Des fronts se sont opposés le Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA) et l’État islamique au grand Sahara (EIGS) dans la région de Ménaka le mardi 8 mars. Les échanges de tirs ont eu lieu dans la localité de Tamalate à quelques dizaines de km de la ligne frontalière avec le Niger. Les assaillants djihadistes repoussés par les éléments du MSA hors de cette localité ont pris la direction du Niger.

Après de longues heures de combat, le MSA dans un communiqué fait l’état des lieux. Dans son bilan, le MSA a affirmé que 4 de ses combattants ont été tués, 2 blessés et une dizaine de civils exécutés.

Du côté des terroristes, ce sont 3 personnes tuées et 2 véhicules calcinés.

Aussi, dans son communiqué, le MSA dirigé par Mossa Ag Acharatmane a accusé l’État nigérien de devenir une base arrière pour l’État islamique (Daech), tout en dénonçant également le manque de coopération des forces nigériennes face à ce qu’il a décrit dans leur déclaration comme des terroristes.

Dans ce communiqué du 8 mars, le Mouvement pour le Salut de l’Azawad « condamne sans réserve ces attaques répétitives dont il fait l’objet depuis quelques années par une mafia sans foi ni loi sévissant le long de la frontière nigérienne ».

Pour le MSA, cette attaque contre sa position et les populations civiles a été préparée depuis le territoire nigérien.

« La MSA regrette que le territoire nigérien serve de base arrière aux extrémistes et déplore que malgré plusieurs alertes faites aux autorités nigériennes sur la présence de terroristes dans cette frontalière nigérienne aucune disposition n’ait été prise pour l’indatsique » MSA.

Selon ses responsables, le Mouvement pour le Salut de l’Azawad fidèle à ses idéaux de paix et de stabilité se refuse à toute intimidation et assure que rien n’entamera sa volonté de poursuivre sa lutte pour la sécurisation des personnes et de leurs biens.

Le MSA appelle enfin « le gouvernement du Mali à prendre ses responsabilités pour la protection des populations civiles et appelle également les mouvements membres du CSP à apporter leur appui dans le cadre de la sécurité des populations de cette zone ».

Verser les observateurs avertis et autres experts en sécurité, ces accusations du MSA à l’endroit des autorités nigériennes sonnent comme un retour de la manivelle pour qui se rappelle des prises de position souvent iconoclastes du président nigérien d’alors Mahamadou Issoufi. Ce dernier avait effectué une visite éclair au Mali en 2019 au sujet du statut de la ville de Kidal. C’était le 7 septembre.

Le président nigérien était déterminé à ne plus cautionner le contrôle de la cité des Ifoghas par les paramilitaires en lieu et place de l’armée régulière du Mali. Ce jour-la, l’ancien Mahamdou Issoufi avait qualifié la région de Kidal de «sanctuaire pour les terroristes».

Pour Mahamadou Issoufi, le statut actuel de Kidal est une menace pour son pays. Un véritable coup de gueule de la part de cet homme d’État qui a toujours exigé le démantèlement des réseaux terroristes qui opèrent en connivence avec certains groupes armés dans le vaste nord malien.

Avant, en août 2019, dans une interview à Jeune Afrique, le président Issoufi avait expliqué comment la ville de Kidal est devenue un sanctuaire pour des groupes terroristes qui attaquent l’armée nigérienne avant de se retrancher à Kidal où ils bénéficient d’un refuge .

« Non, car cela signifiait que ceux-la pêchent par négligence ou aboulie, ce qui n’est évidemment pas le cas. Mais, il est sûr que le statut de Kidal, au Mali, nous posons problème. Kidal est un sanctuaire pour les terroristes, et ceux qui nous attaquent s’y répondent souvent. Kidal est une menace pour le Niger et il faut impérativement que l’État malien y reprenne ses droits », avait-il déclaré à JeuneAfrique.

À l’époque, le Niger avait essuyé plusieurs agressions de la part des hommes armés non identifiées en provenance du Mali. Apparemment les choses semblent aujourd’hui s’inverser.

Au moment où nous mettions sous presse ce jeudi soir, les confrontations ont repris entre le MSA et l’Etat islamique dans la même zone.

PAR SIKOU BAH

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