À la demande du ministère de l’Économie et des Finances, la Banque africaine de développement s’apprête à envisager un prêt additionnel de 34,20 millions d’euros en faveur du projet d’extension et de modernisation de l’Aéroport de Rabat -Salt . Ce nouveau financement, assorti de la garantie de l’État, permet de prendre en charge une partie des travaux primaires à la charge de l’Office national des aéroports, dont la solidité financière a été impactée par la crise Covid-19, en vue d’achever l’ensemble des chantiers et garantir la bonne exécution du projet.

Le ministère de l’Économie et des Finances a sollicité la Banque africaine de développement (BAD) pour un financement supplémentaire du projet d’extension et de modernisation de l’Aéroport de Rabat-Salé. Le Conseil d’administration du groupe de la BAD s’apprête ainsi à donner un prêt additionnel de 34,20 millions d’euros à l’Office national des aéroports (ONDA), assorti de la garantie de l’État, en faveur de ce projet dont le coût total a été revu à la hausse à 176 millions d’euros, contre une première estimation de 171 millions. Ce chantier stratégique s’intègre dans le cadre du développement du secteur des transports, notamment la poursuite de la mise à niveau et la modernisation des infrastructures et services en vue d’accroître la compétitivité logistique de l’économie nationale. Il vise, en particulier, à contribuer au renforcement de la capacité de l’Aéroport de Rabat Salé, pour répondre aux besoins des trafics passagers et de fret à l’horizon 2035, mais aussi la contribution au développement touristique et économique du pays et de la région.

A noter également que le trafic passager de l’aéroport de Rabat-Salé connaîtra une croissance moyenne annuelle de 6% et à l’horizon 2035, un trafic de 3 millions de passagers et 5,500 tonnes de fret. Sachant que la capacité de cet aéroport n’est que de 1,5 million de passagers par an, il devient nécessaire d’adapter ses infrastructures et ses équipements, afin de lui permettre de faire face à la demande prévisionnelle de trafic et d’assurer un service de qualité en conformité avec les normes internationales. Selon le dossier de prêt, sous l’effet d’impact de la crise sanitaire Covid-19, le niveau d’activité de l’ONDA s’est dégradé de manière drastique depuis mars 2020. Ainsi, au titre de l’année 2020, le nombre de passagers a chuté de plus de 70%, le nombre de mouvements de 65%, le fret aérien de 36% et le trafic en route de 59%. La situation financière de l’ONDA est considérée comme détériorée durant ces deux dernières années. En effet, précise le document du prêt, suite à la baisse de l’activité, le chiffre d’affaires de l’ONDA a reculé de 63% en 2020. Le résultat d’exploitation est passé de 1,3 milliard de DH à -1,4 milliard.

Le résultat net, lui, est dégradé de 566 millions de DH à -1,9 milliard. L’ONDA rencontre ainsi des difficultés pour prendre en charge la totalité du montant de sa contribution au projet initial. Les impacts de l’épidémie Covid-19 ont également entrainé, entre autres, l’augmentation des délais d’approvisionnement du chantier, la hausse des prix de toutes les matières premières, les surcoûts induits par les problèmes de logistique et ceux liés aux pertes de productivité de la main-d’œuvre. Par ailleurs, la pandémie a occasionné une prolongation du délai de réalisation du projet de deux ans. Aussi, les prédictions pour aléas physiques et financières ne pourraient pas couvrir les surcoûts notés du fait de la Covid-19. Le coût total du projet a ainsi été revu à la hausse. L’adjonction de financement sollicitée auprès de la BAD permet de prendre en charge dès le départ la charge de l’ONDA en vue d’achever l’ensemble des activités effectuées et de garantir la bonne exécution du projet.

Tenant compte de ce prêt additionnel de 34,20 millions d’euros, la contribution de la BAD au financement du projet s’élève à 109,20 millions d’euros, soit 62,05% du coût total du projet. Rappelons que la BAD avait déjà accordé en 2018 un prêt de 75 millions d’euros pour l’extension et la modernisation de l’aéroport international de Rabat-Salé. L’ONDA finance sur ses fonds propres 66,80 millions d’euros, soit 37,95% du coût du projet. Jusqu’en septembre 2021, la fiscalité du physique du projet est apparue à 31% et le montant cumulé des décaissements de la BAD s’élève à 16,81 millions d’euros, représentant 22,4% du prêt. Le projet porte sur la construction du nouveau terminal et son équipement, l’agrandissement du parking avions, l’aménagement d’accès routiers et de parking véhicules. S’ajoutent la fourniture et l’installation des équipements de sécurité et de sûreté.

Le WAVE compte déconcentrer le propose Transport-Fret

Selon la BAD, le secteur des transports et de la logistique au Maroc a vu sa contribution économique et sociale en progression constante ces dernières années. Il représente actuellement près de 5 % au PIB global et 9 % de la valeur ajoutée du secteur tertiaire. Il participe également à hauteur de 15 % aux recettes de l’État et a généré environ 100 000 emplois directs. Le fret aérien reste néanmoins insuffisamment développé au Maroc et fortement concentré sur l’aéroport de Casablanca.

Le manque de compétitivité de l’offre fait que le fret aérien ne représente que 5 % des exportations. L’aéroport de Casablanca a traité 90 081 tonnes de fret en 2019 (année de référence avant crise), soit 94% du total national et a enregistré une croissance de 12% par an durant la période 2014-2019. L’ONDA compte donc déconcentrer l’offre de transport et comprend la fret et attindre 182.000 tonnes à l’horizon 2035, selon les indications du Schéma directeur du fret aérien. La mise en œuvre de ce schéma directeur bénéficiera également au développement de l’industrie touristique dont la croissance de la demande pour les services aériens sur Rabat a été impulsée par la signature de l’accord de ciel ouvert intervenue en 2006 avec l’UE. Le trafic passager sur l’aéroport de Rabat-Salé s’est ainsi accéléré de 14% sur les dix dernières années et de 21,3% sur les cinq dernières.

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