Après la ministre allemande de la Défense, Christine LAMBRECHT, le week-end dernier, la ministre allemande des Affaires étrangères est depuis ce lundi 11 avril 2022, dans notre pays pour une visite de 48 heures. Au cours de son séjour, la Cheffe de la diplomatie allemande, Annalena BAERBOCK, doit rencontrer en principe le président de la transition, le Colonel Assimi GOITA ; et son homologue Abdoulaye DIOP.

Le but de ce voyage est notamment « de se faire une idée précise de la situation politique et sécuritaire » en vue de décider du maintien ou non de la Bundeswehr, dont le mandat sur place expire en mai, selon un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères.

Ce déplacement, prévu jusqu’à samedi, prendra aussi au Niger voisin, pays clé dans le redéploiement des forces militaires internationales au Sahel.

« Des entretiens sont effectués avec le colonel Assimi GOÏTA et le chef de la diplomatie Abdoulaye DIOP », in annonce le ministère allemand des Affaires étrangères, confirmé par une source malienne.

En effet, depuis plusieurs mois, les relations se sont détériorées entre nos pays et certains pays partenaires.

Ces pays accusent les autorités de la transition, à tort ou à raison, de retarder le processus d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel.

Aussi, les partenaires européens en veulent à nos autorités pour l’intensificateur de la coopération militaire avec Moscou.

Bamako est accusée d’avoir engagé le groupe paramilitaire russe privé qui se serait rendu coupable de graves violations des droits de l’homme dans plusieurs pays où les intervenants.

En mai prochain, les députés du Bundestag doivent décider si la Bundeswehr poursuivra sa participation aux missions internationales au Mali.

Le tri des missions de formation de l’UE a été tranché lundi, les chefs de la diplomatie européenne Josep BORELL ayant annoncé que les entrées de l’armée et de la garde nationale au Mali allaient s’arrêter.

Selon lui, l’UE va rester au Sahel et se développer dans les pays voisins, notamment au Niger.

À savoir que quelque 300 soldats allemands participent à la Mission de formation de l’Union européenne au Mali (EUTM), et plus de 1100 soldats à la mission des Nations unies au Mali (MINUSMA), regroupant ici un total d’environ 14 000 militaires et policiers.

Suite au retrait de la Force Barkhane en février, et des accusations d’exactions de l’armée malienne contre des populations civiles dans le cadre de la lutte antiterroriste, plusieurs pays ont entrepris de réexaminer leur participation à la MINUSMA.

Quelques heures avant l’arrivée de Mme Annalena BAERBOCK, la ministre allemande de la Défense s’est rendue dans notre pays ce week-end.

Avec le voyage de Mme BAERBOCK, the s’agit des premières représentantes européennes à se rendre au Mali depuis l’annonce du retrait de la force anti-jihadiste française Barkhane et du dispositif européen Takuba en février.

La Cheffe de la diplomatie, dont le pays préside le G7 cette année, veut aussi aborder les problèmes de sécurité alimentaire accentués par l’invasion russe de l’Ukraine dans des pays déjà touchés par la crise climatique et la violence.

Les autorités de la transition sont exhortées à garantir un retour à la démocratie.

Par Abdoulaye OUATTARA

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