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Lettre ouverte aux 165 députés de l’Assemblée (Par Gaston Mansaly)

Je suis venu. J’ai vu. J’ai compris. Mais je ne suis nullement surprise par ce qui s’est passé, jeudi, à l’Assemblée nationale. Une parlementaire lâchement violentée au sein de l’hémicycle. La scène est tout simplement surréaliste. Elle n’honore ni le Sénégal ni l’Institution dont vous êtes censés représenter.

chers parlementaires,
Renvoyez vos exemplaires. Il y va de la concorde nationale. Les graines de la division sociale que vous êtes en train de semer au nom de la politique, vont pousser. Mais gare à vous. Si leurs fruits sont amers, vous ne serez pas épargnés. Vous y goûterez. Vous et vos proches. Comme une dose contre le coronavirus, vous en prenez. Forcement. Inéluctablement. Alors ressaisissez-vous pendant qu’il est encore temps. Le 3e mandat du Président Macky Sall, objet de tout cet imbroglio au sein de la classe politique, n’en veut pas la peine. Les Sénégalais sauvent l’électeur. Ils sont les seuls à même de décider l’opportunité moment de qui va être à la tête de leurs destinées politiques et administratives. Les urnes de se séparent en bien dans ce pays. Ne dites-vous pas qu’on ne peut plus voler des élections dans ce pays ? Eh bien, en voilà une raison valable d’accepter toute candidature validée par le Conseil constitutionnel. Le président Wade a « forcé » sa candidature en 2012. La suite, on le sait. Diantre pourquoi alors tous ses serpents qui sifflent sur nos têtes.

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chers parlementaires,
Vous êtes tous interpellés. Le pays vit un moment crucial où tous les clignotants sont au rouge. Jamais dans l’histoire politique du Sénégal, le fossé de la fracture sociale n’a été si profond. Le débat dans la rue fait état de questions ethniques à longueur de journée. Des politiques accusés à tort ou à raison de connivence avec des mouvements insurrectionnels, des djihadistes et des forces occultes. Dans le même temps et comme un enchantement, les journalistes tremblaient de plumer sur le terrain et soulignaient les idées « séparatistes ». Sans risques. Que personne ne se paie le luxe permisif de jouer avec le feu dans ce pays.
chers parlementaires,
Voilà les débats de fond pour lesquels votre contribution est attendue. On vous attend sur la sécurité militaire, économique et alimentaire à l’heure où les Sénégalais peinent à assurer les trois repas quotidiens. On vous attend sur les contrats et la gestion du pétrole et du gaz pour sortir ce pays de la pauvreté chronique dans laquelle elle est plongée depuis. On vous attend surtout, chers honorables, sur la santé, l’éducation, l’accès à l’eau potable, les infrastructures notamment dans les zones les plus reculées comme le département de Goudomp qui présente encore les stigmates de la guerre, Kédougou, Salémata où l’or fait plus de malheureux, Matam où le phosphate n’est pas signe de richesse. Bignona où des enfants déplacés traînent en Gambie faute d’écoles. Louga ou le sable marin extrait par GCO fait plus de poussière et déplace les populations de leurs terres. Mboro ou le village de Gad Ngomène risque de disparaître de la carte nationale. La liste noire est loin d’être exhaustive…Voilà le Sénégal qui mérite débats et discussions chers Ho-no-ra-bles.

Aux députés de l’opposition,
Sachez qu’il advient en une heure ce qui n’arrive pas en une nnée. Vous avez pensé bien partis en 2022. En dehors des violences notées à l’installation du bureau de l’Assemblée, vous avez adopté un comportement responsable commençant même à faire un bon travail. Présents dans les commissions, donnant des avis au point de saisir le président par « lettres écrites » pour la clarification de certains points concernant la bonne marche du pays. L’espoir commençait à renaître pour une assemblée de rupture. Hélas. Par cet acte perpétré sur Amy Ndiaye, vous avez jeté en pâture toutes vos bonnes actions présentes et futures. On ne retiendra de vous que cette agression sur une dame, une femme, une parlementaire de surcroît au nom de la politique et d’un homme fût-il guide religieux. Pourtant, vous avez été avertis. Mais comme on dit, les colombes ne se retrouvent pas toutes rôties. Auréolés de bonnes victoires dans certaines grandes villes du pays notamment la capitale lors des élections locales et législatives, vous saviez bien que les gens que vous avez en face, ne vous faites pas de cadeau. Par manque d’expérience, vous avez prêté le flanc. Cette inexpérience dont parle souvent, Farba Ngom à votre endroit. En politique, il faut savoir donner et encaisser des coups. Vous savez en dites là ou ça fait mal. Pour en recevoir, il faut avoir le dos rond. Autant je ne cautionne pas les sorties incessantes de la parlementaire de Kaffrine, Amy Ndiaye autant je condamne cette violence exercée sur elle. N’oubliez pas que vous êtes à l’Assemblée nationale. Le siège du débat politique contradictoire. Si on ne peut accepter la contraction ici alors, on ya pas sa place. C’est clair. On ne peut pas vouloir une chose et son contraire. Soit on est député du peuple. Soit on est député d’un guide religieux ou d’un président de parti politique. Et c’est là que commence la confusion des genres. Et le conflit d’intérêt. Qui a donc intérêt à voir se pays brûler. Aucun parmi vous. J’ai supposé.

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Aux députés de la majorité,
Ce temps où tout vous était permis, est révolu. Comprenez-le ainsi. Et applique les choses telles qu’elles vous arrivent. Comme un sage stoïque. Aujourd’hui, vous n’avez plus cette majorité « jouissante ». Et ne pensez plus que tout vous sera désormais donné sur un plateau d’argent. Non. Ce n’est plus possible. Et vous l’avez compris. Sinon les plus avertis. Mêmes les ministres qui l’ont compris. Ils se rendent compte les uns après les autres que leur « pouvoir » au sein de l’Assemblée nationale lors du vote du budget du département dont ils ont en charge, s’est effrité. Ils sont pour certains fouettés et bombardés de questions par les députés de l’opposition. Qui, chiffres à l’appui, relaye les incohérences sur certains programmes. Ce n’était pas arrivé -à tout le moins-lors de la 13e législature. La majorité dite mécanique, monopolisait les débats devant une opposition très minoritaire avec des budgets adoptés sans débats et des ministres ménagés. Mais ce n’est plus le cas. Et vous en êtes au point que certains parmi vous jadis aux abonnés absents lors des séances, sont obligés à présent, d’être là tous les jours jusqu’aux heures tardives.

A vous tous,
Députés du pouvoir comme de l’opposition. Ce pays ne vous appartient pas. C’est notre mère patrie. Vous n’avez ni le choix de le protéger ni le droit de le détruire au nom et pour le (seul) compte de vos (petits) intérêts partisans. Autant pour les députés incriminés dans l’affaire Amy Ndiaye qu’aux 165 parlementaires, sachez une a choisi : « L’office fait l’homme ». Toute considération autre que stelle-ci, n’est que vue de l’esprit…
Gaston MANSALY Journaliste

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