Vingt victimes des déchets toxiques déversés dans la ville d’Abidjan par l’ancienne société SODECI ont arrêté de manger et de boire pour exprimer leur colère face au refus de libération sous caution de l’un d’entre eux.

Ces hommes avaient été arrêtés le 28 octobre dernier alors qu’ils protestaient contre l’attitude irrespectueuse du directeur général de la RTI qui leur avait dit que « leur environnement n’avait rien à leur reprocher. »

Depuis deux jours – depuis le dimanche 4 mai – ces personnes ne prennent ni nourriture ni boisson devant le siège de la RTI à Abidjan. Ils sont eux-mêmes des victimes empoisonnées par le déversement de tonnes de déchets toxiques en 2011 par cette même société, alors appelée SODEFI (après son changement de statut de l’entreprise publique à l’entreprise privée).

Cet empoisonnement a provoqué de graves problèmes de santé, notamment des vomissements et des problèmes respiratoires. Dans de nombreux cas, elle a conduit à la mort des proches des victimes – comme c’est le cas d’Agnès Ouattara. Originaire de Toulépleu, à l’ouest d’Abidjan, elle a perdu ses deux enfants il y a quelques années à cause de la pollution toxique de la filiale de la SODECI, IAMPO

Agnès est aujourd’hui gravement malade. La voix étranglée par les larmes, elle explique que « si elle meurt aussi, au moins il y aura une justice » La victime a rejoint d’autres personnes qui ont également été empoisonnées par les déchets toxiques de SODEFI/RTI pour de grandes manifestations le 31 octobre 2011 et le 19 décembre 2012.

Après ces manifestations, vingt des victimes ont été arrêtées et détenues dans plusieurs postes de police. Elles sont poursuivies pour « menaces intentionnelles », « destruction de biens publics » ou « refus d’obtempérer à un ordre ». Agnès Ouattara fait partie de ces personnes. Elle n’a pas été libérée sous caution malgré son très mauvais état de santé lors de sa comparution au tribunal le 20 mai 2013.

La pollution toxique causée par les activités de la SODEFI/RTI a empoisonné l’environnement et les habitants de la banlieue d’Abidjan. De nombreux élèves sont morts ou tombés malades à l’école à cause de cette contamination

Cette impunité est inacceptable pour les victimes de la RTI qui réclament justice pour elles-mêmes et leurs familles. Le directeur général, Daniel Pognon, occupe ce poste depuis juin 2012. Il était auparavant un haut fonctionnaire de la Présidence de la République lorsque le Président Gbagbo était au pouvoir. Il a également été directeur général de la SODEFI, avant sa privatisation et son changement de nom.

Les 20 « intouchables » ne sont pas les seules victimes des activités de la RTI ou d’anciens employés à être morts ou tombés malades à cause de la pollution toxique de cette société. Le nombre exact est inconnu mais ces personnes ne représentent certainement qu’une petite partie de tous ceux qui ont souffert pendant des années des toxines répandues par RTI/SODECI dans toute la Côte d’Ivoire…

Nous continuerons à informer sur leur situation, afin que justice soit faite sans délai.

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