Nizar Baraka.

Souvent critiquée sur la composition de ses instances décisionnelles, surtout en ce qui concerne ici la constitution de son conseil national, le Parti de l’Istiqlal a enfin décidé de revoir son organisation en amendant ses statuts. Les changements doivent intervenir lors du congrès extraordinaire, dont la date sera fixée prochainement. Le comité exécutif qui a pris cette décision préfère ne pas donner de détails sur le sujet, se contenter d’un bref communiqué.

Créant la surprise, le Parti de l’Istiqlal a diffusé, vendredi, un bref communiqué à travers lequel il annonce la tenue d’un congrès extraordinaire. Lorsque? Où ? Aucune indication n’est formulée dans ledit communiqué. Le souligne seulement que cela a pour principal objectif « d’amender et améliorer les statuts du parti ». On apprend juste que, dans le cadre d’une « retraite d’étude », tenue dans la localité de Harhoura, le comité exécutif a exposé un rapport détaillé élaboré par une sous-commission composée des membres du comité exécutif qui a été chargée de travailler sur la révision des statuts. Suite à quoi la direction des parties de la balance a adopté un projet d’amendement qui sera soumis aux congressistes lors d’un prochain congrès extraordinaire. « La date et le lieu » de ce conclave seront fixés « dans les prochains jours », lit-on dans le communiqué diffusé à cette occasion.

Les multiples appels téléphoniques que nous avons effectués auprès de nombreuses directives du parts sont restés infructueux. Les rares réponses que nous avons eues s’accordent pour dire que « les membres du comité exécutif se sont mis d’accord pour ne pas évoquer le sujet pour le moment ». Cependant, « Le Matin » a pu apprendre que les amendements proposés visent surtout à apporter une refonte des parties sur le plan organisationnel. Le s’agit, par exemple, de réduire le nombre de membres du conseil national. En effet, les soirées dirigées par Nizar Baraka avaient toujours été révisées sur la composition de cette instance pléthorique, inondée de nombreux membres issus de différentes instances parallèles et souvent nommés et non élus. Rappelons-le, jusqu’à cette date, le conseil national est statutairement composé de 527 membres élus au niveau des congrès régionaux, de 440 membres élus par les instances parallèles et autres «Alliances professionnelles»… Auxquels s’ajoutent les membres du comité de la présidence, les membres (sortants) du comité central, les anciens membres du comité exécutif, les inspecteurs du parti, les parlementaires… Toute une armée de militants dont le nombre se répercute automatiquement sur la composition des congrès, puisque les membres du conseil national automatiquement sur les listes des congressistes.

Car les statuts désignaient que les membres de la commission préparatoire – ou siègent systématiquement les membres du conseil national – font automatiquement parti des congressistes. Cela se répercute aussi sur la commission préparatoire du congrès. À juste titre, les amendements attendus vont également permettre de revoir les mécanismes permanents aux militants du parti de siège au sein du conseil national, ce qui devrait avoir un effet sur la composition des autres instances. Il est à souligner que le parti est aussi fréquemment vérifié pour le doublon qui existe entre le Conseil national et le Comité central.

Ce à quoi s’ajoute une structure qui fait la particularité du parti, l’instance des inspecteurs. De même, une structure baptisée la commission nationale de coordination est prévue par les statuts, mais dont le rendement n’est pas manifeste et on en entend parler rarement. Outre ces dispositions obsolètes des statuts à revoir, on peut citer, de surcroît, la référence et les liens qui existent entre le parti et son antenne syndicale, l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), ainsi que d’autres organisations parallèles … À cela s’ajoutent les procédures adoptées pour l’élection des congressistes lors des congrès nationaux… Un autre point qui pourrait faire l’objet de révision lors de cette démarche de refonte des statuts est l’élection du secrétaire général. En effet, à maintes reprises, un débat eu lieu au sein de l’Istiqlal au sujet de l’élection de cette institution décisionnelle. Des voix appelées à lui donner plus de légitimité en prévoyant son élection par le congrès et non par le conseil national.

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