Un collectif de défense des statuts et règlement intérieur du RPM dénommé (CDSRI-RPM) composé des dirigeants de l’ancien parti présidentiel, dans un communiqué signé le 7 janvier, a rejeté le choix de Bokary TRETA comme candidat du RPM pour les prochaines élections présidentielles.

Les conclusions des travaux des 3e assises du Comité central du Rassemblement pour le Mali (RPM), au Palais de la Culture, risquent d’affaiblir davantage l’ancien parti présidentiel en quête de cohésion, d’unité en son sein depuis plusieurs années.
En effet, dans une déclaration signée le 7 janvier par le Secrétaire Général, Me Baber GANO, il a annoncé la création d’un collectif composé de dirigeants et de membres du BPN-RPM pour défendre le respect de leurs textes violés lors des réunions précitées.
« Nous, membres du Bureau Politique National et chefs de partis, regroupés en Collectif, saluons la présence massive des élus et militants venus à la réunion du BPN-RPM avec les élus, tenue le 27 décembre 2021, chez les anciens. maison, ainsi que la troisième Assemblée du Comité central, tenue les 28 et 29 décembre 2021, au Palais de la Culture. La tenue de ces réunions, qui fait partie du fonctionnement normal de nos organes, a cependant gravement enfreint nos Statuts et Règlements internes pour leur ignorance et leur violation », indique le communiqué.
Ainsi, dans la déclaration du collectif, ses signataires reprochent aux conclusions de la 3e réunion du Comité central du Parti d’avoir pris des décisions qui n’étaient pas à l’ordre du jour. Parmi celles-ci figurait la nomination du candidat aux prochaines élections présidentielles, qui n’était pas à l’ordre du jour. Ainsi, les délégués n’ont pas reçu mandat de leurs sections RPM, tant internes qu’externes, pour se prononcer sur le choix d’un candidat à l’élection présidentielle.
A cet effet, le Collectif soupçonne un complot antidémocratique contre le parti et la tentative de passage forcé du président qui s’est autoproclamé candidat naturel du parti aux élections présidentielles.
Par ailleurs, le document politique du collectif CDSRI-RPM ajoute que le Comité central, instance suprême de décision du Parti entre deux congrès, dont le rôle est précisé à l’article 43 des statuts du parti, ne peut prendre de décisions qui ne concernent pas d’autres que dans son domaine d’expertise.
« Le RPM, est tout à fait différent de la résolution générale issue de la 3e session du Comité central », peut-on voir dans la déclaration du collectif qui rejette par conséquent la désignation du président du parti dott. Bocari TRETA comme candidat naturel aux prochaines élections présidentielles dont les dates restent à définir.
Contacté par nos soins, le secrétaire général du RPM, Baber GANO, confirme l’authenticité du document.
« Nous sommes une quarantaine de membres du bureau politique qui sont impliqués dans cette lutte pour le respect des textes du parti RPM. Nous sommes déterminés à respecter les textes du parti », a ajouté GANO.
Selon lui, c’est le début d’un processus dont le but est la normalisation du parti, car, dit-il, le comportement actuel avec le président par intérim Treta n’est pas rassurant.
M. GANO veille à ce que les membres de ce collectif soient conscients des conséquences de leur position.
« Avec TRETA, forcément, on va se séparer. C’est le début de la fissure qui peut se solidifier ou s’aggraver. Cela dépendra de l’esprit militant que chacun aura pour s’attaquer au problème », a déclaré le secrétaire général du RPM. Avant d’ajouter : « Le problème qui nous divise jusqu’à ce qu’il soit résolu peut aller de la cassure à la fissure ; de la fissure à la dissidence ».
Un militant du parti très inquiet pour l’avenir du parti pense que ce n’est pas la voie à suivre principalement parce que, selon lui, les responsables de ce collectif, dont Baber GANO, n’ont pas assisté aux réunions du BPN depuis que le gouvernement a renversé le régime avec le coup d’état du 20 août 2020.
« Les deux premiers responsables (Baber GANO et Mamadou DIARRASSOUBA) n’ont pas participé aux réunions du Comité central ni à la réunion des maires », a-t-il indiqué.
Pour ce militant, le parti souffre trop du cloisonnement, de la réticence à fédérer les forces et les idées, car, si l’on veut être efficace et vraiment contribuer à l’atteinte des objectifs assignés par le parti, il faut aller au-delà des ego , calculs égoïstes, mais surtout reconsidérer la qualité de militants que nous sommes avant tout.
« J’espère qu’ils retrouveront tous de meilleurs sentiments », a-t-il déclaré.

PAR SIKOU BAH

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