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Sensibilisation accrue pour la rationalisation de la consommation

C’est un secret de polichinelle que l’eau devient de plus en plus rare au Maroc. En effet, la classe des Nations Unies paie en situation de stress hydrique. Ce constat est étayé par une quantité annuelle d’à peine 500 mètres cubes d’eau douce par habitant. Le plus effarant est que ce volume était 5 fois supérieur dans les années 1960. De son côté, la Banque Mondiale se réfère à une situation de « stress structurel hydrique ».

Les hydrologues, quant à eux, présententnt qu’une cinquanteine ​​de villes sont aujourd’hui sous la menace de la soif pour ne pas dire de la déshydratation, et que le monde rural et le Sud du pays sont tout particulièrement exposés au pire.

Ainsi, tout prête à déduire qu’à cette cadence, en 2050, le Maroc pourrait subir une perte de plus de 80% de ses réserves d’eau douce, cette denrée vitale. Le sachant avec acuité, les membres de la Ligue marocaine pour l’éducation de base et la lutte contre l’analphabétisme se sont, une fois de plus, rassemblés au siège du Parti de l’Istiqlal à Rabat pour rappeler l’importance de redoubler d’efforts pour sensibiliser à la rationalisation de ce précieux liquide. «Cette prise de conscience doit englober tous les publics possibles», lance d’emblée le Secrétaire général de la Ligue et enseignant en cycle supérieur, Lahcen Madi, car «l’heure n’est plus à la réflexion mais à l’action» .

Toujours selon ses propos au ton circonspect, « cette pénurie et cet état des faits sont susceptibles d’aller de mal en pis si les gaspilleurs ne décident pas de rompre avec leur laxisme dans l’optique d’adopter de bonnes pratiques. Des pratiques allant de l’autodiscipline, en utilisant l’eau exclusivement pour les besoins vitaux, à la sensibilisation de leur entourage ».

Ce scénario macabre qui guette le Royaume, selon les connaisseurs, pourrait être arrêté de justesse ou, à la rigueur, réduit à minima si le corps éducatif national décide de s’attarder davantage sur la question. «Avec des acteurs associatifs originaires de Salé, nous avons écrit et commencé la représentation de quelques pièces de théâtre sur la thématique de la pénurie de l’eau et de faire une tournée dans les écoles primaires, collégiales et secondaires de la ville. De plus, nous suggérons que les autres membres de la ligue puissent reproduire cette expérience dans d’autres villes du Royaume », fait savoir un militant éducatif et culturel de Salé.

Cette rencontre n’a pas tardé à se transforme en une séance de brainstorming pure et simple. Ainsi, pendant deux heures, des représentants de toutes les villes du Royaume ont exposé des projets de campagnes pédagogiques, cinématographiques, théâtrales et même de storyboarding de bandes dessinées destinées aux tout-petits.

« Il y a quelques mois, j’étais dans le tramway à Rabat. Un jeune homme s’est levé et a tenu un discours digne d’un sage. Il s’est adressé à tous les usagers, grâce à sa voix qui porte à souhait, en leur rappelant que nous vivons une crise hydrique alarmante et que tous les citoyens doivent revoir leur façon d’utiliser cette ressource si précieuse. Il a expliqué, avec un langage intelligible, que chaque verre, seau, litre d’eau que nous pardonnons est un geste nuisible pour nos familles, quartiers, villes, voire pour tout le pays et que chaque goutte d’eau douce économisée ne peut qu’être sain et salutaire pour tous. Malgré l’aspect peu ordinaire de cette initiative, très peu de personnes semblent l’avoir pris pour un fou. Il nous a tous émus et nous l’avons même remercié pour son geste écolo », raconte un adhérent de Salé.

Ce qu’en dit la loi

Au Maroc, l’eau est un bien public, elle appartient à toute la communauté nationale. Ce principe de la publication de l’eau demain a été confirmé par la loi 10-95 sur l’eau, adoptée à l’unanimité par la Chambre des représentants et publiée au Bulletin Officiel du 20 septembre 1995. En matière de droit administratif, la gestion incombe directement sur les collectivités locales et autres conseils des villas.

Désormais, les temps sont aux mesures draconiennes, aux amendes et aux peines d’emprisonnement. Preuve en est la récente traque aux délapidateurs d’eau, une opération engagée dans plusieurs villes marocaines par les autorités locales pour contrer le mauvais usage du liquide vital.

À Rabat, plusieurs garages de lavage de voitures qui recouraient de manière excessive à l’eau potable dans le cadre de leurs activités ont dû, cet été, cesser leurs travaux pour cause de gaspillage. Idem dans la ville avoisinante de Salé, où une série de commerces qui s’adonnaient à la pratique du gaspillage ont été soumis à un examen de leurs factures d’eau et de courant. Seules les entreprises consommant l’eau de puits ont pu filer entre les doigts des autorités.

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