Emmanuel Macron est un homme qui a grandi avec ses devoirs. Oui, dont les sentiments ont même grandi. Il avait « appris à aimer les Français encore plus follement », a déclaré le président français dans une interview télévisée mercredi soir avec la chaîne de télévision TF1. La conversation a duré deux heures et on se demande quel message Macron essayait de faire passer, donc probablement celui-ci : Ne croyez personne qui dit que je suis arrogant ; je suis un homme avec un grand coeur. Alors, au rythme des saisons, une sorte de message de Noël.

Macron n’est donc pas seulement le Père Noël, mais l’un des chefs d’État les plus puissants d’Europe. Macron a clairement indiqué la semaine dernière lors d’une conférence de presse au début de la présidence française du Conseil de l’UE depuis janvier qu’il en était très conscient. Là, dans son rôle habituel de visionnaire de l’Europe, il a directement demandé qu' »un nouveau modèle européen soit pensé ». Pour le public français de l’Avent, cela a maintenant frappé une note différente. Il ne doit pas être comparé à Macron, le leader mondial, mais à Macron, le père attentionné du pays.

Malgré toutes ces réflexions, une question restait sans réponse : qu’est-ce que c’était vraiment ? La campagne électorale a commencé en France. L’agressivité des débats publics ne laisse aucun doute à cet égard. Chaque formation politique a désormais trouvé son candidat. Il n’y a qu’une seule chose à demander : le président Emmanuel Macron.

Sa décision doit « être consolidée d’abord »

Alors que ses concurrents doivent se poser des questions sur leurs projets et leur stratégie pour l’élection d’avril 2022 depuis des semaines, Macron invite deux reporters de télévision à s’exprimer à l’Elysée et à évoquer son état intérieur. « Emmanuel Macron – Où va la France ? » elle était écrite en gros caractères sur une cloison, devant laquelle se déroulait l’entretien dans de confortables fauteuils. Plus précis aurait été : « Emmanuel Macron – Comment vas-tu ? » Et le téléspectateur apprend : « Bien sûr » Macron a « des ambitions pour la France qui vont au-delà d’avril 2022 ». Mais « à l’intérieur » une décision doit « d’abord se solidifier » avant de pouvoir donner « une réponse sérieuse ».

L’entretien était structuré comme une promenade détendue à travers quatre ans et demi de leadership politique. Comme si Macron feuilletait son agenda présidentiel avec des journalistes et était un peu touché par certaines rumeurs (sa fête de la victoire en mai 2017 devant la pyramide du Louvre, sa jubilation quand la France est devenue championne du monde). Et quand il s’agit d’autres rumeurs, il a tendance à se peser la tête pensivement pour arriver à la conclusion qu’avec le recul, il aimerait le résoudre différemment (par exemple, il ne dirait plus, comme en 2017, qu’il y a des gens qui « ne sont rien »).

Si vous êtes à la recherche d’engagements politiques précis, l’essentiel qui reste est celui-ci : Macron s’en tient à la réforme des retraites envisagée et très controversée, mais ne la mettra plus en œuvre durant cette législature. « Mettez-vous à ma place », a déclaré Macron aux journalistes, « auriez-vous fait adopter cette réforme pendant la pandémie? »

Du point de vue de l’Elysée, l’utilité d’un tel entretien est évidente. Le président peut expliquer les hauts et les bas de son mandat de deux heures à la vitesse et à l’accent qu’il préfère. Et sans que cet équilibre ne devienne une démonstration de force avec un adversaire politique, comme il le serait autrement dans un duel télévisé entre candidats. D’ailleurs, ces duels ont commencé depuis longtemps pour les élections de 2022 en France, uniquement sans Macron. Plus récemment, il a envoyé son ministre des Affaires économiques, Bruno Le Maire, au studio de télévision, où il a eu une performance verbale avec le candidat d’extrême droite Éric Zemmour.

On ne sait pas vraiment à quel point cette interview à gros budget est utile du point de vue des électeurs. Après quatre ans et demi de Macron, les Français ont-ils besoin d’un autre grand spectacle de caractère avant d’être prêts à se préparer à la chance qu’il puisse à nouveau concourir ?

Il ne pouvait pas encore déclarer sa candidature, il ne savait pas, également en raison de la pandémie de corona, « ce que les prochaines semaines apporteront ». Ce qui sonne un peu comme si Macron était le seul candidat, ou quasi-candidat, à gouverner. Mais ses concurrentes Valérie Pécresse et Anne Hidalgo occupent également des positions centrales. Le conservateur Pécresse est président de l’Île de France, le maire socialiste Hidalgo de Paris. Tous deux sont à la fois militants et titulaires.

Dans le crescendo quotidien des sondages, Macron est assis solidement comme sur une plate-forme d’observation. Peu importe qui se lève actuellement en faveur de l’électorat (en octobre Zemmour, en ces semaines de fin d’année maintenant Pécresse) : Macron est de nouveau échangé comme vainqueur. Même s’il pourrait être proche contre Pécresse. Mais plus important que la question de savoir qui a quelle cote de popularité en ce moment en est peut-être une autre : qui atteint réellement tout le théâtre de la campagne et de la pré-élection ? Dans un sondage pour Kantar Public la semaine dernière, la plupart des personnes interrogées ont déclaré qu’elles « n’avaient aucune idée » pour qui voter en avril prochain. Contrairement à la pratique habituelle, les répondants n’ont pas reçu de liste de noms, mais ont été invités à nommer spontanément quelqu’un qui leur venait à l’esprit. Il est venu peu de temps.

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