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La première phase de l’interconnexion sera achevée à l’été 2023

Le Royaume a traversé des phases cycliques aiguës de sécheresse, dont les plus importantes se sont produites entre 1940-1945 et 1980-1985, mais il n’en demeure pas moins que les deux dernières années ont été les plus sèches de l’histoire du pays.

Le total des précipitations au cours de cette semaine a été en moyenne d’un peu plus de 100 mm, créant des problèmes structurels pour l’approvisionnement en eau, a expliqué mercredi Nizar Baraka, qui était l’invité du Forum de la MAP sous le thème « Stress hydrique : mesures prises et perspectives d’avenir ».

Le ministre a relevé toutefois qu’entre le 1er septembre 2022 et le 13 février actuel, le Maroc a connu des précipitations importantes avec une moyenne nationale de 75,9 mm au lieu de 38,8 mm durant la même période un an plus tôt, soit une amélioration de 95,6%, ce qui se prête à optimisme, sachant que la météo annonce d’abondantes chutes de neige dans les jours à venir.

En ce sens, la superficie enneigée a atteint 5.720 km2 contre les 4.480 km2 de l’année précédente, avec une augmentation de 30%, a indiqué Baraka, notant que les ressources en eau s’élèvent désormais à 2,15 milliards de m3, avec une augmentation de 192% par rapport à la même période. période de l’année dernière.

Bientôt l’interconnexion du Sebou et du Bouregreg



Face à la raréfaction inquiétante des ressources en eau, aggravée par la sécheresse, le gouvernement a lancé une série de mesures, dont le dessalement de l’eau de mer pour répondre aux besoins en eau des régions côtières et leur permettre de développer leur agriculture, ainsi que l’eau site d’interconnexion des bassins », a ajouté Baraka. Sur ce dernier point, le ministre a souligné que le bassin hydraulique d’Oum Er-Rabia est particulièrement exposé à la raréfaction des ressources en eau.

Pour remédier à ce problème, un projet a été initié pour interconnecter les retenues de Sebou, Bouregreg, Oum Er-Rabia et Tensift dans toutes les directions, a-t-il commenté, ajoutant que « les travaux de la première phase de ce projet, qui a démarré le 15 décembre 2022 , et qui consiste en l’interconnexion du barrage Sebou Guard et du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah au niveau du réservoir de Bouregreg, sera achevée à l’été 2023 ». Cette première tranche, d’un débit de 15 m3/s, permettra de satisfaire les besoins en eau potable de la zone d’intervention pour environ 400 millions de m3 par an.

Quant au dessalement de l’eau de mer, Nizar Baraka a noté que des projets sont en cours, notamment à Safi, El Jadida, Dakhla, Sidi Ifni et Casablanca. Cette dernière sera dotée d’usines de production d’une capacité totale de 300 millions de m3 par an, dont l’achèvement est prévu à partir de 2026, selon des données révélées par le ministre de l’Equipement et de l’Eau. Le projet de réutilisation des eaux usées est une autre option importante pour le secteur de l’irrigation pour relever le défi posé par le manque d’eau dans le pays.

Le ministre a indiqué que 100 millions de m3 d’eaux usées seront utilisés dans le cadre du projet de généralisation de la réutilisation de ces eaux traitées pour l’irrigation des espaces verts dans l’agglomération de Rabat, Salé, Kénitra, Skhirat, Témara, Tanger, Tétouan, M’ diq , Marrakech. « L’utilisation du dessalement de l’eau de mer permettra aux villes côtières d’atteindre l’autosuffisance, permettant ainsi au monde rural et au secteur agricole de bénéficier des ressources en eau provenant des montagnes », a observé le ministre.

Haro sur les déchets !



Dans le même temps, Nizar Baraka a identifié le gaspillage des ressources que représente l’exploitation excessive des nappes phréatiques, conséquence de la prolifération de pratiques et de comportements de consommation irresponsables. Le ministre a donc mis en garde contre le risque d’accentuation de la pression sur les aquifères. Il a relevé, dans ce sillage, que plus de 80% des forages au Maroc ne sont pas autorisés.

Répondant à une question « d’avis » sur le rôle de la police de l’eau, dont la vocation principale est de surveiller le domaine hydraulique de l’État et de le protéger de toute utilisation illicite ou abusive, le ministre a admis sans ambages : « Les moyens humains et financiers sont minimes » avant de préciser qu’à cela s’ajoute la difficulté d’accéder à certaines zones agricoles.

Enfin, le ministre a exposé les orientations de la stratégie de communication et de sensibilisation liée au Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (2020-2027), dans le but de sensibiliser les consommateurs d’eau potable et de modifier les comportements vis-à-vis de son utilisation. pour consolider un environnement propice à l’atteinte des objectifs définis.

Quant à la prochaine étape, le responsable gouvernemental a déclaré qu’il n’avait pas la boule de cristal pour prédire l’évolution de la situation. Mais ce qui est certain, c’est que la protection de la ressource en eau est une question existentielle qui nécessite l’engagement des différents acteurs de la société aux côtés des citoyens.

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