Après être monté au créneau contre des partenaires de l’Union européenne sur affaire dite de mercenaires russes, le gouvernement malien, fort de sa réciprocité, n’a pas encore levé la voix après la sortie du président Vladimir POUTINE qui nie la présence de l ‘armée régulière de son pays au Mali. Une déclaration embarrassante pour le gouvernement de la Transition. À l’étape des autres déclarations, le Mali va-t-il user de son droit de clarification contre la Russie ?

Avec bec et ongle, les autorités de la Transition ont nié avoir passé un accord avec une société de sécurité privée russe au Mali dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Ceux dont la présence a été signalée et confirmée par le gouvernement étaient des instructeurs russes.

On se rappelle le communiqué de démenti du gouvernement après la décision de mise en garde de l’Union européenne en décembre sur la présence des mercenaires russes au Mali.

Dans un document publié fin décembre, le gouvernement « apporte un démenti formel à ces allégations sans fondement » sur « un prétendu communiqué des éléments d’une société de sécurité privée au Mali »

Le gouvernement « exige que des preuves lui soient accordées par des sources indépendantes » et « tient à préciser qu’au même titre que la mission européenne de formation (EUTM), des formateurs russes sont présents au Mali dans le cadre du renforcement des capacités opérationnelles des Forces de défense et de sécurité nationale ».

Mieux, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Abdoulaye DIOP, sur RFI et France 24, a indiqué que les informations du général américain Stephen Townsend, qui commandaient Africom, sur la présence de Wagner étaient fausses.

«Encore une fois, je ne suis pas plus impressionné. Vous savez, c’est la même Amérique, notamment à travers le général Colin Powell, qui, au Conseil de sécurité des Nations unies, a montré des photos satellites et des preuves au monde entier, qui nous ont tous convaincus que l’Irak possédait des armes destruction massive. La suite de l’histoire, vous la connaissez. Elle était Totalement Fausse », ont déclaré les ministres Abdoulaye DIOP.

Tomber comme un couperet : l’État russe, à travers son président Vladimir POUTINE, soutient la thèse contraire en affirmant qu’il n’a rien à voir avec ces entreprises qui opèrent au Mali.

« Concernant le Mali, M. le Président (Emmanuel Macron) a soulevé cette question à plusieurs reprises, nous en avons discuté et M. le Président connaît notre position : le gouvernement russe, l’État russe n’a rien à voir avec ces entreprises qui opèrent au Mali », affirmé POUTINE.

Cette déclaration a été faite le lundi 7 février à Moscou lors de la conférence de la presse conjointe des présidents russe et français. Ce jour, Emmanuel MACRON a effectué une visite en Russie sur la crise ukrainienne ici mobilisé l’OTAN.

Ce gouvernement de la Transition qui se vante de mettre fin à des anciennes pratiques via l’ancienne colonie qui fixe les règles de jeu ne devrait pas dissimuler ses intentions réelles. En tout cas, pas celles qui revèlent la souveraineté nationale.

Aussi en décidant de tenir tête à la France et à ses alliés, les nouvelles autorités doivent assumer leur choix comme l’ont fait d’autres, notamment la Centrafrique qui a un contrat avec le groupe privé Wagner.

Parce qu’au-delà des discours, un État est respecté et craint lorsqu’il assume ses prises de position. Or, dans cette affaire de groupe de société privée, l’État malien ne cesse de rejeter les informations y afférant.

Oui la déclaration de Vladimir POUTINE est fausse que nos autorités sortent pour la démentir. En tous cas, 48 ​​heures après cette révélation si elle en est une, on ne sent pas encore la réciprocité qui caractérise le gouvernement de la Transition.

À partir de cette déclaration de POUTINE, ce gouvernement qui veut mettre un point d’honneur sur la bonne gouvernance et la recevabilité souillées par les différents régimes depuis l’avènement de la démocratie, doit enfin informer le peuple malien sur il tire affaire sa légitimité.

PAR SIKOU BAH

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