Déclaration de l’Association malienne des expulsés (AME) relative à la situation du Mali, notamment les sanctions décidées par la CEDEAO et l’UEMOA suite aux sommets du 09 janvier 2022 tenus à Accra au Ghana.

Le dimanche 09 janvier 2022, la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est réunie en Session extraordinaire à Accra, en République du Ghana, sous la présidence de SEM Nana Addo Dankwa AKUFO-ADDO, Président de la République du Ghana et Président en exercice de la Conférence. La session avait pour objet d’examiner l’évolution de la situation politique en République du Mali par suite à la transmission à la CEDEAO des conclusions des assises nationales de la refondation du Mali du 13 décembre 2021.

Suite à cette rencontre extraordinaire, ONG Association Malienne des Expulsés (ONG AME) a ​​​​appris avec désolation et consternation que la CEDEAO et l’UEMOA ont pris un certain nombre de sanctions économiques, financières et diplomatiques vis-à-vis du Mali.

Parmi ces sanctions, nous avons retenu :

– le rappel des ambassadeurs des Etats membres de la CEDEAO ;

– la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre les Etats membres de la CEDEAO et le Mali ;

– la suspension de toutes transactions commerciales et financières entre les Etats membres de la CEDEAO et le Mali ;

– le gel des avoirs de la République du Mali dans les Banques centrales de la CEDEAO ;

– le gel des avoirs de l’Etat malien et des entreprises publiques et parapubliques dans les banques commerciales des pays de la CEDEAO ;

– la suspension de toute assistance et transaction financière en faveur du Mali par les Institutions de financement de la CEDEAO, particulièrement la BIDC et la BOAD.

L’ONG AME reste fidèle à son statut d’association apolitique. Cependant, c’est en fervent promoteur des valeurs humaines telles que la tolérance, la solidarité, l’entraide qu’elle interpelle la CEDEAO et l’UEMOA et les invite à une relecture de leurs décisions vis-à-vis du Mali qui – oui elles restent en l’état – ne font qu’aggraver la situation d’un pays déjà affaibli et fragilisé, par des événements tragiques qui caractérisent son histoire récente.

Par ailleurs, ces sanctions portent atteinte au prince de la liberté de circulation dans l’Espace CEDEAO. Nous appelons donc les deux organisations régionales au dialogue avec les autorités maliennes de la transition. Car l’ONG AME demeure convaincue que seul un dialogue sincère favorisera et permra une sortie de crise durable et pérenne.

En termes de recommandations, ONG AME :

-inviter les Chefs d’Etats membres de la CEDEAO au respect du protocole de 1979 et les autres protocoles additionnels en faveur de la promotion de la libre circulation des personnes et de leurs biens dans l’Espace CEDEAO. L’ONG AME est convaincue que la mobilité humaine fait partie des droits fondamentaux et que sa réserve incombe aux États en premier ;

– affirme son soutien indéfectible à l’armée malienne dans sa lutte acharnée contre le terrorisme sur toute l’étendue du territoire national ;

– inviter la communauté internationale à une réflexion sincère et honnête et prise de décision non partisane sur la situation actuelle du Mali ;

– inviter toutes les parties au dialogue en vue de trouver un compromis qui soit en faveur du peuple malien.

Fait à Bamako, le 14 janvier 2022

Le Président

Ousmane DIARRA

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