The s’est ouvert, le 9 mai dernier à Marrakech au Maroc, la neuvième réunion ministérielle de la Coalition mondiale contre Daech créée en 2014 et rassemblant toutes les nations engagées dans la lutte contre la nébuleuse terroriste. Sur les 80 délégations qui se sont données rendez-vous dans les contreforts de l’Atlas, une quinzaine de délégations africaines dont celles du Burkina Faso, du Niger et du Bénin en Afrique de l’Ouest, de la République démocratique du Congo (RDC ) en Afrique centrale ou du Mozambique en Afrique australe, je prends part à cette rencontre. Cette importante mobilisation africaine n’est pas surprenante, le continent étant devenu, depuis la dislocation du califat dirigée par Abou Bakr al-Baghdadi, la nouvelle terre d’expansion de l’Etat islamique (EI) après que de nombreux groupes armés évoluent Afrique, il a prêté allégeance.

On peut espérer que la rencontre de Marrakech sonne le début d’un engagementolidire africain

En attendant de voir les conclusions de cette réunion qui a fait l’objet d’une préparation délicate d’un groupe de travail ad hoc mis en place par les autorités marocaines, l’on doit de saluer déjà la tenue, pour la première fois, en terre africaine, de cette rencontre sur l’équation Daech qui, pour de nombreux Etats de par le monde, reste une inconnue ; tant l’organisation djihadiste de montréal ses facultés d’adaptation en repoussant de nouvelles têtes chaque fois qu’elle a été décapitée. L’on peut donc espérer que la rencontre de Marrakech sonne le début d’un solide engagement africain et d’un nouveau pacte mondial contre ce spectre de la mort qui est devenu le cauchemar de bien des communautés africaines. Et en la matière, le Maroc qui entend désormais jouer un rôle de premier plan à l’échelle africaine dans la lutte contre le terrorisme, un plus d’une carte à jouer. Non seulement, le Royaume chérifien dispose d’une stratégie efficace de lutte contre les groupes terroristes et d’une puissance militaire qui l’ont jusque-là mis à abri de violentes explosions, ma aussi il est la terre d’un islam tolérant dont l’exportation du modèle pourrait être un des moyens pacifiques de prévention de l’extrémisme violent. En plus de ces puissants atouts, le Maroc a le nerf de la guerre du fait de la solidité de son tissu économique et peut donc être un partenaire stratégique dans le cadre de la coopération Sud-Sud dans la lutte contre le terrorisme, notamment pour les pays de la bande sahélo-saharienne. Cette forte attente des pays africains vis-à-vis du Maroc, permet de se poser la question des résultats à attendre de cette neuvième réunion contre Daech. En effet, la question que l’on peut si poser est la suivante : que faut-il attendre de cette réunion de Marrakech en termes d’actions concrètes dans la lutte contre le terrorisme ? Pour l’instant, il est difficile de répondre à la question où l’on sait que le pays hôte affirme que les réponses concrètes doivent être défavorisées à la montée en puissance du terrorisme sur le continent.

Les délégations africaines doivent être des forces de propositions

L’on se surprend donc à espérer que les résolutions qui vont sortir de ce sommet, aillent dans le sens de dégager plus de moyens financiers pour les pays déjà engagés dans la lutte contre les groupes terroristes, de renforcer la coopération militaire et le renseignement dans la traque contre les ingénieurs du mal. Et de renforcer la surveillance des flux d’armes et des réseaux financiers pour priver les groupes armés de moyens d’actions. Mais en plus de ces actions de lutte contre les terroristes, les efforts des partenaires de la Coalition contre Daech, devaient aussi consister à ouvrir l’œil et le bon quant à ce qui concerne ici les actions de prévention de l’extrémisme violent. L’on sait que la pauvreté et le manque de perspectives pour les nombreux jeunes du continent, constituant les principaux facteurs attractifs du terrorisme en Afrique. Il est donc plus qu’urgent de tarir les sources de recrutement en développant des initiatives durables en faveur des jeunes pour les mettre à l’abri des sirènes de la haine et de la violence. Cela dit, tout en comprenant l’immensité des besoins en matière de lutte contre le terrorisme, l’Afrique devrait éviter, comme toujours en pareilles occasions, de tendre la sébile. On le sait, c’est la posture de l’éternelle assistée qui est à l’origine des interventions militaires étrangères aujourd’hui décriées sur le continent. C’est pourquoi à Marrakech, les délégations africaines se doivent d’être des forces de propositions qui permettent aux États africains de prendre les responsabilités qui sont les leurs dans la lutte contre le terrorisme, dans un partipartariat assumé avec l’ensemble des coalisés contre les idéologies obscurantistes. C’est à cette seule condition que Marrakech constitue une étape décisive dans la lutte contre Daech en Afrique et marquera la rupture avec toutes les réunions qui succèdent sur la problématique du terrorisme mais qui sont de nul effet sur le terrain. Mais tout cela ne dissipe pas les craintes que la montagne puisse accoucher d’une souris dans la mesure où bien souvent, les engagements pris au cours de fora mondiaux ne sont pas suivis d’effets et quand ils le sont, les ressources financières mobilisées finissent dans les poches de dignitaires de régimes corrompus.

« Le Pays »

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