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Situation politique tendue – Abdoulaye Mbow alerte : « Le Sénégal est dans l’impasse et le cocktail est explosif » (entretien)

Un climat politique tendu, des discours incendiaires, des appels à la mobilisation récurrente, plongent le Sénégal dans une situation de crise. En toile de fond de ce contexte politique sombre, une administration couchée et une institution judiciaire qui servent de bras armés à un pouvoir visiblement aux bois. Cette impasse inspire les plus grands observateurs à tirer sur la sonnette d’alarme, comme à leur habitude. Dans cet entretien avec SeneNews, Abdoulaye Mbow, journaliste et chroniqueur à la Sen Tv, revient sur le danger qui plane sur le pays et la stabilité. Pour lui, le Sénégal est dans l’impasse politique et que seul le dialogue peut aider à dépasser la crise qui s’installe (Entretien).

SeneNews : Qu’est-ce qui explique selon vous la tension permanente au sein de la classe politique ?

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La principale raison, c’est l’adversité politique avec une rupture totale de confiance entre les différents acteurs qui concourent aux suffrages des Sénégalais. Les s’y ajoutent que les lois ne sont pas totalement respectées du point de vue de leur interprétation. Que ce soit le parrainage, les nombreux facteurs qui ont poussé à l’invalidation et au rejet de certaines listes, mais également et surtout les décisions rendues par le Conseil constitutionnel. Cela n’a fait que participer à attiser le feu. Il faut y ajouter l’intention de Macky Sall de briguer une troisième candidature. L’ensemble de ces faits et ces facteurs constituant un cocktail explosif si l’on sait également qu’il y a un épée Damoclès qui plane sur la tête de certains leaders de l’opposition, tels que Barthelemy Dias (dans Affaire Ndiaga Diouf ) et Ousmane Sonko (dans l’affaire du prétendu viol à Sweet Beauté). Compte tenu du fait que Karim Wade a été arrêté et emprisonné, de même que Khalifa Sall, révoqué de son poste de maire, tout acte posé par le président Macky Sall est interprété négativement. D’autant plus qu’il a soutenu qu’il allait réduire l’opposition à sa plus simple expression. Je croise que le Sénégal est assis sur les braises de la violence et il faudra faire très attention, sinon ça risque de s’enflammer et ça n’arrangera personne.

Quelle est votre analyse sur le discours va-t-en-guerre de la classe politique à quelques semaines des élections législatives ?

Les discours va-t-en-guerre ne sont pas de l’élégance politique, l’élégance voudrait qu’on soit dans le débat d’idée et dans le débat de profondeur, qu’on soit dans les débats à caractère économique et social. Que l’on puisse parler du développement du Sénégal. Il faut une adversité, mais cette adversité est incarnée par l’opposition, et elle doit être une opposition républicaine. De ce point de vue, entre les acteurs politiques qui sont au pouvoir et ceux de l’opposition c’est véritablement, il n’y a pas une adversité saine. On a besoin de débats d’idée mais ce qu’on voit aujourd’hui, ce sont des insanités, des injures, des accusations, des contre accusations.

Comment peut-on faire faire pour décris pour l’espace politique sénégalais ?

Que les acteurs puissent se parler, renouer le fil du dialogue, qu’on aille vers des compromis forts, que l’on puisse lire le droit et dire le droit, qu’on interprète de la manière la plus positive et la manière la plus pertinent et le plus objectif. Que l’on ne donne pas l’impression de violer certaines dispositions de la loi et certains règlements, que l’on puisse permis permre aux institutions qui incarnent la justice et la famille judiciaire tel que le Conseil constitutionnel, de pouvoir dire le droit et que des décisions soient rendues au nom du peuple. Le dialogue ne doit jamais être rompu dans une démocratie, on doit toujours parfaire les lois, on doit toujours s’adapter, on doit toujours évaluer les lois compte tenu des situations et contextes politico-sociaux et économiques. On est au regret de constater que c’est le même débat depuis 20 ans qui revient donc, ça ne change pas et ça n’évolue pas. Et à la veiller de chaque élection, ce sont les mêmes sujets qui reviennent, fichier électoral, processus électoral, rupture de confiance, je crois que ça n’honore pas notre démocratie.

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