APA-Abidjan (Côte d’Ivoire) – L’État de Côte d’Ivoire prévoit de planter 3 millions d’hectares (ha) d’arbres pour porter le couvert forestier du pays à 20 % d’ici 2030.

Lors d’un panel de haut niveau, organisé mercredi à Abidjan, dans le cadre de la RSE et de la promotion de l’économie verte, le ministre ivoirien des Eaux et Forêts, Alain-Richard Donwahi, a dévoilé la politique et les stratégies de reboisement de la Côte d’ivoire.

Cette plateforme a réuni des organisations internationales, des partenaires techniques et financiers et des opérateurs économiques, qui ont mené la réflexion sur la mise en œuvre de la transition verte de l’économie forestière ivoirienne.

Selon M. Alain-Richard Donwahi, « 64% de la déforestation en Côte d’Ivoire est liée à la pratique agricole, et cette pratique agricole est pratiquement cacaoyère (…) aussi bien en zone rurale qu’en zone classée, donc dans le domaine privé de l’Etat. « .

« Nous devons atteindre 20% du territoire national qui est couvert de forêts d’ici 2030, c’est-à-dire que nous devons planter environ 3 millions d’hectares d’arbres », a indiqué le ministre ivoirien de l’Eau.

Au cours des 60 dernières années, 90 % de la superficie forestière ivoirienne a disparu, faisant de la Côte d’Ivoire l’un des pays africains avec le taux annuel de déforestation le plus élevé.

« Cela a été fait parce qu’il y avait des problèmes économiques en plus de l’industrie du bois qui a contribué à la déforestation, les feux de forêt dans une moindre mesure et le bois de chauffage », a noté le ministre Alain-Richard Donwahi.

« La Côte d’Ivoire est le premier producteur de cacao au monde et nous voulons le rester ». Seulement, « il s’agit d’observer ce qui a été détruit et donc d’avoir une nouvelle politique agricole ainsi que forestière (agro-forestière) avec tous les acteurs », a-t-il ajouté.

Pour ce faire, le ministère souhaite sensibiliser l’ensemble des acteurs à la préservation de l’écosystème. Aujourd’hui on peut produire 1,5 tonnes par ha, 2 tonnes ou 3 tonnes, voire 6 tonnes par ha comme en Equateur contre 300-700 kg par hectare actuellement en Côte d’Ivoire.

Donwahi a noté que l’État s’est engagé à « transformer l’agriculteur en un agriculteur moderne », afin de ne pas produire de cacao pour la subsistance, mais pour créer de la valeur ajoutée et de la plus-value. Et ce, avec des outils technologiques agronomiques de pointe.

Dans ce contexte, la Côte d’Ivoire a signé il y a trois ans l’initiative Cacao-Forêt. Cette initiative a montré que la filière chocolat participe à la pérennité de la culture du cacao dans le pays avec la volonté de traçabilité et la pratique de l’agroforesterie.

Les résultats d’un récent inventaire de la forêt ivoirienne révèlent que « seulement 13,3% des forêts classées et 32,2% des aires protégées contiennent encore du couvert forestier » sur l’ensemble du territoire.

« Notre stratégie est de nous attaquer aux forêts classées, où nous avons aujourd’hui la possibilité de planter 3 millions d’hectares. Et, ces 3 millions d’hectares, si on ne les plante que dans des forêts classées, on atteindra 20 % du couvert forestier d’ici 2030 », a-t-il poursuivi.

« Ce qui est plus facile pour l’État, c’est de reboiser les forêts classées, car elles sont du domaine de l’État. Mais, dans les forêts rurales, (il va s’agir d’amener les gens à) préserver la forêt tout en cultivant et en ayant du bois de chauffage », a expliqué Donwahi.

M. Cédric Lombardo, personnalité avertie dans le domaine de l’intelligence économique, a souligné la nécessité de la « participation de tous » les acteurs de l’écosystème pour des résultats probants.

Le ministère a partagé sa politique avec toutes les parties prenantes, acteurs de terrain, l’État, le para-étatique, la société civile et le secteur privé, ainsi que les partenaires techniques et financiers qui ont été impliqués dans l’élaboration de la politique et de la stratégie de mise en œuvre. .

La Côte d’Ivoire a perdu plus de 90 % de son couvert forestier. Le pays, selon le dernier inventaire de sa forêt, compte 9,2% de forêts. Un nouveau code forestier établi en 2019 devrait permettre de renforcer le couvert forestier ivoirien.

AP / ls / APA







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