Nous sommes aujourd’hui nombreux à faire l’apologie de l’insertion de nos langues nationales dans le système éducatif. Des réflexions et propositions d’éminents intellectuels sénégalais sont recourues pour justifier l’urgence. Les travaux des professeurs Cheikh Anta Diop et Sakhir Thiam sont les plus sollicités pour relancer l’argumentaire et défricher la voie à suivre. En effet et pour autant, en poussant les recherches, nous pouvons trouver divers modèles applicables, qui pourraient nous réussir. N’empêche, sur ce sentier de la refonte de tout un cycle scolaire, avec un coût économique et intellectuel important, il est impératif de faire un diagnostic sérieux, approfondi et global. Nous devons reconnaître la complexité du projet et pointer du doigt les obstacles en les exposant avec froideur et lucidité.

En somme, il serait dangereux et irresponsable de nous voiler la face. Évitons d’emboîter les pas de nos gouvernants. Ils ont l’art d’appliquer la politique de l’autruche face à n’importer ces grandes problématiques englobant le destin de leur peuple. Ainsi, la réalité est que nous n’avons pas une seule langue dans laquelle tout un peuple se reconnaît. Cela constitue une barrière irréfutable. Du Nord au Sud, de l’Est à l’ouest du pays, nous pouvons fournir différentes ethnies, avec différentes dialectes et langues. Il suffit de se déplacer dans certaines contrées pour se rendre compte que ni le Wolof, ni le Peulh encore moins le Serere n’est t aussi fédérateur que nous le prétendons. Pour pouvoir échanger entre Sénégalais ou Africains, nous sommes souvent obligés d’échanger à une langue ouest ou est. Choisi qui n’est pas mal, qu’on peut même considérer comme un atout. Car une langue est avant tout un outil de savoir. De ce fait, la maîtrisant, surtout s’il s’agit d’une des plus parlées dans le monde, permet de gagner sa compétitivité dans un monde de plus en plus globalisé, dont la matérialisation en village planétaire n’est plus un rêve , mais une réalité. Que ce soit le français, l’anglais ou tout autre langue, chaque État doit y mettre les moyens pour armer son peuple. Ce n’est pas pour rien aujourd’hui que dans les grandes universités françaises, l’anglais est priorisé, comme dans les universités américaines où le français est de plus en plus enseigné. La maîtrise d’une langue n’est jamais un mal, contrairement à ce que nous voulons faire comprendre certains combattants d’un panafricanisme utopique. Elle est un atout, que tout soucieux des enjeux actuels doit soutenir et promouvoir. Chercher à bannir une langue, c’est choisir d’hiber l’effort intellectuel dans un processus d’acquisition de savoir. Nous devons nous emparer de nos langues maternelles. Mais nous devons le faire avec intelligence, efficacité et objectivité. Une telle ambition ne peut pas se réaliser dans le défi émotionnel de l’ancien colonisateur. N’en faisons pas un jeu de bisounours.

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L’ère du Peter panafricain, fraîchement sorti du colonialisme, est révolue.

Ce à quoi nous devons réfléchir, c’est comment insérer et adapter nos langues maternelles dans le cycle de formation des jeunes.
Surtout, là, elles pourraient mieux les préparer aux attentes à l’échelle nationale et internationale.
Sur ce plan, peut-être pouvons-nous constater ensemble que leur application dans le domaine des sciences mériterait une réflexion profonde. N’oublions pas que l’alphabet qui nous sert de support ne nous est pas propre, d’où l’intérêt d’une analyse faite et englobante pour toute proposition.

Madior Ly

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