Comme de nombreuses industries précédentes, l’industrie du jeu a vu son mode de fonctionnement et son modèle économique transformés par l’explosion numérique. Auparavant monopolisée par des acteurs étatiques, l’industrie a vu l’émergence d’outsiders transnationaux au cours de la dernière décennie qui rivalisent rapidement avec les acteurs historiques de leur quartier. Une tendance loin d’être salvatrice du Royaume, facilitée par le développement des solutions de paiement électronique.

Une avancée qui visait à permettre aux Marocains d’effectuer des achats sur des sites marchands internationaux, notamment de gros dropshipping, de vidéo à la demande (VOD) et de plateformes de jeux en ligne, mais qui s’étend forcément aux jeux d’argent. Une tendance qui devrait être favorisée par l’augmentation de la dotation touristique à 100 000 DH/personne et par la possibilité de cumul récemment décidée par l’Office des Changes.

La MDJS est à l’avant-garde

La possibilité d’utiliser cette dotation via des cartes bancaires internationales ou celles dédiées aux achats en ligne a ouvert l’accès aux parieurs marocains à des sites tels que Bwin, Winamax, BetClic, Betway, Unibet ou encore Spin Sport. Le déclenchement de la pandémie, notamment la période de couvre-feu, a servi de catalyseur à ces plateformes. Bien qu’au niveau national la Marocaine des Jeux et des Sports (MDJS) détient le monopole du commerce des paris sportifs (physiques ou en ligne), les bookmakers en ligne attirent de plus en plus de parieurs marocains. Cet attrait s’explique par la côte offerte par ses « bookmakers ».

Une différence qui s’explique par la nature même de ses entreprises qui, contrairement aux opérateurs étatiques, n’ont aucune contrainte fiscale ou légale à respecter.

Les utilisateurs de ses sites ont ainsi mis en évidence la différence de prix sur un même pari entre MDJS et les plateformes concurrentes qui se situe entre « 0,10 et 0,20 ». Une différence qui peut paraître minime, mais dont l’impact se ferait sentir selon eux au niveau des « paris combinés où cela peut représenter une marge substantielle ». Autre point soulevé par les parieurs : le MDJS Player Return Rate (TRJ) qui est de 86,4%, considéré comme désavantageux pour les joueurs.

Les bookmakers en ligne se démarquent également avec une pléthore d’offres de paris allant de 30 à 60 sports (fléchettes, MMA, rugby, boxe, Formule 1, football américain, etc.) contre seulement 7 sports pour la MDJS. Idem pour les types de paris où les plateformes transnationales proposent à leurs utilisateurs jusqu’à 100 paris différents sur chaque match (handicap égal, nombre de corners, fautes, etc.).

Une compétition qui n’a pas empêché MDJS d’exploiter l’explosion des paris en ligne. En témoigne son chiffre d’affaires, qui en 2017 est passé de 800 millions à 2 milliards de DH, selon les dernières données disponibles. Dans la même période, la contribution de la structure au Fonds National de Développement du Sport (FNDS) s’est élevée à 345 millions de dirhams, soit une augmentation de 300% par rapport à 2010. La Loterie Nationale a également investi le territoire depuis le web en 2011, permettant la participation des joueurs. dans les tirages à distance.

« En 2019, la Loterie Nationale a lancé de nouveaux jeux virtuels et interactifs ainsi qu’une nouvelle plateforme d’exploitation en ligne pour répondre aux attentes des joueurs qui ont changé leur façon de jouer, notamment via ordinateur ou smartphone. , leur permettant ainsi une plus grande flexibilité et plus de liberté », a déclaré Mohammed Sulaimani, directeur général de la Loterie nationale.

Loterie Nationale et SOREC protégés par la nature de leurs activités

Selon ce dernier, la mise moyenne par transaction reste limitée à 15 DH et les dépôts en ligne ne dépassent pas 200 DH. « Le nombre limité de comptes en ligne et le faible volume de transactions associées s’expliquent par la réticence des joueurs marocains à fournir leurs données personnelles et à utiliser leurs moyens de paiement de manière dématérialisée », précise la direction de la Loterie nationale, ajoutant d’abord qu’« une étude est en cours pour répondre à ce problème. Parallèlement et pour accompagner le développement des usages numériques, une application mobile a été développée avec un lancement prévu dans les prochains mois ».

Côté cheval, la SOREC détient le monopole et a également récemment activé une offre en ligne. Un segment qui en est encore à ses balbutiements et dont la nature le protège de la concurrence des acteurs transnationaux. « Les courses hippiques sont un jeu social, même avec l’émergence du numérique, le réseau physique reste par excellence le lieu privilégié et privilégié des joueurs tant au Maroc qu’à l’étranger. Cela va au-delà du jeu, il y a aussi l’émotion et le partage. Il est à noter que les courses hippiques sont un domaine très réglementé partout dans le monde, et particulièrement au Maroc où la SOREC est l’unique opérateur de l’organisation des jeux hippiques », précise Omar Skalli, directeur général de la SOREC.

Rappelons que l’entreprise peut compter sur un réseau physique solide et très performant et ne manquera pas de gagner du terrain dans ce secteur porteur, comme le PMU France qui a compris le potentiel du tout numérique avec la libéralisation des jeux en ligne, qui est en train de doubler ses concurrents privés.

SA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *