Le gouvernement américain a rendu officiellement mardi 7 décembre 900 objets archéologiques et ethnographiques du Mali aux autorités maliennes issus de pillages et de trafics illicites, en provenance des États-Unis d’Amérique. Il était au Musée National du Mali.

L’Ambassadeur des Etats-Unis au Mali, Dennis B. HANKINS, a remis symboliquement un de ces objets saisis pour trafic illicite au Premier Ministre Choguel Kokalla MAIGA en présence du Ministre de la Culture et de nombreux diplomates accrédités au Mali.
Il s’agit de près de 900 objets archéologiques et ethnographiques volés principalement sur des sites archéologiques au Mali et exportés illégalement aux États-Unis entre 2008-2011.
La réception de ces objets de valeur historique et culturelle par les autorités maliennes est un événement inoubliable, a salué Fatoumata C., l’une des invitées de la cérémonie, qui s’est empressée d’immortaliser la cérémonie en prenant une dernière photo d’une citrouille qui est un des articles retournés aux autorités nationales.
Même sentiment avec le diplomate américain mais avec une certaine dose de mélancolie, car la cérémonie se déroule dans un contexte de deuil.
« C’est un jour de fête entre les Etats-Unis et le Mali, mais aussi un jour de deuil pour les citoyens tués dans la région de Bandiagara (NDRL vendredi dernier, une trentaine de civils ont été assassinés par des terroristes) », a aussitôt incliné l’ambassadeur américain en souvenir de ces victimes et de tous ceux dont la vie a été déchirée par les terroristes.
Alors, pour lui, la cérémonie est liée à la lutte contre cet extrémisme.
Par ailleurs, il a ajouté que l’événement est une célébration de la culture et de l’histoire du Mali que les terroristes ont traversé notamment les mausolées de Tombouctou pour « casser les lignes qui unissent les Maliens ».

« L’histoire du Mali est l’une des plus riches d’Afrique et même du monde. Avec le retour d’environ 900 pièces du Mali, nous renforcerons cette idée d’être Maliens, d’une culture commune aux Maliens », a déclaré l’ambassadeur américain.
Après cet intermède, il a expliqué que ce retour de biens historiques et culturels du Mali s’inscrit dans le cadre d’une coopération scellée entre les deux pays il y a 30 ans. L’objectif de cette coopération est de protéger le patrimoine culturel en réduisant l’incitation au pillage et en mettant fin au trafic illicite.
« Le Mali est l’un des premiers pays à signer un tel accord avec les États-Unis et à ce jour le Mali est le seul pays d’Afrique subsaharienne à avoir un tel accord avec les États-Unis », a déclaré Dennis B. HANKINS pour qui ce la restitution des objets était un acte concret de collaboration entre les deux États.
Ensuite, il a expliqué que ces pièces ont été saisies grâce à un travail des douanes américaines et sur la base d’informations fournies par le Musée national du Mali.
« Les objets saisis proviennent d’exportations récentes, de pillages récents. Ce sont des pratiques illégales récentes. Mais, avec la collaboration de nos experts culturels et de nos services, nous sommes bien avancés dans l’idée de protéger les cultures maliennes pour les Maliens », a précisé le diplomate américain, annonçant une mission très imminente d’experts américains qui auront pour mission d’aider. Des experts maliens pour cataloguer ces objets.
Il espère qu’avec cette opportunité, les Maliens seraient plus conscients de leurs recherches historiques, pour protéger davantage de sites avec des objets d’histoire et d’archéologie.
« Cet événement est l’une des premières étapes de la longue collaboration entre le Mali et les Etats-Unis dans la préservation de la culture de l’histoire du Mali pour mieux renforcer cette idée de  »mal » », a indiqué l’ambassadeur américain.
De son côté, le Premier ministre Choguel Kokalla MAIGA a salué la démarche volontariste des autorités américaines et les a remerciées pour ce geste symbolique avec toute son émotion et sa joie.

« Bien que sans précédent dans son ampleur, le retour de 900 objets reflète la mise en œuvre concrète de la convention de 1970 interdisant l’exportation et le transfert de propriété illicite de biens culturels. Cette convention a été ratifiée par les deux États », a déclaré le Premier ministre.
L’engagement atteste également à Choguel Kokalla MAIGA la volonté du gouvernement américain pour la conservation et la promotion du patrimoine culturel du Mali.
« Ce retour ouvre une nouvelle page de nos relations dans le cadre de la coopération internationale », a-t-il déclaré.
Selon le chef du gouvernement, la restitution de ces objets n’est qu’une question de rééquilibrage de la géographie culturelle mondiale. De plus, a ajouté Choguel MAIGA, il s’agit d’une question de justice, car il s’agit de l’accès des personnes à leur propre culture.
« C’est plus une question d’éthique, de morale que d’égalité ou de logique juridique. Notre patrimoine culturel ne doit pas rester prisonnier dans les musées d’autres pays », a déclaré le Premier ministre, réitérant son soutien aux appels à la restitution des biens culturels africains. Ces appels doivent être entendus, a-t-il déclaré.
L’exemple des USA mérite donc d’être suivi par tous les pays où sont exposés ou conservés des objets du patrimoine culturel africain.

PAR SIKOU BAH

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