Plus de 80 % des personnes interrogées dans le cadre d’une étude réalisée en 2020 sur le régime successeur au Maroc avec les règles en vigueur régissant la répartition de l’héritage. Les résultats de cette enquête, réalisée par l’Association des femmes marocaines pour la recherche et le développement et l’Organisation marocaine des droits humains, ont été dévoilés mardi dernier à Rabat.

Les résultats d’une enquête nationale sur le système successeur marocain, réalisés par l’Association des femmes marocaines pour la recherche et le développement (AFEMARD), ont été rendus publics mardi dernier. Menée enpartariat avec l’Organisation marocaine des droits humains (OMDH) et le soutien de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung au cours de l’année 2020 sur un échantillon de 1 220 personnes issues du milieu rural et urbain, l’étude titulée « Que pense les Marocains et les Marocaines du système successeur marocain ? » a recueilli et analysé les avis des Marocains sur les règles bien précises pertinentes de l’héritage, notamment la règle de la double part pour le sexe masculin, la règle du « Taâsib » et la règle de la différence de culte. Il en ressort que 82 % des personnes interrogées ont fourni la règle selon laquelle « un homme une partie équivalente à celles de deux femmes », ce qui confirme, selon les auteurs de cette étude, la position dominante dans la société marocaine et qui s’ s’opposer à toute modification du système d’héritage. Plus surprenant encore selon l’étude, ce sont les femmes qui s’opposent le plus à la réforme du système successeur au Maroc. En effet, selon les statistiques dévoilées, 84,5% des femmes, contre 79,8% des hommes, déclarent que l’engagement d’un débat sur l’égalité des sexes n’est pas nécessaire, voire inutile.

Les auteurs de l’étude justifient la position des femmes interviewées refusant une réforme du système successeur par la « pression de la construction sociale des relations sociales ». En effet, la socialisation primaire et secondaire qu’a reçue la femme en étant jeune fille a largement contribué à façonner sa mentalité d’adulte, laquelle mentalité ne considère pas la femme comme désormais égale à l’homme. Outre ce volet, l’étude indique que la position des femmes peut également être attribuée à la pression accordée par la religion et le refus d’engager un débat autour de règles citées clairement dans les textes coraniques. Ainsi et de manière plus globale, l’étude conclut à l’existence de deux positions générales en il s’agit de la réforme des dispositions du Code de la famille relative à l’héritage. La première position, qui est affichée par 44% des personnes interviewées, rejette toute modification de la Moudawana. Tandis que la deuxième, exprimée par 36 % des interviewés, soutient l’ée d’un amendement des dispositions discriminatoires à l’égard des femmes en matière d’héritage, sachant que 20 % des questionnés n’ont pas exprimé leur opinion.

Les partisans de la réforme du Code de la famille justifient leur position par la nécessité de respecter les exigences de la Constitution de 2011, les engagements du Maroc envers la communauté internationale et la nouvelle réalité dictée par le changement du rôle de la femme qui représente parfois le seul soutien financier de la famille. Enfin, l’enquête a dévoilé que 52 % des personnes interrogées ont exprimé leur soutien à l’interdiction de l’héritage entre un musulman et un non-musulman, sachant que 87,4 % des personnes interrogées ont justifié leur position par des raisons religieuses.

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