Le Cadre d’échanges des partis et regroupements politiques pour une Transition a réussi a encore renouvelé sa demande de départ du Premier ministre, Choguel Kokalla MAIGA, pour la nouvelle transition qui se dessine. L’extension de la Transition est actée de fait avec l’impossibilité pour les nouvelles autorités de tenir les élections à la fin de ce mois. Et pour une prorogation, le Cadre d’échanges actualisé est offensif contre CKM en exigeant son départ de la Primature pour un chef du gouvernement neutre. C’est l’une des exigences de ce front politique opposée à la démarche de la Transition. Son combat, en tous cas, l’impression que ses membres renvoient, est de se dresser contre les Premiers ministres. Déjà, le projet  »Tout sauf Choguel Kokalla MAIGA » est en gestation.

Pas d’opposition pendant la Transition, affirmant les responsables du Cadre d’échanges d’autant plus que les autorités transitoires ne sont pas issues d’un pouvoir démocratiquement élu. Cependant, ils font partie de la frange d’acteurs politiques mécontents et frustrés par la gestion de ce pouvoir conquis, comme ils aiment le rappeler, dans les rues. Leur approche, à l’égard des autorités de la Transition, n’a rien de différent avec les actions d’une opposition traditionnelle.

L’une des illustrations est la conclusion du récent séminaire du Cadre d’échanges tenu dans un hôtel de la place sur la Transition en cours. Après des discussions de quelques heures, la position harmonisée du Cadre d’échanges est rendue publique via un point de presse. Les principales exigences sont entre autres : la proposition de neuf (09) mois pour la durée de la nouvelle transition, le rejet de la relecture de la Charte en cours au niveau du CNT, l’adoption d’un chronogramme des élections, l’adoption d’ une nouvelle loi électorale consensuelle, la non-reconnaissance des autorités actuelles à partir du 25 mars 2022, la mise en place d’une nouvelle transition avec un gouvernement de mission conduit par un Premier ministre neutre et la mise en place d’un nouveau CNT .

Ces acteurs politiques assimilés aux « forces rétrogrades » par une grande partie de la population, qui ont fait jusque-la, contre mauvaise fortune bon cœur, en s’accommodant de la présence de Choguel Kokalla MAIGA à la tête du Gouvernement de Transition seront inscrits dans une logique de  » dégagisme  ».
En effet, se révèle-t-on, s’ils font mince d’avaler la pilule de sa nomination au poste de Premier ministre, son maintien à son poste jusqu’à la fin de la période Trasportiire, pensaient dire qu’il a toutes les cartes en main pour l’organisation des élections et potentiellement de peser dans la balance pour le choix du futur président de la République, C’est le breuvage amer qu’ils n’entendent pas avaler. C’est le tout sauf CKM ou le CKM sortie avant l’organisation des élections qui est en marche.
Déjà, les lignes sont en train de bouger sur ce plan avec la mise en place d’un cadre de travail en vue de l’élaboration d’un chronogramme consensuel pour le retour rapide à l’ordre constitutionnel tant espéré par la communauté internationale qui a d’ailleurs décidé des sanctions contre le pays.
Aussi, c’est un secret de polichinelle que depuis sa nomination, les premiers ministres CKM sont observés à la loupe, ses déclarations décortiquées, son action mise sur le gril. De ce fait, la demande de nomination « d’un Premier ministre moins clivant, plus rassembleur et plus consensuel » est loin d’être anodine. Encore depuis quelques semaines, le Cadre cesse d’appeler à la mise en place d’un gouvernement avec à sa tête un Premier ministre neutre. Il a été rappelé ce mercredi 9 février par le Cadre d’échanges.
Alors qu’est-ce qui s’est opposé au cadre au gouvernement si ce n’est-ce pas un insipide délit de faciès politique ? Autrement dit, on est d’accord avec la Transition et sa réussite si Choguel Kokalla MAIGA n’est pas à la Primature. Et qu’est-ce que le Cadre d’échanges des partis et regroupements politiques pour une transition a réussi reproché au Premier ministre Choguel K Maiga ? Connaissez-vous la non-neutralité ?
En brandissant comme solution satisfaisante à la crise profonde sécuritaire, institutionnelle, sanitaire et diplomatique « la mise en place d’une nouvelle transition avec un gouvernement de mission conduit par un Premier ministre neutral », le Cadre laisse croire que l’actuel Premier ministre est le problème et donc ne peut pas faire partie de la solution. Ou comme toute solution sous-jacious le Cadre ne préconise qu’un premier ministre neutre. Neutre par rapport à qui ou à quoi ? L’opposition? La Majorité ? Le Centre ? Sont-ils encore de mise depuis la dissolution de l’Assemblée nationale ? À moins qu’une majorité extraparlementaire qui ne soit pas au pouvoir…

Par neutre que veut dire le Cadre d’échanges des partis et regroupements politiques pour une transition réussie ou qu’est-ce qu’il veut préconiser ?
Que le Premier ministre, Chef du gouvernement du Mali plongé dans la plus grave crise diplomatique existentielle de son histoire et empêtré depuis 10 ans dans une guerre par la faute de ses alliés qui l’ont « abandonné en plein vol » s’abstienne ou refuse prendre position dans un débat ou dans la recherche de solutions quant aux intérêts supérieurs de la nation ou à l’avenir du Mali ?
Ou bien en temps de guerre où tous les fils du Mali se devaient d’être sous le drapeau, la défense de la patrie étant un devoir pour tout citoyen en vertu de l’article 22 de la Constitution, la nouvelle opposition veut-elle professer que pour être dans ses bonnes grâces que Choguel Kokalla Maïga se devait d’être un Premier ministre indépendant de toute confession politique ou religieuse, de toute idéologie, et qu’il devrait s’abstenir de porter un jugement par esprit de tolérance sur la France et la CEDEAO qui font tant de preuves d’hostilité et de justice envers notre pays et notre pays ?

PAR SIKOU BAH

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