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Mali : António Guterres exhorte la junte à « accélérer » le retour des civils

Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exhorté la junte au pouvoir au Mali à  » accélérer  » le rythme du retour des civils d’ici début 2024, comme elle s’y est engagée, dans un rapport au Conseil de sécurité.

Dans ce rapport, consulté par l’AFP mardi à la veille d’une réunion du Conseil, M. Guterres s’est également inquiété de la poursuite des violences et de leur impact sur la population, ainsi que du « blocage » d’un accord de paix majeur entre l’Etat malien et les groupes armés dans le nord du pays. Le Mali est en proie à la propagation du djihadisme et à la violence sous toutes ses formes depuis le début de l’insurrection dans le nord en 2012. La violence s’est intensifiée dans le centre du pays et dans les pays voisins, le Burkina Faso et le Niger. Elle se propage vers le sud. Une mission de stabilisation des Nations unies, la Minusma, est déployée au Mali depuis 2013, avec quelque 13 800 soldats et policiers à ce jour. Les troubles sécuritaires vont de pair avec une profonde crise humanitaire et politique. Le Mali a été le théâtre de deux putschs depuis 2020 et est dirigé par une junte. Sous la pression internationale, la junte s’est engagée à quitter le pouvoir d’ici mars 2024. Dans son rapport trimestriel, António Guterres note les « progrès » réalisés dans ce sens, comme la rédaction d’une constitution et la création d’une autorité de gestion des élections. Il ajoute cependant que « la mise en œuvre de certaines activités clés a pris du retard ». A moins d’un an de la fin de la transition, il appartient aux autorités maliennes de tout mettre en œuvre pour accélérer le processus afin que l’ordre constitutionnel soit rétabli dans les délais convenus », a-t-il déclaré. La junte vient d’annoncer le report sine die d’un référendum sur la Constitution. António Guterres s’est dit préoccupé par « l’impasse » ou « la paralysie persistante » dans la mise en œuvre de l’accord d’Alger de 2015. La mise en œuvre de cet accord entre les groupes armés du nord et l’Etat est considérée comme essentielle pour la stabilisation du pays. Mais les signataires, notamment les groupes touaregs, sont à couteaux tirés avec la junte. António Guterres a parlé d’un « climat de profonde méfiance ». « Il est essentiel que les parties sortent de l’impasse actuelle de toute urgence, compte tenu de la situation sécuritaire qui prévaut, en particulier dans le nord-est du Mali, où les groupes terroristes ont pris pour cible les civils sans relâche, et de toutes les conséquences humanitaires de cette situation », a-t-il déclaré. Dans un mémorandum publié sur les réseaux sociaux, le gouvernement malien a assuré que « la mise en œuvre diligente du calendrier de la transition reste une priorité pour les autorités maliennes ». Il a également déclaré qu’il restait « engagé et disponible pour la mise en œuvre diligente » de l’accord d’Alger. Il s’est interrogé sur le fondement des allégations de M. Guterres selon lesquelles les forces maliennes auraient maltraité des civils au cours d’opérations impliquant du « personnel de sécurité étranger ». L’armée malienne a fait appel à des centaines d’hommes, décrits par plusieurs sources comme des instructeurs de l’armée russe ou des mercenaires de Wagner, un groupe de sécurité privé russe ayant des antécédents d’abus. Le gouvernement revendique une « amélioration de la situation sécuritaire » et « la neutralisation de centaines de terroristes » au cours de ces trois mois. António Guterres a parlé de conditions de sécurité toujours « précaires ». Il a souligné les restrictions imposées par les autorités maliennes aux mouvements aériens et terrestres de la MINUS, une critique également rejetée par le gouvernement.

AFP

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