A la télévision nationale, ce mercredi 26 janvier 2022, le ministre chargé de l’administration territoriale et de la décentralisation, Abdoulaye MAIGA, a profité de son apparition au journal de la chaîne nationale pour tenter de reformuler le ministre des Armées. La Française, Mme. Florence PARLY suite à son accusation contre les autorités de Transition. En réponse, le ministre Abdoulaye MAIGA rappelle au ministre français la grandeur du silence.

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Monsieur le Ministre, nous commenterons exceptionnellement chaleureusement un communiqué du gouvernement. Dites-nous Monsieur le Ministre, après lecture de cette déclaration que faut-il faire pour clore cet incident diplomatique si je puis dire ?

Je pense que nous n’en sommes pas encore au stade de l’incident diplomatique. Il pourrait y avoir des malentendus entre le gouvernement du Mali et le Royaume du Danemark. Suite à la publication du communiqué du Gouvernement de transition n°014 du 24 janvier 2022, dans lequel les Danois étaient invités à retirer leurs forces spéciales de notre territoire, une vive polémique a éclaté.

C’est à la suite de cela que nos plus hautes autorités nous ont instruits de donner les vraies informations à nos compatriotes (opinion nationale et internationale).

Pour ce faire, mes observations s’articuleront autour de quatre points : premièrement, c’est le fonctionnement qui sous-tend le déploiement des forces étrangères dans le cadre de TAKUBA, les faits, les malentendus et les messages importants du Royaume du Danemark, de nos compatriotes et autres acteurs.

Il est important de rappeler, au regard du fonctionnement sous-tendant le déploiement des forces étrangères au sein de Takuba ; la mission Takuba en appui à la force Barkhane, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.

Pour les autorités maliennes, il y a deux conditions successives et cumulatives qui doivent être respectées par tous les partenaires.

La première condition, tout d’abord, c’est que les partenaires soient invités à soutenir le Mali dans la lutte contre le terrorisme.

La deuxième condition est d’obtenir l’approbation et l’autorisation des autorités maliennes (accord sur le statut de la force par des échanges d’êtres). Sur les faits, je pense qu’il est important de garder les trois dates principales dans l’ordre chronologique (27 novembre 2019, 29 juin 2021 et 16 novembre 2021).

Le 27 novembre 2019, en effet, le Président du Public de l’époque a envoyé une invitation aux autorités danoises. Dans la même lettre, il est clairement indiqué que les autorités danoises doivent remplir les conditions pour obtenir l’approbation et l’autorisation inattendues des autorités maliennes.

Le 29 juin 2021, soit 580 jours après la lettre d’invitation de la partie malienne plus d’un an, le Royaume du Danemark, dans une note verbale, a informé la partie malienne de son acceptation de soutenir les forces Barkhane dans le cadre de « Takuba ».

Enfin, le 16 novembre 2021, un peu plus rapidement, cent quarante jours (140) plus tard, soit moins de cinq mois, le gouvernement du Mali, avec une note verbale du ministère des Affaires étrangères de la Coopération internationale, a informé les autorités danoises que la suite donnée à leur demande leur sera communiquée dans les plus brefs délais. Voici les faits très clairement.

En ce qui concerne les malentendus, dans le communiqué de presse no. 014 du 24 janvier 2022, le Gouvernement de transition a expressément rappelé cette note verbale du 16 novembre 2021 qui demande aux autorités danoises d’attendre la réponse officielle des autorités maliennes. Nous précisons très clairement que les conditions d’obtention de l’autorisation et de l’agrément ne sont pas remplies. Par conséquent, il a été décidé de leur demander sans cesse et immédiatement de retirer leurs forces étrangères de notre territoire.

C’est là que nous avons été surpris au lieu d’excuses des autorités danoises, le ministre des Affaires étrangères du Royaume du Danemark a affirmé que le communiqué de presse du gouvernement était infondé (ce qui n’est pas juste compte tenu des faits que je viens d’évoquer) faits étayés par des correspondances officielles .

Le point le plus important, ce sont les messages, principalement à nos partenaires danois. Le Danemark jouit d’une excellente réputation en République du Mali pour les actions de développement qui y conduisent. Je pense qu’il est très important de maintenir cette bonne relation. En tout cas, nous les exhortons à faire attention à certains partenaires qui ont malheureusement du mal à se débarrasser des réflexes coloniaux.

Deuxième message à nos compatriotes, nous nous souvenons tous que lors de l’Assemblée Nationale pour la Refondation, je pense que la grande majorité des Maliens ont fait le choix d’être des citoyens à part entière et surtout de garantir le respect de leur dignité. Suite à cela, la vision de Son Excellence le Colonel Assimi GOITA, Président de la transition est claire : « le Mali en tant qu’Etat souverain, assume et assumera ».

Nous avons récemment été surpris d’entendre, je pense qu’il convient de le préciser, une fausse accusation de la ministre de l’armée française, Florence PARLY, qui accuse les autorités maliennes de provocation.

Je pense qu’il est très important, en tout cas, de rappeler que le Mali, aujourd’hui, veut respecter sa souveraineté.

Nous invitons également Mme PARLY à plus de sobriété, à respecter également le principe élémentaire de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat dans les relations internationales.

Nous l’invitons aussi, en guise de conseil, à faire sien, cette phase d’Alfred de VIGNY sur la grandeur du silence. En tout cas, culturellement, on se parle peu. C’est hors de l’éducation et compte tenu de notre bonne culture, nous ne ferons pas de réclamations gratuites. Mais je pense qu’il est très important de poser les quatre questions suivantes à M. PARLY.

La première question, lorsqu’un État décide de soutenir un autre État, décide unilatéralement de déployer des forces spéciales sur le territoire national ; qui est dans la cause?

Quand un avion viole notre espace aérien et éteint son transpondeur pour ne pas être identifié, il coupe la radio pour ne pas être en contact avec les opérateurs de contrôle, la question se pose : qui est dans la provocation ?

Quand on divise les Maliens en pour ou contre la Transition, on se demande qui est dans la provocation ?

Quand on tente désespérément d’isoler le Mali en exploitant les organisations sous-régionales, on finit par se demander qui est dans la provocation ?

Cela dit, entre autres, les problèmes qui nous opposent, en tant que Maliens, ne concernent que les Maliens et non notre Etat. Notre souhait, en tout cas, est la vision du Chef de l’Etat, grâce à nos liens sociaux et familiaux, je pense que nous réglerons nos problèmes rapidement.

Je tiens également à féliciter toute la classe politique malienne, la société civile, les différents mouvements pour leur patriotisme, quelles que soient leurs opinions divergentes, convergentes sur la transition. En tout cas, nous sommes entre Maliens, selon la vision du Chef de l’Etat, nous trouverons une solution par consensus.

L’autre point, dit en passant, le problème entre le Mali et les organisations régionales, ne concerne que les Africains (ayant en commun l’histoire et la géographie).

Avant de conclure, je voudrais également souligner le fait que le Mali valorise la paix, la sécurité internationale et surtout la coexistence pacifique entre les États. Nous ne sommes pas un peuple violent ou guerrier. Enfin, nous voulons aussi respecter notre État et notre dignité de peuple riche d’histoire et surtout de très grandes civilisations. Merci !

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