Dans un communiqué, le secrétariat général de l’UMA a dit regretter les propos déplacés tenus par les autorités algériennes à l’encontre du commissaire africain, qualifié d' »insouciant » et d’irresponsable s’il avait reçu les lettres de créance. L’attitude algérienne est d’autant plus inadmissible aux yeux du secrétariat général de l’UMA que Moussa Faki a reçu le nouveau président du représentant du Maghreb dans le cadre de l’exercice de ses fonctions.
Le SG de l’UMA a rappelé dans sa déclaration que le cadre juridique de l’UA prévoit que les groupements régionaux doivent désigner un représentant permanent. Pour cette raison, le commissaire africain a officiellement reçu les lettres de créance présentées par Amina Selmane. Ce dernier, poursuit le communiqué, a déjà prêté serment devant le secrétaire général de l’UMA, Taïeb Baccouche, comme directeur des affaires économiques au sein du secrétariat général.
La diplomatie algérienne, en effet, dans son communiqué qui s’apparente à un acte d’accusation, a accusé Faki d’avoir succombé à des « manipulations malsaines », dont la fin n’aurait rien à voir avec les intérêts de l’Union du Maghreb arabe et de l’Union africaine ». Alger a également demandé à Faki de « préciser sa position définitive sur cette violation flagrante et inacceptable des normes protocolaires et légales ».
Alors que l’Algérie peine à se débarrasser de son obsession marocaine dans sa politique étrangère, l’UMA a jugé nécessaire de lui rappeler les règles de base de la diplomatie. « La diplomate marocaine travaille pour le compte de l’instance maghrébine et ne défend en aucun cas les intérêts de son pays d’origine qui a soutenu sa candidature », lit-on dans le communiqué, qui critique adroitement la paranoïa algérienne sans céder à la polémique.
Le Secrétariat général de l’Union a adressé un rappel aux autorités algériennes, soulignant implicitement leur responsabilité dans la paralysie de l’entité régionale. Raison pour laquelle l’Union a demandé l’activation du Conseil des ministres des Affaires étrangères. « C’est l’occasion de délibérer sur les modalités d’alternance de la représentation de l’UMA auprès de l’Union Africaine, qui soit à même d’éviter les querelles politiques et de faire converger les points de vue dans l’objectif de réalisation de l’idéal maghrébin », dit-il l’UMA dans son communiqué, qui rappelle que l’Algérie n’a même pas payé la redevance depuis 2016, contrairement aux États membres eux-mêmes.
Par ailleurs, l’Union a annoncé l’ouverture de son bureau à Addis-Abeba, conformément au mémorandum signé avec l’instance panafricaine en 2018. A l’époque, l’Algérie n’avait émis aucune réserve, ce qui signifie que sa protestation est uniquement motivée par la désignation d’une personnalité marocaine.
Rappelons que l’Algérie, par l’intermédiaire du ministère des Affaires étrangères, a déclaré n’avoir jamais été consultée sur la nomination d’Amina Selmane, qui a eu lieu « en dehors du traité constitutif de l’Union ».
L’Algérie a reproché au SG d’avoir pris cette décision même si son mandat a expiré. Pour cette raison, le communiqué du MAE algérien le cite comme ancien secrétaire général. Un geste catégoriquement rejeté par l’UMA, qui a rappelé comment cette dernière n’a cessé de demander qu’un successeur soit nommé à sa place sans que sa requête ne trouve écho auprès des autorités algériennes qui avaient refusé de l’inviter au dernier sommet arabe, organisé à Alger le dernier novembre malgré l’invitation du SG de la Ligue arabe. Le communiqué de l’UMA a mis en exergue les contradictions de l’Algérie qui remet en cause la légitimité du secrétaire alors même que le président algérien, Abdelmajid Tebboune, lui a adressé une lettre de félicitations à l’occasion de la nouvelle année au poste de secrétaire général.
L’Algérie s’est attaquée à la personne du secrétaire général, l’accusant de servir l’agenda du Maroc, pays qui abrite le siège de l’Union. Ce dernier était accusé d’avoir outrepassé son mandat en prenant une décision relevant de la compétence du Conseil des ministres des affaires étrangères.
En effet, ce n’est pas la première fois que Taïeb Baccouche est attaqué par Alger. En septembre, il a été critiqué par une véhémente campagne médiatique appelant à la réconciliation entre le Maroc et l’Algérie.



