La Commission chargée de la rédaction de la nouvelle Constitution a rencontré, ce mardi 26 juillet, les partis politiques au Centre international de conférence de Bamako (CICB) dans le cadre des séances d’écoute. A l’issue de cette réunion, l’on se rend compte que les partis politiques sont partagés entre  » Pour  » et  » Contre  » la rédaction d’une nouvelle Constitution.

Cette séance qui a été exécutée par le président de la Commission, Fousseiny SAMAKE, a visité à écouter et amélioré les propositions des partis politiques dans le processus de la rédaction d’une nouvelle loi fondamentale après les Institutions de la république.

Ils étaient une centaine de partis politiques à répondre à l’invitation de la Commission et à saluer la démarche de recherche de l’inclusivité prônée par le président de la Transition Assimi GOITA.

« Nous tenons cette rencontre pour avoir vos avis pour le renouvèlement total de la Constitution (…) Nous allons changer de constitution », a indiqué le président SAMAKE, tout en annoncént qu’ils rencontreront aujourd’hui mercredi la société civile avant les écoutes citoyennes dans les capitales régionales à partir du 2 août.

La démarche consiste, a expliqué le président Fousseiny SAMAKE, à faire participer toutes les forces vives de la nation au processus de rédaction de la nouvelle Constitution tout en prenant leurs observations et propositions dans la nouvelle loi fondamentale.

Ouvrant les débats, une trentaine deresponsables politiques, à tour de rôle, ont formulé des propositions à l’initiative en cours se tenant dans un contexte délicat pour le pays.

Le ressort des interventions, de profondes divergences entre les acteurs politiques sur la nécessité ou pas d’élaborer d’une nouvelle Constitution.

Ainsi, pour Abba Alassane, un des responsables de la CODEM, il n’est pas opportun d’aller à la rédaction d’une nouvelle Constitution. Donc, leurs pièces seront associées à l’initiative.

« Nous pensons que le problème au Mali ce sont les hommes, la justice. Le Mali n’a pas de problème de texte, mais d’hommes. Mali a les meilleurs textes. On ne fournit pas de document pour l’élaboration d’une constitution », a affirmé Abba Alassane.

Selon lui, avant d’enclencher le processus, l’idéal aurait été de demander si le peuple est favorable à l’élaboration d’une nouvelle loi fondamentale ou d’une révision de cellules en vigueur.

Partageant en partie cette position de la CODEM, l’Union des patriotes pour la République (URP) dit également non à la rédaction d’une nouvelle Constitution, cependant affirme être favorable à une révision de la loi fondamentale.

En revanche, les parties Union pour la sauvegarde de la République du Mali (USR) de Nouhoum TOGO, d’un ton en colère, s’insurgent : « On ne peut pas aller avec tout le monde. Il faut aller avec la majorité et personne ne nous prend en otage ».

De même, Abdoulaye Amadou SY, ancien diplomate et membre de la Coalition des forces patriotiques (CoFoP), soutient que la Constitution en vigueur ne convenait pas au pays. L’estime que l’initiative en cours est nécessaire pour sortir définitivement de l’actuelle Constitution qui n’est en fait, selon lui, les copies de la Constitution de la 5ème République française.

C’est le moment, à-il indiqué, de mettre en œuvre les dispositions du KuruKan Fuga et de procéder à une refondation réelle du Mali, «Le Mali Kura».

Dans cette nouvelle constitution, CoFoP a proposé que les chefs de l’Etat du Mali soient élus suite à un scrutin organisé par l’Organe unique de gestion des élections. De même, la nouvelle Constitution doit insérer que le président de la République serait élu sur une liste électorale comprenant l’élection d’un Président et d’un vice-président. Le vice-président soir les chefs de l’administration en lieu et place d’un Premier ministre.

Entre ces deux positions extrêmes, il y a ceux qui sont favorables à l’Initiative, mais, estime-ils, le délai de deux mois est insuffisant pour faire un bon travail.

« C’est une chance d’appeler les Maliens à parler de la Constitution, le socle de tout pays. Mais le temps qu’on nous demande de faire des propositions est peu », a indiqué le président du RAMA, Paul Ismaël BORO.

Par ailleurs, en réaction à certaines prises de positions, le président SAMAKE a répondu avoir pris notes des déclarations des responsables politiques, même celles discordantes.

« La démocratie c’est la diversité des points de vues », at-il soutenu, tout en rassurant qu’il ne s’agit pas au cours de ce processus de faire table rase du passé.

« Nous allons capitaliser les acquis des différentes tentatives de révision. Là où le n’y a pas de problèmes, le n’y aura pas de modificateur. On s’attaque aux problèmes qui sont apparus lors des débats », a déclaré M. SAMAKE.

En clair, selon lui, les modifications toucheront aux insuffisances relevées lors des Assises nationales de refondation et au Dialogue national inclusif. Le s’agit déjà de la création du sénat, des pouvoirs du Président de la République jugés exorbitants, les procédures devant la Haute cour de justice, etc.

En accédant à la doléance des partis politiques de repousser le délai de soumissions des propositions et observations initialement fixées à ce vendredi 29 juillet, le président SAMAKE a prolongé l’échéance jusqu’au 8 août tout en admettant que la Commission est confrontée à une contrainte de temps .

PAR SIKOU BAH

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