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Le drame du Sénégal ( Par Ibrahima Diallo )

Le drame du Sénégal, comme de beaucoup d’autres pays africains, c’est qu’il n’a pas encore pris conscience de son histoire politique et économique. Et qu’entendons-nous par histoire politique et économique ? J’entends par ce mot la réalisation concrète de la liberté politique et de l’autonomie économique d’un peuple par lui-même, dans un processus dialectique.
Malheureusement, l’histoire du Sénégal est, en ce sens, embryonnaire. Le pays est encore sous la tutelle du colonisateur. Le Sunu-Gaal des 63ans est encore à l’état embryonnaire. Le pays est encore dans l’enfance parce qu’il est encore nourri par son parent impérialiste.

Selon la dialectique hégélienne, la liberté et le bonheur ne peuvent être atteints sans surmonter le conflit des contraires. L’Afrique en général et le Sénégal en particulier ne peuvent se développer sans se réconcilier avec leur propre réalité, c’est-à-dire sans réaliser leur propre histoire. Pour se développer, le pays doit conquérir son autonomie financière et économique.

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Le développement d’un pays dépend absolument de ses infrastructures (moyens de production : outils, voies de communication, machines, techniques, internet, etc., et du travail des hommes qui utilisent ces outils) qui constituent la base économique du pays. La nature de ces infrastructures détermine le niveau de développement du pays et la conscience des populations. Plus ces infrastructures sont développées, plus le pays est développé ; plus elles le sont, plus le pays est conscient.
Plus les infrastructures sont rudimentaires, plus les gens sont malheureux, et si elles sont étrangères, les gens se sentent étrangers même chez eux.

Au Sénégal, toutes les infrastructures ou presque appartiennent à l’Occident et sont donc étrangères (orange, total, carrefours, autoroutes, etc.). Si les moyens de production de l’Etat sont la propriété privée d’un tiers, alors l’Etat sera nécessairement le travailleur de ce dernier. Par conséquent, l’État lui-même devient la propriété privée du maître impérialiste. C’est vraiment abominable. Dans cette situation, le peuple ne peut que souffrir. Sans un
autonomie économique, il ne peut y avoir de liberté politique ni de développement du peuple.
Sans moyens propres, le gouvernement ne peut rien réaliser pour le plus grand bénéfice de son peuple. Faute d’infrastructures, les travailleurs ne peuvent que se contenter du nécessaire pour se maintenir en vie. Quelle souffrance !

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Cette recherche incessante d’un moyen de rester en vie explique, d’une part, l’invasion du champ politique par les masses, qui l’imaginent comme le meilleur marché d’affaires où chacun peut facilement s’enrichir. D’autre part, la crise de l’éthique et la montée du populisme au Sénégal.

DIALLO Ibrahima, maitres Es, philosophie contemporaine

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