Le Secrétaire Général de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM), Yacouba KATILE, a animé hier jeudi une conférence de presse pour dégager la position de la plus grande centrale syndicale de notre pays sur la crise actuelle que traverse notre pays suite aux sanctions de la CEDEAO et UEMOA. Il en a profité pour dénoncer les sanctions de la CEDEAO contre notre pays et contrôler la politique française au Mali et en Afrique.

Le dirigeant syndical a invité les journalistes à s’assurer que les analyses faites par de nombreux acteurs aux diplômes délivrés surtout en France ne polluent pas l’esprit de patriotisme des populations.

« La conférence d’aujourd’hui contient de l’amertume chez les initiateurs de la riposte à l’UEMOA et à la CEDEAO, mais pas de la haine, du ressentiment envers les dirigeants de la CEDEAO notamment », a précisé Yacouba KATILÉ. Avant d’informer que les initiateurs prévoient un rassemblement de dignes fils et patriotes du Mali et d’Afrique pour se retrouver très prochainement à la Bourse du travail pour un grand meeting et d’autres actions futures. L’objectif est d’annoncer l’émergence d’une autre Afrique avec sa propre monnaie, d’une autre communauté sous-régionale dont tout le continent peut être fier.

Il paraphrasait l’empereur Samory qui aimait à dire : « Quand un homme refuse, il dit non. « Non à la France, non à l’UEMOA, non à la CEDEAO », a craché Yacouba KATILÉ, avant d’ajouter : « Oui à l’Afrique des peuples du Continent, des Caraïbes, des USA, du Brésil et des îles du Pacifique.

Nous vous livrons le discours complet.

Mesdames et Messieurs, de la presse nationale publique et privée, de la presse écrite et parlée étrangère.

Bonjour !

Encore une fois, l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) fait appel à vous pour produire des rapports objectifs, des commentaires et des analyses à l’issue de l’échange d’idées sur le sujet que nous allons vous présenter, car vous venez des sources.

Mesdames et Messieurs,

A condition que les jeunes militaires agissent pour en finir avec l’absence de gouvernement, la mauvaise gestion, la corruption, la vente de nos ressources aux néo-colonialistes occidentaux, soient avec le peuple, conscients de leurs responsabilités, de leurs devoirs vis-à-vis peuple, toute leur action est plutôt salvatrice, libératrice des influences extra-africaines.

Pour cela nous soutenons Son Excellence Monsieur Assimi GOÏTA et ses compagnons, nous soutenons la FAMA tous engagés dans un double redressement :

Au niveau national, il faut donc un régime plus vertueux en matière de bonne gouvernance politique, économique, sociale et culturelle, qui bannisse l’impunité et instaure la justice sociale, tout en préservant une démocratie irréprochable.

Au niveau international, il s’agit de sortir des ornières imaginées par l’Occident, la France en particulier, pour construire le bonheur des populations, donner du sens à un couple démocratie-développement.

Tant que le jeune serment militaire aura ces lignes directrices, nous les soutiendrons.

Leur ennemi aujourd’hui, c’est la France, qui n’a pas d’amis, dit-il, mais qui a des intérêts.

L’Afrique des ancêtres nous enseigne des valeurs humaines : fraternité, amitié, amour, solidarité, justice, égalité, liberté que ce pays ignore totalement lorsqu’il s’agit des peuples algériens, maliens, guinéens, burkinabés, sénégalais, ghanéens, ivoiriens , béninois etc.

Que dire de nos frères de Martinique, de Guyane et de Guadeloupe soumis à un paternalisme d’antan, privés de leur indépendance.

Les Kanacks se sont mis en quatre pour être tenus en servitude !

Que nous allions aux États-Unis ou au Brésil, ce sont nos frères qui sont encore martyrisés. Que fait l’Union africaine pour eux ?

Il a volontairement oublié que l’Afrique c’est tout ce peuple. Il ne faut rien laisser à la France et aux Occidentaux qui nous tuent, nous mettent en prison malgré les Droits Fondamentaux de la Personne Humaine :

Gloire à Kwamé Nkrumah, Gloria a Thiaroye, Gloria a Patrice Lumumba, Um Nyobé Filbert Youlou, Gloria a Sékou TOURE, Amilcar Cabral, Bakary Djibo, Gloria a Modibo KEÏTA, Mamar Kadhafi, Gloria a Gamal Abdel Nader, Gloria a Ben-Bellah, Nelson Mandela, Samora Machel, Malcom X, le pasteur Martin Luter King, Cheick Anta DIOP à Jerry Rawlings, de la longue vie de Thomas Sankara à Assimi GOÏTA.

Mesdames et Messieurs,

Dans la guerre par procuration menée par l’UEMOA et la CEDEAO contre le Mali, parce que ce pays ne veut plus être géré par le trésor public français et veut exercer sa souveraineté sur son territoire, ses ressources, sur tout le continent et en France, aussi des hommes et des femmes qui aiment la justice et la paix qui nous ont apporté leur soutien, prêts à se battre pour le droit à la vie, à l’existence de notre peuple.

Avouons-le, le Mali n’est qu’une partie de la Guinée et vice versa. Il est possible à cette époque d’avoir de la monnaie guinéenne en circulation sur le sol malien. Nous devons l’adopter.

Sinon, pourquoi pas la monnaie algérienne, ou n’importe quelle autre, tant que ce n’est pas le franc CFA.

Nous devons être reconnaissants à la Russie, à la Chine, au Parti communiste français.

La Confédération des syndicats autonomes du Sénégal (CSA), le brave peuple d’Accra contre le renégat qui pèse aujourd’hui sur les destinées panafricaines du Ghana, que dire du vieux sage du Niger dont l’intervention a fait couler des torrents de larmes aux Maliens.

Mesdames et Messieurs,

Nos remerciements vont aux organes de la presse nationale dans toute sa composition. Certains ont joué un rôle prépondérant dans l’explication des doubles comparaisons imposées au Mali :

Attaques rebelles, terroristes,

Les affrontements répétés de l’UEMOA et de la CEDEAO.

Il reste que nos journalistes travaillent à élargir et approfondir pour que les analyses faites par de nombreux acteurs diplômés surtout en France, ne polluent pas l’esprit de patriotisme des populations.

Passons maintenant à l’identification des associations, et de leurs dirigeants, qui entendent, à l’instar de nos glorieux ancêtres, maintenir le Mali dans la plénitude de la dignité et de l’honneur.

Il s’agit de : Conseil National de la Société Civile, CAFO, CNJ, partenaires syndicaux UNTM.

Mesdames et Messieurs,

Nul doute que vous connaissez en profondeur les soubresauts de l’évolution politique du Mali en 1968 suite à un putsch impérialiste et néo-colonialiste de la France contre notre pays, le seul avec la Guinée Conakry à s’extirper de la sphère d’influence imposée .de la France à ses anciennes colonies pour les exploiter encore plus férocement.

Depuis 23 ans, nos sociétés et entreprises publiques ont été démantelées au profit de filiales de la française.

Peu à peu nous avons renoncé à un attribut de notre souveraineté : la monnaie malienne, qui a disparu en 1984.

Progressivement, à travers des opérations de développement rural, notre économie s’est déguisée pour se limiter au service de la française : coton, arachide, sésame, etc.

Mesdames et Messieurs,

La voracité de la France, sa volonté de désarticuler notre pays en incitant à la rébellion, ont conduit les sous-officiers de l’armée coloniale à prendre les armes contre les pères des indépendances africaines afin de nous soumettre encore plus impitoyablement aux caprices et intérêts de la France. , ceux-ci ils étaient soutenus, leurs crimes étouffés dans le silence et l’impunité.

L’insurrection de mars 1991, sous l’impulsion de l’UNTM et de l’Aeem, flanquée des dignes enfants de la nation, était en elle-même une seconde décolonisation.

Les militaires aujourd’hui n’ont pas connu un seul jour de domination coloniale pour avoir des complexes envers le colonialiste et le néocolonialiste. Ce sont de purs Africains, déterminés à mettre fin définitivement à l’humiliation de leurs peuples, de leurs pays par les Occidentaux dont les politiques d’aliénation et d’exploitation nous maintiennent dans la pauvreté :

La détérioration des termes de l’échange, les diktats du FMI et de la Banque mondiale, le blocus de la Banque mondiale sur les recettes d’exportation, nos devises, le franc CFA et la zone franc sont autant de mécanismes de non-développement, de pillage contre nos peuples .

Nos jeunes soldats, partout où ils prennent le pouvoir, sont tout simplement ulcérés par la capitulation des élites politiques et l’enrichissement sans fin sur les épaules des populations.

Ils ne ressemblent en rien à leurs prédécesseurs depuis la colonisation : inintelligents, sanguinaires, antipatriotiques.

La conférence d’aujourd’hui contient de l’amertume chez les initiateurs de la réponse à l’UEMOA et à la CEDEAO, mais pas de haine ou de ressentiment envers les dirigeants de la CEDEAO en particulier. L’ignorance de l’histoire glorieuse de l’Afrique ne leur a pas permis de mûrir.

Ils ont connu, pour citer David Diop, « tous les livres, mais ils n’ont pas connu l’amour ».

Les racines de nos mains profondes comme la révolte, [malgré les trahisons, les bassesses] il fera l’Afrique sans eux.

Ils resteront dans leur succession dynastique, dans leur esclavage politique, à la poubelle, car Lumumba le dit : « L’Afrique écrira son histoire ». Les pages glorieuses de cette histoire parlent de ses enfants glorieux.

Mesdames et Messieurs,

Les initiateurs prévoient un rassemblement de dignes fils et patriotes du Mali et d’Afrique pour se retrouver très prochainement à la Bourse du travail pour un grand meeting et d’autres actions futures. Elle doit annoncer l’émergence d’une autre Afrique avec sa propre monnaie, d’une autre communauté sous-régionale dont tout le continent peut être fier.

Nos frères du Burkina Faso à Ouagadougou nous rendent un grand service en consacrant la fermeture des organisations néocoloniales montées contre nos peuples.

L’empereur Samory nous dit : « Quand un homme refuse, il dit non. Non à la France, non à l’UEMOA, non à la CEDEAO.

Oui à l’Afrique des peuples du Continent, des Caraïbes, des USA, du Brésil et des îles du Pacifique.

Mesdames et Messieurs,

Plongé dans une crise multidimensionnelle depuis 2012, le Mali à la croisée des chemins a aujourd’hui besoin de la solidarité internationale.

Une solidarité active de la part de ses voisins, de ses partenaires mais aussi de la communauté internationale et non un embargo économique et financier dont les conséquences malheureuses ne se limiteront pas au seul Mali.

Avec les pays membres de l’UEMOA et de la CEDEAO nous partageons non seulement le même espace, la même région, mais surtout le même destin.

Si le barrage du Mali s’effondrait, à Dieu ne plaise, tout le Sahel, ainsi que toute l’Afrique de l’Ouest, serait sans aucun doute inondé.

Les réserves exprimées lors de la dernière réunion du Conseil de sécurité de l’ONU devraient inciter les chefs d’Etat de la CEDEAO à reconsidérer leur position. Ceci, questionnant le caractère légitime et légal des sanctions précitées.

Aux Autorités de la Transition, nous rendons hommage à leur esprit patriotique et surtout à leur ardent désir de redonner à notre pays toute sa dignité.

Au-delà de la forte volonté politique, les efforts déployés sont clairement visibles.

La situation nous recommande de réduire la souffrance de nos populations courageuses à une plus grande flexibilité, en privilégiant la voix du Dialogue comme une alternative de sortie de crise.

Tout cela nous amènera sûrement à revoir la proposition initiale du Chronogramme.

A cet effet, le Président de la Transition pourrait rencontrer les forces vives dans la perspective d’une offre politique pour ressembler à tous les Maliens sans exclusion.

Cette autre voix dissidente, qui peut ne pas être d’accord avec l’évolution de la transition, doit également être entendue.

Bref, découvrons ce qui nous unit. J’ai compris depuis longtemps que notre souveraineté réside dans l’unité.

Que Dieu bénisse et apaise le Mali !

Merci.

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