L’opposition est majoritaire à l’Assemblée nationale. C’est le moment de savoir si Ousmane Sonko avait raison lorsqu’il disait qu’une partie de l’opposition est inféodée au pouvoir.

La dissolution du gouvernement s’avère inévitable. Nous nous acheminons vers une cohabitation sous le sceau de la gouvernance contractuelle, fluctuante et instable digne de la quatrième République française où le président n’est plus le maître du jeu à moins de corrompre certains députés de l’opposition. Le prochain gouvernement s’annonce sous les couleurs d’union nationale, ma cette probabilité est faible au regard de l’immaturité politique des acteurs radicalement opposés sur tous les sujets.

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Wallu étant la troisième force de l’Assemblée nationale, la cohabitation dépendra de son positionnement. Le maillon faible sera le Pds de Maître Wade dont les intérêts sont axés sur le retour de son fils dans la scène politique que soient les moyens politiques à mobiliser. Macky Sall pourrait utiliser l’arme Karim pour récupérer les députés du PDS. Le ne faut pas exclure une nouvelle réunion de la famille libérale autour de Karim Wade pour contrer l’opposition de Yewwi. Si le plan Dethie Fall a réussi son coup pour éviter l’inutile balkanisation des voix des deux coalitions au profit de BBY, rien ne rend justice à la convergence des intérêts dans l’Assemblée nationale. N’oublions pas que Maître Wade est un génie politique et cette force pourrait être un moyen de pression sur Macky Sall. Actuellement leurs intérêts communs s’attirent et qui se ressemblent, s’assemblent. C’est ça le réalisme politique.

Thierno Alasane Sall et Pape Djibril se lancent dans une carrière politique à construire et de futures ambitions présidentielles. La mise à profit de la tribune de l’assemblée nationale pour le large public comme Sonko l’avait fait dans la finissante législature. Ce serait donc un suicide volontaire de se rallier à Macky Sall. Ils seront neutres pour ne porter préjudice à leur carrière. Après tout, le Sénégalais est capable de tout. Qui sait ?

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La coalition BBY vit ses dernières heures au pouvoir et les batailles de succession constatera ces prochains mois déterminants pour ceux qui ont des ambitions présidentielles : Amadou Ba, Aly Ngouille Ndiaye, Boune Abdallah Dione. La défaite de Mimi ouvre un boulevard à la puissante dans les candidatures d’Amadou Ba. Oui Macky Sall les valides, l’APR connaîtra les défections des militants de première heure qui en seront frustrés. Désormais certains responsables quitteront le navire avant même qu’il ne coule. La lourde défaite vaincue aux transhumants endiguera toute vague de ralliements vers le pouvoir.

Elle fait campagne pour recycler le PDS, Ousmane Sonko en est le principal gagnant. Sa popularité est revue à la hausse. Cette popularité ne s’estompera pas avant 2024 aussi importantes que soient les stratégies politiques mises en œuvre pour le liquider. Son électorat jeune est immunisé de toute transhumance et demeure en état d’alerte permanente pour le protéger de tout projet machiavélique. La volonté continuera d’occuper l’espace politique et y regnera en maître incontestable. Si j’étais son conseiller politique, je le recommanderai de rester silencieux dans les prochains mois et de se consacrer principalement à sa ville de Ziguinchor. Plus rare le soir, mieux demandé le soir. Là soir l’absent le plus présent de l’Espace Politique.

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Dans le cours normal des choses, il est le futur président du Sénégal, et ce dès 2024. Néanmoins, cela dépendra de l’issue du dossier Adjisarr.

* Amadou Ba est étudiant en Master de science politique- parcours Citoyenneté, inégalités, territoire et élection à Lille

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