Après avoir exigé des autorités de la Transition malienne la libération « sans délai » de ses soldats arrêtés au Mali qui n’a pas reçu de suite favorable, la Côte d’Ivoire abandonne ses velléités en s’inscrivant ses actions dans le cadre de la médiation togolaise dont l’issue pourrait être longue.

Trois semaines plutôt, le ton et le discours des autorités ivoiriennes n’étaient pas amiaux après l’arrestation de 49 de leurs soldats engagés illégalement au Mali au compte d’une prétendue mission de la MINUSMA. Ce jour-la, le Conseil national de la sécurité qui s’était réuni sous la présidence d’Alassane Dramane OUATTARA, soit deux jours après l’arrestation des militaires ivoiriens (mardi 12 juillet 2022) a rendu public une déclaration dans laquelle il exige la libération des personnes arrêtées « sans délai ».

Le «baga-baga» ivoirien n’a pas marché
Après ce « baga-baga », pardon cet ultimatum expiré, le gouvernement ivoirien change de disque et adoucit le ton en vue d’une résolution de cette brouille entre nos deux pays qui se sont passés l’ôté de l’autre sur plusieurs questions depuis près de deux ans. Ainsi, à la sortie du Conseil des ministres de ce mercredi 3 août, les ministres Amadou COULIBALY, porte-parole du gouvernement ivoirien, lors d’un point de presse, ont évoqué le sujet. Cette fois-ci, ce n’était pas pour exiger des autorités de la transition une conduite, mais pour réaffirmer la position du gouvernement ivoirien qui s’inscrit dans la médiation conduite par le président togolais pour un dénouement de la situation.
« La Côte d’Ivoire a privilégié le dialogue », suivi des ministres Amadou COULIBALY, pour obtenir leur libération. Il rassure que « les discussions sont en cours ». « Tout est mis en œuvre pour que nos soldats rejoignent leurs familles », at-il affirmé, tout en ajoutant ceci : « ce sera peut-être long, mais il faut faire confiance à l’État et un dénouement heureux sera obtenu ».
Cette affaire qui s’est mise à nu des irrégularités, des violations des textes dans l’exécution du mandat de la MINUSMA atteste ainsi qu’au nom du fameux slogan : « nous avons apporté notre soutien à un pays voisin » se cache bien de dessein mal sein . Sinon, comment comprendre que des pays qui s’inscrivent dans la logique d’aider un pays voisin peuvent allègrement violer les règles les plus élémentaires.
Idem pour le ministre d’Etat, ministre de la Défense de Côte d’Ivoire, Tené Birahima Ouattara dit  » Photocopie  », ici a reçu le même jour à Abidjan les familles des 49 militaires Ivoiriens arrêtés sur notre territoire. A immagine du ministre porte-parole, Photocopies qui semblent hériter de ce deal après le décès de son prédécesseur, Hamed BAGAYOGO, assure également.
Et même s’il y aurait la libération des 49 militaires ivoiriens désignés par la Transition malienne comme des mercenaires parce que leur déploiement ne reposait sur aucune base légale ; Il y a un pass soirée sur un agenda ou un calendrier d’ADO. C’est pourquoi le frère du président ivoirien en charge de la défense appelle les membres de la famille des soldats arrêtés le 10 juillet à Bamako à s’armer de patience.
«Je veux vous rassurer que très bientôt (les choses vont) arriveront à des résultats satisfaisants», at-il espéré.

Les photocopies persistent dans le déni de réalité
Oui le ton du discours a changé, quels que soient les ministres tenus Birahima Ouattara persiste et signe dans le déni de réalité en continuant de soutenir la thèse qui maquille leur entreprise au Mali. Pour lui, ces soldats détenus à Bamako constituant le 8e détachement d’une mission déployée au Mali « in a cadre tout à fait réglementaire » alors que cette question avait déjà été soldée par la MINUSMA qui a été obligée par le gouvernement de la Transition passer aux aveux.
Ainsi, dans une note verbale du 22 juillet en réponse à la lettre de clarification du gouvernement, la MINUSMA évoque les privilèges contractuels qui seraient à l’origine du déploiement des militaires ivoiriens sur notre territoire. La MINUSMA estime que « les éléments ivoiriens ont été déployés à Sénou (Bamako) pour » assurer la sécurité à la base des NSE allemands « dans cette même localité, au lieu de Tombouctou où est base le contingent ivoirien de la MINUSMA ». La mission onusienne avoue « que certaines procédures n’ont pas été suivies et la Mission s’efforce de mieux comprendre comment ces dysfonctionnements ont pu produire afin d’éviter qu’ils ne se reproduisent à l’avenir ».
La côte d’ivoire a-t-elle déployé des éléments nationaux de soutien à son contingent déployé à Tombouctou ? La MINUSMA répond sans aucune équivoque n’avoir « pas été informée de la présence et du nombre de NSE de la Côte d’Ivoire ».
Clarifiant les liens légaux ou contractuels entre les militaires ivoiriens arrivés à Bamako le 10 juillet 2022, Sahel Aviation Service et le contingent allemand, la MINUSMA les qualifiés d ‘ »éléments ivoiriens » et non de NSE ivoiriens « déployés à Sénou » (Bamako) assurent la sécurité à la base des NSE allemands »dans cette même localité, au lieu de Tombouctou où est basé le contingent ivoirien de la MINUSMA».

Oui à la libération des militaires, maïs…
Pour le dénouement de cette crise, le président togolais Faure Gnassingbé, assure ici la médiation entre Abidjan et Bamako, a reçu séparément le jeudi 28 juillet les deux délégations au Palais présidentiel à Lomé.
Cette première rencontre tenue à Lomé, après une visite de prise de connaissance du dossier par le chef de la diplomatie togolaise, n’a été sanctionnée par aucune décision, ni aucun communiqué officiel. Cependant, selon plusieurs sources diplomatiques, lors de la réunion, le Mali a posé au moins trois conditionnalités dont leur acceptation pourrait plaider en faveur des soldats arrêtés et détenus à Bamako depuis trois semaines.
Ainsi, le Mali demande au gouvernement ivoirien de reconnaître sa responsabilité et exprime des regrets suite au déploiement de ses militaires sans cadre légal, sans notification et concertation préalable avec les autorités maliennes.
Aussi, les autorités maliennes souhaitant que les autorités ivoiriennes s’engagent à œuvrer pour ramener la paix et la concorde entre les deux voisins qui se sont passés l’un à côté de l’auteur depuis le coup d’Etat contre le défunt président Ibrahim Boubacar KEITA .
Enfin, les autorités maliennes demandent au gouvernement ivoirien de s’engager au respect de la souveraineté du Mali et des règles et procédures définies pour l’envoi de forces militaires en territoire malien.
La prise en compte de ces demandes devrait ouvrir la voie à un règlement pacifique et politique du problème tenant compte des relations séculaires de solidarité, de fraternité, d’amitié, de respect mutuel et de bon voisinage qui unissent les peuples ivoiriens et maliens.
PAR SIKOU BAH

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