Quatre formations politiques, à savoir l’Union Malienne du Rassemblement Démocratique Africain (UM-RDA), le Parti pour l’Indépendance, la Démocratie et la Solidarité (PIDS), le Rassemblement Malien pour le Changement (RMC Mali Kanu) et l’Union des Maliens pour le Progrès ( UMP) ont confirmé leur fusion, par la signature hier d’une tribune au Mémorial Modibo KEITA, en vue de la reconstitution de la grande famille du Rassemblement Démocratique Africain (RDA).

La future formation politique, qui s’appellera naturellement RDA, est présidée par le président du PIDS, Daba DIAWARA, jusqu’à la tenue du congrès (re)constitutif dont la date est à définir.
Ce processus de fusion, il est justifié, naît de la ferme volonté de reconstituer la grande famille du Rassemblement Démocratique Africain créée lors du Congrès de Bamako, du 18 au 21 octobre 1946. C’est le début de la cautérisation des contusions dues à les nombreuses scissions qui ont contribué au déclin de ce parti politique historique ?
Pour rappel, l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (US-RDA) a connu plusieurs divisions depuis 1991 : le Bloc pour la démocratie et l’intégration africaines (BDIA) créé en 1993, le Parti pour l’indépendance, la démocratie et la solidarité (PIDS) et le Rassemblement du Mali pour le changement (RMC-Mali Kanu), qui à son tour a donné naissance au Parti pour la démocratie, la culture et l’intégration (PDCI-Farafina Dambé) par scission.
A noter également que la fusion de ces quatre partis politiques hier dans le Mémorial symbolique portant le nom de l’ancien président Modibo KEITA n’est pas la première étape politique du genre. En effet, en février 2008, une délégation du Bloc pour la démocratie et l’intégration africaine (BDIA-Faso Jigi) conduite par son président Souleymane Makamba DOUMBIA a été reçue par Badara Alou MACALOU, secrétaire général du Bureau exécutif national des États-Unis – RDA pour s’approchant d’une future reconstitution de la « grande famille US-RDA ».
Une Commission nationale préparatoire (CNP) s’est réunie le 12 décembre 2009. Elle est composée de 24 membres, dont six des groupes politiques représentés : BDIA, Union pour la démocratie citoyenne (UDC), Mali Jô Ton (MJT) et US-RDA. qu’ils veulent unifier leurs forces et mouvements politiques pour former un grand parti politique fort et vital capable de conquérir démocratiquement le pouvoir au Mali.
Le 1er mai 2010, un congrès unitaire s’est réuni qui a réuni les dirigeants de l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (US-RDA), le Bloc pour la démocratie et l’intégration africaine (BDIA), Mali Joton et l’Union pour la démocratie citoyenne à Bamako Centre International de Conférences en vue de la formation d’un nouveau parti, l’Union Malienne RDA Faso Jigi, et la dissolution des partis respectifs.
Le Parti pour l’Indépendance, la Démocratie et la Solidarité (PIDS) a été créé le 2 septembre 2001 par des militants du Rassemblement Démocratique Soudano-Africain (US-RDA). Il est, jusqu’à la fusion d’hier, présidé par l’ancien ministre Daba DIAWARA qui a provisoirement cheminé avec les dissidents qui formeront plus tard le RMC Mali Kanu avant d’amener sa formation politique aux fonts baptismaux.
L’Union des Maliens pour le Progrès (UMP) est un parti politique, créé en 2003 et dirigé par le professeur Amadou Touré.
A noter que les partis politiques signataires de la plateforme de fusion sont les mêmes qui composent la Plateforme des partis politiques de la grande famille RDA (PIDS, RMC MALI KANU, UMP et UM-RDA-FASO JIGI).
En décidant de tourner les pages de ruptures souvent violentes pour se retrouver au sein d’une même famille politique partageant le même idéal, le RDA envoie un signal fort de mobilisation aux partis politiques comme l’Alliance pour la démocratie au Mali (A .DE. MA.- PASJ), le Rassemblement Pour le Mali (RPM) de l’ADEMA, l’Union pour la République et la Démocratie (URD) ​​également de l’ADEMA, l’Alliance pour la République (APR), qui a quitté l’URD. En effet, même s’ils sont forts individuellement, ils seront encore plus fortifiés en se regroupant. D’autant plus qu’au-delà des affrontements publics entre dirigeants politiques qui prennent parfois la scène plutôt que d’une réelle hostilité, idéologiquement et socialement, ces formations politiques qui peuvent légitimement prétendre être les plus importantes sur l’échiquier national montrent plus de convergences que de divergences. Des partis politiques forts avec des projets sociaux basés sur une offre politique claire, c’est ce dont le Mali a le plus besoin après l’expérience désastreuse des partis politiques monopersonnels, familiaux, pas fiables ni durables, mais surtout alimentaires. Après cette énième rupture constitutionnelle, une rupture du processus politique avec un changement radical de vitesse serait bénéfique à la fois à la population déçue et aux responsables politiques qui auraient l’occasion d’y gâter leur image un peu ternie.

PAR BERTIN DAKOUO

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