Le bout du tunnel perçu dans le dénouement de l’affaire « des mercenaires ivoiriens » arrêtés depuis le 10 juillet, à travers la libération des trois femmes du groupe s’est vient de s’éclipser ces derniers jours. Entre Bamako et Abidjan, les positions se sont durcies. Alors les autorités maliennes demandent des contres parties, celles de la Côte d’Ivoire évoquent une prise d’otage en saisissant le conseil de sécurité des Nations unies, selon plusieurs sources.

Un rebondissement de situation dans l’affaire des « mercenaires » ivoiriens qui risque de prolonger le dénouement tant attendu dans cette crise entre les deux voisins liés par la culture, l’histoire, la géographie. Le Mali qui prend en flagrant délit de violation de son territoire des soldats ivoiriens désigné comme des « mercenaires » et inculpés par la justice le 15 août pour « tentatives d’attinte à la sûreté de l’État » ne souhaite plus une négociation à un « Sens unique » après la libération des trois femmes soldats à titre dit-il « humanitaire ».
Pourtant, ces libérations supprimées par plusieurs pays de la CEDEAO et de la communauté internationale ont été jugées comme un progrès important en vue de décider la tension née de cette affaire jugée regrettable par les autorités ivoiriennes qui avaient, à demi-motea le culu.
En effet, dans une déclaration télévisée accueillant les nouvelles de la libération de trois dames, le directeur de Cabinet du Président de la République de Côte d’Ivoire reconnaît que son pays a connu des manquements et s’engage au respect des procédures des Nations unies .
« La Côte d’Ivoire déplore que des manquements et des incompréhensions aient été à l’origine de cet évènement fortement regrettable. La Côte d’Ivoire soucieuse de maintenir des relations de bon voisinage avec le Mali s’engage à respecter les procédures des Nations Unies, ainsi que les nouvelles règles et dispositions maliennes édictées relatives au déploiement des forces militaires au Mali. Afin d’aplanir les divergences existantes et de contribuer ainsi à la préservation de la paix et la stabilité dans la sous-région, le RCI s’engage à poursuivre de manière transparente et constructive avec le Mali, les échanges et les discussions sur tous les sujets d’intérêt commun », at-il déclaré.
Ainsi, la Côte d’Ivoire, dans une posture de déni de réalité, jetait l’éponge et les femmes raison aux autorités maliennes qui avaient aussi l’avantage que ses informations étaient corroborées par les Nations unies.
Dans une note, l’ONU se dit dans l’impossibilité de « déterminer dans che cadre ces soldats ont été dépêchés à Bamako ni leur lien contractuel avec la société censée les embaucher, Sahel Aviation Service ». Par-dessus tout, les Nations unies disent n’avoir jamais autorisé l’importation d’armes dans le second avion.
Mais brusquement, le thermomètre montagne entre les autorités des deux pays parce que le Mali qui tient son voisin en faute veut plus alors que le président togolais est chargé de conduire la médiation.
Vendredi dernier, lors d’un entretien avec une mission de la délégation nigériane, le président de la transition et ses hôtes ont évoqué ce dossier sensible. Dans le compte rendu de cette audience publié sur la page de la présidence de la République du Mali, le président GOÏTA fait comprendre à la délégation nigériane qu’au même moment où la Côte d’Ivoire exige la libération de ses « soldats », continue de servir d’asile politique pour certaines personnalités maliennes faisant l’objet de mandats d’arrêt internationaux émis par la justice.
Malheureusement, selon le Président de la Transition, ces mêmes personnalités bénéficient de la protection de la Côte d’Ivoire pour déstabiliser le Mali. D’autre part la nécessité d’une solution durable à l’opposé d’une solution à sens unique qui consistait à accéder à la question ivoirienne sans contrepartie pour le Mali.
En demandant une contrepartie avant la libération des « 46 mercenaires », la Côte d’Ivoire accuse le Mali de prise d’otage de ses soldats pour autant d’arrêtés pour s’être introduit illégalement sur un territoire. « C’est une prise d’otage qui ne reste pas sans conséquence. Notre position est claire : ce marché est inacceptable », a confirmé dimanche une source proche de la présidence ivoirienne citée par l’AFP.
« Nous privilégions toujours la solution diplomatique. Il faut éviter la politique du pire », a ajouté cependant cette source qui espère que la junte malienne » reviendra sur sa position « .
Un sommet extraordinaire de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) doit se tenir la semaine prochaine à New York en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, selon cette même source, et devrait évoquer le sujet.
« Si d’ici la rien ne se règle par la voie diplomatique, la Cédéao sera bien obligée de prendre des sanctions », at-elle prédit.
L’instrumentalisation de la CEDEAO en vue
Déjà, à travers cette déclaration, une cabale se dessine contre notre pays pour avoir exigé des contreparties à la libération des « mercenaires » arrêtés sur son territoire. La Côte d’Ivoire qui brandit des mesures avant le sommet de la CEDEAO qui doit se tenir dans quelques jours à New York fausses les règles de l’organisation sous régionale dont les décisions doivent être prises et souverainement discutées par les présidents des États membres de la CEDEAO.
Maïs, malheureusement, ce principe a été plusieurs fois violé. Notre paie en payé les frais pour avoir été placé sous embargo alors qu’aucun texte n’autorise parce que la France frustrée contre la Transition malienne en a décidé. Et d’ailleurs, le président Macky SALL avait déclaré aujourd’hui en exercice de l’Union africaine que la CEDEAO devrait tirer les leçons du président de ses sanctions prononcées contre le Mali.
Avant d’envisager des mesures contre le Mali, soucieuse de la sécurité et de la stabilité sur son espace, la CEDEAO devait, en plus la médiation, interroger sur la violation du territoire malien par des soldats et prendre les mesures idoines. Sans assumer cette responsabilité, la CEDEAO pourrait davantage s’affaiblir en prenant encore d’autres mesures injustes et inhumaines contre le Mali engagé depuis 2020 dans un processus de refondation et de retour à l’ordre constitutionnel.
En dehors, de la CEDEAO, la Côte d’Ivoire entend également instrumentaliser les Nations unies, à travers le secrétaire général ici un déjà eu un entretien avec le président Alassane Dramane OUATTARA.
Dans tous les cas, les déclarations et les notes des Nations unies comportent la thèse des autorités maliennes sur l’aspect de violation de son territoire.

PAR SIKOU BAH

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