Après donc les frappes intensives de l’armée française en Côte d’Ivoire lors de la crise postélectorale de 2010-2011 qui ont vu le départ de Laurent Gbagbo du pouvoir, l’actuel pourvoir d’Abidjan ne veut plus revivre un tel cauchemar. Ainsi, les députés ivoiriens ont voté à l’unanimité le nouvel accord de partenariat de défense avec la France, qui exclut toute nouvelle intervention militaire française en Côte d’Ivoire, le vendredi dernier à l’Assemblée nationale.

Le parlement ivoirien avait adopté, il y a une semaine, en commission cet accord avec l’ancienne puissance coloniale, dont l’armée joua un rôle décisif dans le renversement de l’ex-président Laurent Gbagbo en 2011. Le nouveau texte de loi met l’accent sur la « mise à disposition » de l’armée ivoirienne de « ressources nécessaires » pour faire face « aussi bien à une agression extérieure qu’à une crise interne » sans « recourir à l’armée française ».

« Renseignement, équipement, entrainement des forces, soutien logistique et formation » constitueront les nouvelles missions assignées aux forces françaises dans ce cadre. Le traité de « partenariat de défense », signé en janvier 2012 par le
président ivoirien Alassane Ouattara et l’ex-chef de l’État français Nicolas Sarkozy, met fin à un accord dit « d’assistance militaire technique » datant de 1961, un an après l’indépendance ivoirienne.

Le texte, conclu pour une durée de cinq ans, est renouvelable par tacite reconduction pour de nouvelles périodes de cinq ans. Chaque partie peut dénoncer ce traité, déjà ratifié par la France. La loi, votée vendredi à l’unanimité des 197 députés, autorise le président Ouattara à ratifier le traité.

Le Rassemblement des républicains (RDR, parti présidentiel), a la majorité absolue à l’Assemblée, avec quelque 140 députés, et dispose avec ses alliés de la quasi-totalité des sièges, après le boycottage de précédentes législatives par le parti de l’ex-président Gbagbo. L’accord avait été qualifié d’ »inopportun » début juillet par Amani N’Guessan, ancien ministre de la Défense et cadre du Front populaire ivoirien (FPI), le parti créé par M. Gbagbo.

« Il n’appartient pas à la France de penser ni le format, ni l’organisation de notre armée », avait-il déclaré à l’AFP, dénonçant les agissements de l’armée française qui a « soutenu la rébellion proche de l’actuel président, dans son projet de déstabilisation du (précédent) régime ».

« Le leader du FPI, principal adversaire politique d’Alassane Ouattara, a été condamné en 2016 à 10 ans de prison pour avoir « déstabilisé » son pays.

Alassane Ouattara a pris le pouvoir en 2011. L’armée française avait alors joué un rôle clé dans son accession au pouvoir. M. Gbagbo est actuellement détenu à la CPI, accusé de crimes contre l’humanité commis par ses partisans suite à l’élection présidentielle qu’il a refusé de reconnaître et qu’il a perdue contre Ouattara.

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