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Impasse Bamako/Paris : le Mali face à l’opportunité russe à l’ONU

Le pays des colonels, où règne le colonel Assimi Goita, reste aussi un pivot de la géopolitique mondiale, puisqu’il est la seule nation à avoir expulsé l’empire d’Emmanuel Macron, tant sur le plan militaire que diplomatique, médiatique et humanitaire. Et le cycle des désaveux se poursuivrait jusqu’aux Nations unies, où le statut de porte-parole du Mali a été retiré par la France.

Cet épisode intervient dans un contexte de tensions géopolitiques et au moment où la Russie, nouveau partenaire privilégié du Mali, prend le contrôle du Conseil de sécurité de l’ONU. En effet, comme le veut la tradition, la présidence tournante du Conseil de sécurité est revenue à Moscou après plus d’un an et demi. Ce retour de l’allié majeur de la transition malienne intervient également à un moment où l’attention reste focalisée sur les ambiguïtés et les zones d’ombre entourant les accusations de perturbation portées par la France au nom des autorités maliennes, qui devraient logiquement profiter de cette opportunité pour faire diriger l’organe suprême de l’ONU par son allié majeur. En clair, depuis août 2022, la France est formellement mise en accusation par le régime des colonels qui, par le passé, n’a eu de cesse de réclamer une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pour apporter les preuves de ce qu’il prétendait être des actes d’agression sous forme de violations de sa souveraineté, de soutien à des groupes djihadistes, d’espionnage, etc.

Bien que la demande aurait pu être suivie par la présence de la Russie et de la Chine, tous membres permanents du Conseil de sécurité, on pense que la fenêtre d’opportunité est maintenant plus large pour le pays, qui gagne en force en Afrique de l’Ouest par la réaffirmation de sa souveraineté, de saisir l’occasion de ramener la session spéciale tant attendue du Conseil de sécurité.

Cependant, si Vladimir Poutine est fier de son leadership mondial et cherche à exercer pleinement ses droits de chef des Quinze, allusion aux 15 membres du Conseil de sécurité, les réponses de la diplomatie malienne au rapport du Secrétaire général lors de la première réunion présidée par la Russie ont été beaucoup moins enthousiastes quant à la reprise du dialogue franco-malien. Dans le discours de l’Ambassadeur Issa Kanfourou, qui a repris le Mémorandum des Affaires étrangères, il n’a pas été fait mention de la demande malienne d’urgence pour exposer au monde les preuves de la collusion entre la France et l’ennemi terroriste.

On peut dire aussi que, même sous la présidence russe, le derby franco-malien n’ira pas au-delà des habituelles spéculations sur le départ de Barkhane pour satisfaire les intérêts et la curiosité suscités par les motifs affichés de la rupture.

I KETA

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