Dans une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères du Mali, le 9 mars, le chef de la diplomatie européenne, Josep BORRELL, conditionne le maintien des opérations de l’Union européenne dans notre pays à une stricte séparation avec les activités des paramilitaires russes de Wagner, selon Africa Intelligence. Un choix difficile pour les autorités maliennes dans un contexte de crise sécurisé où elles doivent compter sur ces deux partenaires pour résoudre les problèmes.

Dans sa correspondance adressée au ministre Abdoulaye DIOP, dont le continu est relevé par Africa Intelligence, le chef de la diplomatie européenne, Josep BORRELL, a posé les conditions de la continuité des actions de l’UE en faveur des soldats maliens.

« Les chefs de la diplomatie européenne Josep BORRELL conditionnent les principales opérations de l’Union européenne au Mali à un strict libre-service avec les activités des paramilitaires russes de Wagner », ajoute Africa Intelligence.

L’information révélée par nos confrères est la position de l’UE écrite dans une lettre et adressée au ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye DIOP. À défaut de l’envoi d’une mission de clarification, c’est une lettre de clarification ici à été envoyée au ministre DIOP.

Une position sans surprise puisque l’UE avait déjà annoncé les couleurs en prenant des sanctions contre Wagner en décembre dernier. Sur le plateau de l’émission internationale de TV5MONDE, en janvier dernier, M. BORRELL a déclaré que le moment était venu dans les relations entre l’UE et les autorités maliennes de se convenir sur des choses.

«Il faut clarifier la situation», selon les mots du chef de la diplomatie européenne, sans donner plus de précision.

Pour l’Union européenne, ses missions de formations sont incompatibles avec la présence de cette société de sécurité privée accusée d’exaction en Centrafrique où elle opère avec la bénédiction des autorités de ce pays. Le mouvement de l’EUTM et de l’EUCAP Sahel Mali. Leur mission est de mettre à niveau l’armée malienne face à la complexité de la lutte contre les groupes armés. Et depuis 2013, ce sont des centaines d’instructeurs qui se sont succédé au Mali pour la formation des forces armées maliennes.

La présence de ces deux missions de formation est menacée avec le déploiement des mercenaires russes au Mali.

Fin décembre 2021, l’UE avait mis en garde les autorités de la Transition tout en sanctionnant Wagner. Dans tous les cas, comme à Pau, les chefs de la diplomatie européenne entendent du Mali la clarification d’une position sur la présence des missions de la formation de l’Union européenne des soldats maliens.

En clair, c’est l’équation de la Centrafrique qui se dessine pour notre pays, à travers laquelle l’UE veut obliger les autorités de la Transition à faire un choix  » Eux  » ou  » Nous  ». Un pair risqué pour les deux partenaires qui pourraient aboutir à la suspension de la coopération militaire de formation de nos soldats comme ça a été le cas en Centrafrique.

Dans ce pays également en proie à des rébellions, les autorités ont fait appel au service du groupe paramilitaire russe pour circonscrire l’insécurité. Cette situation a poussé les instructeurs européens à plier les bagages. Officiellement depuis mi-décembre 2021, la mission de formation de l’UE est suspendue.

PAR SIKOU BAH

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