Les choses déviantes de plus en plus claires entre les autorités maliennes et mauritaniennes, à la suite d’un malentendu dû à la disparition de civils mauritaniens sur notre territoire. Après les démarches des deux pays, un heureux dénouement a été trouvé au soulagement de tous.

D’ailleurs, le gouvernement malien a annoncé ce mercredi soir, dans un communiqué, l’ouverture d’une enquête sur « l’assassinat » sur son territoire de plusieurs ressortissants mauritaniens, mais aussi l’envoi d’une délégation de haut niveau à Nouakchott dans le bref délai, afin d’engager des actions vigoureuses, pour exprimer toute la fraternité et la coopération entre nos pays.

Dans un communiqué publié mercredi soir, le porte-parole du gouvernement malien, le colonel Abdoulaye MAÏGA, confirme qu’il est question « d’assassinats », sans en donner le nombre.

Le gouvernement condamné énergiquement ces actes criminels destinés à porter atteinte à l’excellente qualité des relations entre nos deux pays.

Le communiqué rapporte ainsi que le chef de la junte malienne, le colonel Assimi GOÏTA, a échangé avec le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El GHAZOUANI.

« Le colonel GOÏTA a ordonné d’ouvrir une enquête et a décidé d’envoyer une mission de haut niveau à Nouakchott dans les plus brefs délais », dit-il.

Toujours dans ledit communiqué les autorités maliennes «ne ménageront aucun effort» pour retrouver les coupables, assure-t-il. Mais, ajoute-t-il, « à ce stade aucune preuve ne met en cause les forces armées maliennes qui respectent les droits humains et demandent toujours avec professionnalisme ».

À qui profite ?

Qu’intéresse nos autorités ont à détériorer les relations entre le Mali et le pays frère de Mauritanie ? Cette question vaut son pesant d’or face aux réchauffements des relations diplomatiques et de coopérations économiques enregistrés entre les deux pays ces derniers temps. Cette brouille entre ces deux n’a aucune explication logique dans le contexte actuel de notre pays où la Mauritanie s’est montrée à visage découvert comme un soutien indéfectible des plus hautes autorités, en bravant les risques d’être cahotée par la France et certains de ses voisins, comme le Sénégal.

Des accusations venant de Nouakchott accablent l’armée malienne d’avoir «  perpétrer des actes criminels  » sur des civils mauritaniens en territoire malien, notamment à la frontière entre les deux pays. Pire, des manifestants ont même accusé l’armée malienne d’être à l’origine de blessures et des morts.

Comme pour enfoncer le clou, un parlementaire mauritanien confirmant la mort de civils mauritaniens sur notre territoire.

En effet, les autorités mauritaniennes ont accordé du crédit à ces accusations. C’est à cette suite qu’elles ont tenté de joindre les autorités maliennes au téléphone qui n’a pas répondu, d’où la convocation de l’ambassadeur Mohamed DIBASSI, pour exprimer leurs vives protestations aux autorités maliennes.

D’ailleurs, un communiqué du Ministère mauritanien des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’Extérieur a dans un communiqué affirme avoir dépêché une délégation de haut niveau au Mali, pour tenter, selon ledit communiqué calculer hôte pour contenir les Mauritaniens .

Et malgré les engagements donnés à cet attendu, les autorités mauritaniennes trouvent que le niveau de réponse des responsables maliens demeure en deçà des attententes, ainsi indiqué dans ledit communiqué.

Rappelons qu’en janvier 2022, l’armée malienne a été accusée par Nouakchott d’avoir tué des civils mauritaniens dans la même zone.

À la suite de ces premiers incidents, les soupçons étaient tombés sur l’armée malienne et nos autorités avaient annoncé, à l’époque, l’ouverture d’une enquête dont les résultats ne sont pas toujours disponibles. Une attitude qui semble avoir contribué à envenimer davantage la situation face à de nouveaux incidents impliquant, selon la Mauritanie, les FAMa.

Au-delà des faits, il y a plusieurs questions qui restent sans réponse et qui ont alimenté d’amples réflexions.

Tout d’abord, tout le monde connaît l’insécurité qui règne au niveau de cette partie frontalière entre les deux pays, comment si peut-il que régulièrement des civils mauritaniens se retrouvent en territoire malien et au même endroit ?

Si l’on sait la guerre asymétrique à laquelle le Mali fait face, on est tenté de croire facilement que ce sont des civils qui se transforment en combattants, au besoin.

On se demande à ce moment-là deveennent-ils des civils ou des combattants ? Cela est une première difficulté que l’armée malienne rencontre.

En tout cas, le statut réel de ces victimes pose visiblement problème.

Sont-ils devenus des civils après leurs morts quand on sait que les djihadistes n’ont pas de nationalité ?

L’illustration parfaite de cette problématique, c’est que vient de se passer à Mondoro où on a retrouvé plusieurs nationalités parmi les djihadistes neutralisés.

On dit aussi que l’un des modes opératoires des djihadistes, c’est de créer l’amalgame pour pouvoir profiter de leur forfait.

Car, dans la guerre asymétrique, il n’est pas rare de voir des djihadistes s’habiller comme des militaires et commettent des atrocités dans le seul mais de faire porter le chapeau à l’armée. Le cas est arrivé plusieurs fois au centre du pays.

Pire même, les guerres intercommunautaires s’expliquent par le fait que quand ils attaquent un village dogon, ils se font passer, pour des Peuls et vice versa pour que les deux communautés arrivent à en découdre par les armes.

Selon les spécialistes, c’est cela même qui a envenimé la crise sécuritaire au centre ici, à un certain moment, est devenu incontrôlable.

Secundo, sans pour autant défendre l’armée malienne, on se demande quel intérêt le Mali aurait à œuvrer de telle sorte que le climat de bonne coopération qui existe entre les deux pays se détériore, quand on sait que suite à l’embargo de la CEDEAO, la Mauritanie est venue à notre secours ?

Comment est-ce possible que le Mali puisse agir pour détruire cette confiance que les autorités mauritaniennes ont placées en notre pays ? Cela ne répond évidemment pas à aucune logique.

Tertio, est-ce à dire que les djihadistes essaient d’opérer dans ces secteurs pour brouiller les relations entre le Mali et la Mauritanie ?

Rappelons qu’en 2013, avant l’intervention française, on sait que les séparatistes maliens qui avaient été chassés par les djihadistes du territoire malien ont trouvé refuge en Mauritanie, avec armes et bagages.

C’est alors avec l’intervention française qu’ils ont été réinstallés à Kidal.

Et si le territoire mauritanien sert encore de refuge à des terroristes qui sont traqués par l’armée malienne dont la montée en puissance est aujourd’hui visible et palpable ?

En tout état de cause, ces crimes, comme, le disent les autorités mauritaniennes ne profitent pas à l’État malien, qui considère le pays frère de la Mauritanie comme un soutien indéfectible, à ces moments difficultés de son histoire.

PAR CHRISTELLE KONE

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