Le secrétaire général adjoint du chargé des opérations de paix de l’ONU a produit, ce lundi 25 juillet, une visite de 5 jours au Mali. Au deuxième jour de sa visite en terre malienne, le diplômé onusien, Jean Pierre Lacroix, a animé conjointement une conférence de presse avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye DIOP, à Koulouba. Cette rencontre a été une occasion pour les deux personnalités d’expliquer aux hommes de médias les enjeux de cette visite de travail ici arrivent dans un contexte particulier pour les deux parties. C’était en présence du chef de la MINUSMA, El Ghassim WANE.

Cette visite de travail du Chef des opérations de maintien de la paix de l’UNU arrive dans un contexte tendu entre le Mali et la Minusma caractérisé par l’expulsion du porte-parole de la MINUSMA, la suspension de toutes les rotations des contingents de la MINUSMA. Cette visite intervient également au lendemain de la publication de la note verbale de la MINUSMA sur l’affaire des 49 soldats ivoiriens arrêtés au Mali.

Enjeux

Ainsi, au cours de cette visite, Jean Pierre tentera d’aplanir les fortes divergences entre nos autorités et son organisation. D’autant plus que ce séjour intervient dans un contexte de fortes tensions entre les deux parties. En effet, au lendemain du vote à une grande majorité, le 29 juin dernier, par le Conseil de sécurité pour renouvelé pour un an du mandat de la Mission multidimensionnelle et intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), le gouvernement malien avait exprimé son opposition ferme à la liberté de Mouvement de la MINUSMA dans l’exécution de son mandat dans le domaine des droits de l’homme.

« Le Mali n’est pas en mesure de garantir la liberté de circulation pour les enquêtes de la MINUSMA sans l’accord préalable du Gouvernement », avait déclaré Issa KONFOUROU, l’Ambassadeur du Mali à l’UNU.

D’entrée de jeu, les ministres Abdoulaye DIOP ont affirmé que le Mali appréciait à sa juste valeur l’initiative de l’UNU à venir discuter avec les autorités maliennes. Car, dit-il, c’est à travers le dialogue et la discussion franche que nous pouvons aplanir les difficultés.

En tout cas, contrairement aux allégations de certains médias, le Mali, d’avis de son chef de la diplomatie, n’est pas en guerre avec les Nations unies.

Ainsi, at-il fait savoir, cette visite a été l’occasion pour les deux parties de discuter du renouvellement du mandat de la MINUSMA. Mais aussi et surtout des positions de principes que le Mali a affirmé par rapport à ce qu’il estime être une politisation des questions des droits de l’homme.

Les droits de l’homme en question

De son propos, il ressort que cette question des droits de l’homme a été longuement discutée au cours de cette rencontre avec son hôte du jour, Jean Pierre LACROIX.

Pour le diplomate en chef, la question des droits de l’homme fait partie de l’ADN des Nations unies et que le Mali se conforme aux droits de l’homme conformément aux Conventions et Traités internationaux renvoyés par notre pays.

« Nous le faisons aussi parce que nous pensons que la protection des droits humains est consubstantielle de notre histoire et de notre culture. », At-il rappelé.

Le Mali le fait aussi, parce que ces autorités sont convaincues que la lutte contre le terrorisme ne peut être gagnée qu’avec l’adhésion pleine et entière des populations. À ce niveau, M. DIOP a fait savoir que l’attaque contre le camp militaire de Kati a été repoussée grâce à la collaboration des populations de la ville garnison.

« On ne peut pas travailler au Mali contre l’État malien », selon les mots des ministres DIOP.

Aussi, les échanges ont porté sur la nécessité pour le gouvernement de donner rapidement son Accord pour la rotation des contingents.

Pour ce faire, dès la semaine prochaine, se tiendra une réunion de coordination entre le gouvernement du Mali et la MINUSMA sur cette question épineuse. Le s’agit de convenir des procédures et des protocoles qui permettent d’assurer la transparence, la fiabilité des mouvements des contingents comme d’autres personnels des Nations unies.

En tout cas, ce qui est évident, c’est que le Mali, affirment les ministres DIOP, ne rencontre pas d’obstacles spécifiques pour bloquer les activités de la MINUSMA. Mais il est souvent obligé de prendre certaines décisions en fonction des contraintes contextuelles. Le s’agit de travailler ensemble pour lever des obstacles et éviter qu’il y ait des incidents.

Tension

S’agissant de polémique soulevée par l’arrivée d’un contingent ivoirien à Bamako le 10 juillet 2022, l’a tenu à saluer les efforts de transparence de la MINUSMA voici une réponse à toutes les préoccupations soulevées par le Mali sur cette question.

« La question de l’arrivée de ces hommes en uniforme a été un réveil brutal pour le Mali. Nous pensons qu’un détachement de forces étrangères ne peut pas arriver sur le territoire malien sans informer les autorités. Sans communiquer la liste du matériel », at-il déploré.

Ce qui fait dire au ministre Abdoulaye DIOP que ce contingent n’a rien à voir avec ni les contingents réguliers de la MINUSMA ni les éléments nationaux de sécurité.

Dès lors que cette présence est jugée illégale, elle est, de l’avis de M. DIOP, atteinte à la sécurité de l’État malien. C’est pourquoi, dit-il, l’affaire a été portée devant la justice, même si une médiation est en cours.

La dynamique

positif

De son côté, Jean Pierre LACROIX a indiqué que cette visite arrive au bon moment. Pour lui, le moment est propice pour mettre à profit la dynamique positive en cours au Mali depuis quelques semaines, revoir ensemble la manière de travailler ensemble à avenir. Et cela, de manière à appuyer le Mali dans ses efforts afin qu’il y ait un retour de l’autorité de l’État sur l’ensemble du pays.

Parlant de dynamique positive, il a souligné la levée des sanctions de la CEDEAO, l’adoption d’une nouvelle loi électorale, la publication du chronogramme des élections, la réforme de la constitution, etc.

Dans son cas, le renouvellement du mandat de la MINUSMA a été accompagné d’une question du Conseil de sécurité de procéder à une revue stratégique.

Il s’agit, dit-il, de définir ensemble les objectifs communs qui servent au mieux les besoins de la restauration complète de l’autorité de l’État.

Ainsi, les recommandations communes issues de cet exercice seront transmises aux Nations unies.

« Notre vocation, c’est d’appuyer sur l’État malien, les populations maliennes », at-il déclaré.

Selon lui, le conseil de sécurité a donné jusqu’en janvier 2023 pour aplanir ces divergences. Pour lui, la rotation des contingents est une question vitale pour la MINUSMA, d’où l’urgence de lever rapidement cette suspension.

Par Abdoulaye OUATTARA

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