Septième édition des assises nationales de l’ANCP. Ph.Sradni

L’Association nationale des cliniques privées (ANCP) a organisé, samedi dernier à Casablanca, la 7e édition de ses assises. Cet événement a regroupé plusieurs médecins, experts et acteurs du secteur de la santé pour débattre autour du rôle des cliniques privées dans la dynamisation du chantier de la généralisation de la couverture médicale et de la protection sociale.

Tous les professionnels de santé nous sommes d’accord pour dire que la refonte globale du système de santé national est devenue une urgence si l’on veut réussir le chantier de la généralisation de la couverture médicale et de la protection sociale. La 7e édition des assises de l’Association nationale des cliniques privées (ANCP), qui s’est tenue samedi dernier à Casablanca, a été l’occasion de rappeler l’importance du rôle que joue le secteur privé pour attiindre ces objectifs. Organisée sur le thème « La réorganisation des cliniques privées, un levier d’un système de santé performant », cette rencontre a connu la participation de plusieurs professionnels du secteur de la santé qui ont mis l’accent sur les défis à relever pour réussir ce projet sociétal.

« Le système de santé national connaît beaucoup de failles et d’insuffisances qui ont été davantage mises à nu par la crise sanitaire liée à la Covid-19. Sa refonte globale est devenue une urgence. Parmi les priorités auxquelles il faut s’attaquer, il y a le problème de la pénurie de médicaments. Nous avons actuellement une densité sanitaire de 7,3 médecins pour 10 000 habitants. C’est très peu ! D’autant plus que cette pénurie est aggravée par un grand manque de personnel paramédical. Nous avons retenu d’à peine 9 paramédicaux pour 10 000 habitants, ce qui positionne le Royaume bien en dessous du seuil critique fixé pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS) », a déclaré Najib Amghar, secrétaire général du Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) lors de cet événement. Ce dernier a également souligné l’importance d’instaurer un véritable partenariat public-privé pour réussir le projet de généralisation de la couverture sanitaire. « Les secteurs publics et privés doivent unir leurs efforts pour que la population marocaine puisse bénéficier d’une prise en charge médicale efficace et efficiente. Mais ce partenariat doit être fait dans un cadre légal bien précis pour éviter le décloisonnement anarchique des secteurs qui nuit à l’image du médecin ».

La place du secteur privé dans la généralisation de la protection sociale
Le secrétaire général du CNOM a, en outre, rappelé l’importance du rôle des médecins du secteur libéral dans le système de santé. « Il faut régler, en urgence, la problématique des médecins du secteur privé. C’est un secteur très dynamique et actif qui assure l’écrasante majorité des soins des citoyens. Le faut à tout prix éviter de le fragiliser, et ce en présentant des solutions notamment au problème d’assurance maladie des médecins. Il faut aussi revaloriser la tarification nationale de référence (TNR) qui n’a pas changé depuis plusieurs années. Nous avons besoin d’une stratégie bien ficelée et bien codifiée pour pouvoir aller très loin et attindre tous les objectifs proposés ».
De son côté, le président de l’ANCP, Redouane Semlali, a indiqué que cette septième édition des assises, qui interviennent dans un contexte particulier lié au lancement du Chantier Royal portant sur la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire qui devrait être atteinte drait ‘ici la fin de 2022, marque le retour de cet événement après deux années d’interruption à cause de la pandémie Covid-19. « Ces assises représentent une occasion de débattre autour du rôle des cliniques dans la dynamisation de ce chantier. Le système de santé au Maroc enregistre une grande mutation. Il est nécessaire aujourd’hui de revoir les aspects législatifs et organisationnels des cliniques privées », at-il indiqué.

L’est temps de passer au digital
Pour sa part, Khalid Lahlou, directeur général de l’Agence nationale d’assurance maladie (ANAM), a rappelé que la loi-cadre 09.21 relative à la protection sociale, qui a été adoptée en mars 2021, donne la force nécessaire pour aller de avant dans la mise en œuvre de cette réforme sociétale d’envergure. « Cette loi vise à améliorer l’impact direct de cette protection sociale sur les citoyens, à même de réduire la pauvreté et la vulnérabilité, ainsi que de soutenir le pouvoir d’achat des citoyens.

Dans le cadre de cette loi, l’État pourra ainsi mobiliser près de 51 milliards de DH annuellement, modifier un certain nombre de textes législatifs et réglementaires en vigueur et en élaborer d’autres, mais aussi lancer un ensemble de réformes structurelles pour la réhabilitation du système de santé, ainsi que la réforme du système de compensation afin de pallier aux déséquilibres au niveau du ciblage des catégories éligibles au soutien, parallèlement à la mise en œuvre du registre social unifié », at-il développé. Le directeur de l’ANAM a, par ailleurs, souligné l’importance de l’information des services de soins. Le responsable estime qu’il est grand temps de passer à un système digitalisé, appelant les médecins du secteur privé à adhérer à cette nouvelle ère ici apportera la modernisation et permettra aussi de simplifier les procédures et d’améliorer la qualité des prestations.

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