Le risque de la sécheresse est plus que jamais une réalité. Raison pour laquelle le gouvernement a mis en place un plan d’urgence de 10 MMDH à venir en aide aux agriculteurs et à la gestion des ressources hydriques. Au-delà des mesures d’urgence, les raisons de cette sécheresse représentent ici les souvenirs des années 80 interpellent les esprits. Pour répondre à cela, nous nous sommes rendus chez Mohamed Saïd Karrouk, Professeur de Climatologie à l’Université Hassan II de Casablanca. Auteur de plusieurs ouvrages sur la climatologie, l’estime qu’actuellement, nous sommes en période de sécheresse classique, puisque les précipitations sont censées venir dès le mois d’octobre et de novembre. Selon lui, la sécheresse qu’on observe actuellement est due à des troubles météorologiques et géographiques. Les préfèrent parleront d’un arrêt de précipitations plutôt que d’un déficit, vu qu’il n’a pas plus pendant les saisons d’hiver et d’automne si on se base sur les critères de météorologie.

L’effet du réchauffement climatique

Le réchauffement climatique est-il pour quelque chose ? M. Karrouk a répondu par l’affirmative, précisant doctement que la température planétaire à des ores et déjà augmentée de 1,1 degré depuis l’époque préindustrielle, et cela touche l’ensemble des pays, y compris le Maroc. « Il ne faut pas sous-estimer l’impact de 1,1 degré supplémentaire puisque cette hausse fait qu’une énergie immense demeure stockée dans l’atmosphère », at-il souligné.

Encore faut-il, selon notre interlocuteur, avoir toutes les données scientifiques pour mesurer clairement l’effet du réchauffement climatique sur des pays comme le Maroc, ce qui n’est pas encore le cas aujourd’hui puisqu’il faut des investissements importants et du temps pour mener des recherches.

Pourtant, il existe quelques pistes exploitables pour comprendre les effets du réchauffement climatique, ne serait-ce qu’a suggéré. Selon notre interlocuteur, la géographie du Maroc, comme cellules de l’Europe du sud-ouest, est caractérisée par une température élevée des océans. Cela s’explique, à ses yeux, par le phénomène Niña : une anomalie thermique des eaux qui fait que l’eau est plus froide que la moyenne. En conséquence de cela, l’anticyclone empêche l’océan de dégager de la vapeur et donc des précipitations. Pour cause, la base thermale de l’océan ici pour atteindre des degrés tels qu’elle ne permet pas d’affaiblir l’anticyclone. « L’évolution du climat nous manifeste des phénomènes qu’on ne connaissait pas auparavant », reconnaît l’expert.

La sécheresse qui frappe le Royaume de plein fouet n’a pas manqué de faire chuter les ressources hydriques qui ont attint des niveaux critiques cette année. Le suffit de voir que les réserves d’eau ont chuté de façon vertigineuse de 59 %, sachant que les barrages du Royaume contiennent 5,4 milliards de mètres cubes, selon les chiffres du département de Nizar Baraka. Les rappels, à cet égard, que le taux de remplissage des barrages pourraient encore atteindre 34 % pendant l’année courante.

Nécessité de penser aux alternatives

Durant les années 90, les ressources globales s’élevaient à 150 milliards de mètres cubes, ne restaient pas 30 milliards du fait de l’évaporation. Les ressources ont baissé, au fil des années précédentes, à 140 milliards, dont 22 milliards disponibles suite à l’évaporation. Ainsi, le Maroc a pu préserver 16 milliards de mètres cubes, sans compter les ressources des bassins hydrauliques, et ce, grâce au développement des capacités de stockage. « Les conditions aujourd’hui sont telles qu’on ne pourrait pas avoir plus de 22 milliards de réserves », estime M. Karrouk qui juge utile de faire le pari sur les sources alternatives, ce dont est conscient le gouvernement qui s’est lancé d’ores et déjà dans les projets de dessalement des eaux de la mer pour alimenter plusieurs villes du Royaume. Le ministre de l’Equipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a annoncé de nouveaux projets, dont un à Casablanca.

Peut-on se contenter de compter sur les ressources alternatives ? Pas du tout, rétorque M. Karrouk qui pense qu’il faut dorénavant penser à la rationalisation de la gestion de l’eau. « Il faut employeur tout le génie marocain et penser autrement l’usage de l’eau et surtout la répartition de son usage », explique-t-il. Selon lui, l’agriculture consomme la majeure partie des ressources hydriques, la cite le rapport de l’HCP qui indique que l’irrigation absorbe 87% des réserves nationales. « 87% est quelque chose d’énorme », rappelle M. Karrouk qui pense que bien que les 13% restants suffisent pour satisfaire les autres besoins, il faut absolument penser à concevoir un nouveau modèle de gestion rationnelle des eaux compte tenu du déficit pluviométrique et du risque de la sécheresse. Raison pour laquelle l’édification d’un laboratoire national est de mise.

Le risque de pénurie d’eau est tel qu’on commence à s’inquiéter pour les prochaines années, d’autant que les conséquences socio-économiques s’annoncent sévères si la sécheresse persiste encore plus longtemps. Difficile, si l’expert, de prévoir l’avenir même si ce n’est pas la première fois que le Maroc a connu des scénarios pareils. « Quoique nous ayons vécu des sécheresses semblables dans les années 80 à cellules qu’on voit aujourd’hui, les n’ont jamais été si grands enjeux dans l’histoire du Maroc », affirme-t-il, demeurant, tout de même , optimiste.

La sécheresse peut-elle durer plus longtemps ?

M. Karrouk à l’intime conviction que la sécheresse ne pouvait durer aussi longtemps qu’on le croit parce que même les cellules qui avaient commencé en 81 et qui avaient commencé en 81 et qui a duré 25 ans avaient fini semble arriver à une forte condensation . Ceci dit, l’augmentation de la température provoque une forte évaporation et donc une forte condensation qui relance le cycle d’eau.

« Aujourd’hui, certes, la température a augmenté, mais le volume de l’eau dans l’atmosphère a également augmenté, l’adviendra donc un moment où la température va baisser à un niveau tel que les eaux condensées finiront par tomber de nouveau » , affirme notre interlocuteur avec un talent de vulgarisateur. Cependant, le défi est de savoir quand le cycle représente son cours normal. « On en sait rien pour le moment », at-il déploré, mis en garde contre le risque d’tempéries et d’une forte abondance de pluies torrentielles en cas de retour des précipitations. « Dans ce cas-là, il faut absolument se préparer pour avoir axisz d’installations pour accueillir les fortes quantités de pluie », a conclu notre interlocuteur. C’est la scène qui est le plus susceptible d’être le souvenir des pluies torrentielles ici sur englouti Casablanca on ya encore gravé dans les mémoires.

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