Une nouvelle vague de bourses vient d’être annoncée pour les étudiants marocains souhaitant poursuivre leurs études en Chine. Il s’agit cette fois de bourses pour les cycles de master et de doctorat à l’Institut de technologie de Pékin. La date limite de dépôt des candidatures a été fixée au 15 avril 2022. Cette nouvelle confirme que la Chine est désormais une destination de choix pour les étudiants étrangers, notamment marocains.

« Suivre des études supérieures en Chine est un choix de plus en plus attractif pour les étudiants marocains pour plusieurs raisons. Premièrement, la Chine compte plus de 3 000 universités proposant des formations dans tous les domaines. Deuxièmement, le coût des études en Chine est relativement faible par rapport, par exemple, à celui des pays européens. Troisièmement, la Chine instaure différents types de bourses pour inciter les étudiants étrangers à venir étudier sur son territoire », énumère Mehdi El Ihsani, lauréat d’une université basée dans la province du Zhejiang et fondateur de la société Foorsa spécialisée dans l’accompagnement des étudiants marocains qui souhaitent étudier. en Chine.

Ouverture et soft power

A défaut de trouver un chiffre fiable sur le nombre précis de Marocains en Chine actuellement, les sources que nous avons rencontrées évoquent une communauté qui se chiffrerait à plusieurs milliers d’étudiants. « Le nombre d’étudiants de nationalité marocaine qui s’inscrivent chaque année dans les universités chinoises ne cesse de croître. Il en va de même pour de nombreux autres pays en développement », précise notre interlocuteur.

Que gagne la Chine à investir dans la formation des citoyens étrangers ? « Lorsque j’étais en Chine, je me suis posé cette question à plusieurs reprises en voyant les efforts qui étaient faits pour inciter les étudiants étrangers à venir étudier sur leur territoire. Un professeur chinois m’avait expliqué qu’il s’agissait d’un investissement qui aurait des répercussions positives pour le pays à long terme puisque cette politique s’inscrivait dans la dynamique d’ouverture initiée par la Chine après plusieurs décennies marquées par son retrait. En plus de favoriser les échanges entre les cultures dans un contexte chinois, ce choix est aussi un moyen de construire un soft power qui permettra à la Chine d’améliorer son image », explique Mehdi El Ihsani.

Études et pandémie

En 2020, l’opinion publique marocaine a découvert les difficultés de centaines d’étudiants marocains résidant en Chine, dont la situation a été rendue précaire par la pandémie de Coronavirus. Actuellement, les quelque 1 000 étudiants rapatriés sont toujours bloqués au Maroc et continuent de se mobiliser pour pouvoir retourner en Chine pour poursuivre leurs études. «C’est vrai, nous connaissons beaucoup de gens qui sont actuellement dans cette situation.

Cela dit, cette situation est due au choix de la Chine de fermer ses frontières. Ces étudiants continuent toutefois de bénéficier de cours à distance en attendant une amélioration de la situation sanitaire qui leur permettra de retourner en Chine », brouille le fondateur de Foorsa. Pendant ce temps, les candidatures aux universités chinoises et les demandes de soutien reçues par l’étude Foorsa ne montrent pas de baisse d’enthousiasme pour la Chine.

« Je pense que c’est normal étant donné que les universités chinoises ont un excellent classement international et que leurs diplômes permettent très souvent d’obtenir des postes professionnels intéressants au niveau international », explique notre interlocuteur.

Le rêve chinois

Pays dont le territoire et la culture sont très éloignés du Maroc, la Chine et sa langue soi-disant difficile ne semblent pas dissuasives pour les Marocains.

« En Chine, il est possible d’étudier en chinois après une année préparatoire au cours de laquelle les étudiants apprennent la langue. Il est également possible d’opter pour un enseignement en anglais bien qu’il soit toujours obligatoire d’obtenir un certificat de maîtrise de la langue chinoise avant la fin des études », explique Mehdi El Ihsani qui souligne que les Marocains en Chine sont réputés pour la rapidité avec dont ils parviennent à maîtriser la langue chinoise.

« La plupart des étudiants marocains parviennent à s’intégrer facilement, d’autant plus que les Chinois sont majoritairement ouverts et tolérants. Le coût de la vie y est également moins élevé qu’en Europe. Par exemple, vous pouvez louer un petit appartement dans une grande ville pour environ 300 euros. Les conditions de vie et le soutien pédagogique dont bénéficient les étudiants leur permettent également de poursuivre leurs études dans de bonnes conditions », conclut le fondateur de Foorsa.

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