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Me Mountaga Tall : « Il faut sortir de la crise avec la Côte d’Ivoire »


L’année 2022, il fallait s’y attendre, a été particulièrement éprouvante en raison du prix élevé qu’il fallait consentir à payer pour la reconquête de notre souveraineté. L’embargo économique et financier de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et de l’Union économique et monétaire ouest-Africaine (Uemoa) avec ses séquences sur le vécu quotidien des Maliens si se situe bien évidemment dans ce cadre.

Il s’y est ajouté le conflit en Ukraine qui a des répercussions négatives sur toute l’économie mondiale. J’ajoute qu’à l’échelle nationale, certains comportements ont aggravé le calvaire de nos compatriotes. Il s’agit notamment de certains commerçants véreux qui n’ont pas hésité à empocher les subventions de l’état tout en maintenant les prix des produits de première nécessité à des prix inabordables.
Mais on peut dire qu’à quelque chose a choisi malheur est bon. En effet, face à l’adversité, nos compatriotes, individuellement et collectivement, ont choisi la voie de la dignité, de la résilience, de la patrie, bref d’un Mali débout. Ainsi, contrairement à ce qui était ourdi, l’État ne s’est pas effondré et les Maliens, comme un seul homme se sont mobilisés le 14 janvier, pour défendre la patrie et créer autour de nos Forces de défense et de sécurité, une union sacrée qui contribue dans une large mesure, à leur montée en puissance.
L’an 2022 fut aussi celui de la finalisation et du début de la mise en œuvre des recommandations des Assises nationales de la refondation (ANR), un moment fondateur du Mali Kura. Ces ANR façonnent, aujourd’hui, la vie de la Nation. Comme par exemple, le processus d’élaboration de la nouvelle Constitution, la mise en place de l’Autorité indépendante de gestion des élections (Aige), la tenue de la conférence sociale dans le domaine du travail qui devrait logiquement réduire drastiquement les conflits sociaux .
L’année rendue a également été cella de l’arrestation puis du jugement des 49 militaires ivoiriens. L’épilogue de cette affaire est peut-être pour bientôt.
Je viens d’évoquer l’Aige qui est le socle sur lequel sera bâti tout le processus des consultations programmées dont le référendum constitutionnel en premier. L’élection, contrairement à ce que beaucoup croient, ne se réduit pas au jour du vote. Loin de la!
Nombre de nos compatriotes estiment, aujourd’hui, qu’il serait impossible d’organiser tous les scrutins prévus. Je pense en partie qu’il faut commencer à travailler pour réunir tous les ingrédients d’une bonne organisation des différentes échéances électorales. Il faut à cet égard d’abord et avant de rendre, l’Aige rapidement opérationnelle.

Ensuite, et cela n’est pas facile dans le contexte actuel, disposer du budget nécessaire pour ces élections. Enfin, il faut travailler dur pour que les électeurs croient en l’importance de leurs bulletins de vote et adhèrent au processus électoral, qu’ils soient un facile aux bureaux de vote et une claire compréhension des techniques de vote.
Dans ces conditions essentielles, il sera possible de relever le défi des organisateurs d’élections inclusives, transparentes, régulières et de ne pas accepter les résultats pour tous. S’agissant de la situation des militaires ivoiriens, je pense, sur le plan factuel, que les choses sont claires et limpides malgré les dénégations somme toute compréhensibles de la partie ivoirienne. La vérité est qu’il y a eu des fautes graves.

D’ailleurs, ce débat est désormais clos avec la décision rendue par la Cour d’assises de Bamako qui, sauf pourvoi, s’impose à tous. Mais des fois que le Mali et la Côte d’Ivoire ne peuvent rien changer à leur géographie ni à leur histoire commune, il faut sortir de la crise. Là, le faut faire confiance aux diplomates et à la diplomatie.
Proposés par
Bembablin DOUMBIA

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