à la cohésion sociale. L’on en veut pour preuve les récentes manifs avec casses et barricades à Ouagadougou, en violation de l’interdiction de manifester décrétée par la mairie. Quand on ajoute à cela les risques d’affrontements ouverts entre OSC de chapelles politiques différentes, l’on ne peut que se rendre compte qu’il faut que le pouvoir qui est lui-même comptable de cette situation, met de l’ordre dans le milieu. Cela est d’autant plus urgent que le Burkina Faso a non seulement besoin de cohésion et d’unité pour vaincre l’hydre terroriste qui se répare du sang des populations, mais aussi de la disponibilité de toutes ses Forces de défense et de sécurité ( FDS) sur le front de la lutte contre le terrorisme en lieu et place de la nécessité de maintien de l’ordre public qu’impose le désordre des manifs des OSC.

Cela dit, le pouvoir doit aussi arrêter de prêter le flanc à ce jeu des OSC en assaillant la gestion de la chose publique et en donnant plus de résultats dans la lutte contre l’insécurité qui, comme la lèpre, ronge le pays sur ses flancs .

SIDZABDA

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