Sus au pétrole du Kremlin ! La Commission européenne a proposé un embargo progressif de l’UE sur le pétrole et les produits pétroliers achetés à la Russie. Le brut dans les six mois et les raffinés pour la fin de l’année. « Ce ne sera pas facile », dit Ursula von der Leyen. Mais «nous voulons que l’Ukraine gagne cette guerre».


Journaliste au service Monde


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Ce ne sera pas facile ». Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, n’a pas caché que le nouveau paquet de sanctions européennes infligées au Kremlin ne sera pas une sinécure. Sus au pétrole russe ! La cheffe de l’exécutif européen a présenté mercredi matin devant le Parlement européen à Strasbourg le plan adopté peu avant minuit par son équipe : bouchon « progressivement » les livraisons russes de pétrole brut dans les six mois et cellules de produits raffinés d’ici à la fin de l’année 2022.

« Nous renoncerons désormais à une interdiction du pétrole russe. La s’agira d’une interdiction complète des importations de tout le pétrole russe, transporté par voie maritime ou par oléoduc, brut et raffiné », a indiqué Ursula von der Leyen.



La déconnexion progressive du ou noir venu de Russie vis à « nous permettre à nous et à nos partenaires de mettre en place d’autres voies d’approvisionnement », explique le président. Car il s’agit de réduire « au minimum l’impact sur les marchés mondiaux ». « Nous exercerons ainsi une pression maximale sur la Russie, tout en infligeant au minimum les dommages collatéraux pour nous et nos partenaires dans le monde. Parce que, pour pouvoir aider l’Ukraine, le faut que notre propre économie reste forte », explique von der Leyen. Le président présentait d’ailleurs son plan de bataille dans le cadre d’un débat parlementaire consacré aux « conséquences socio-économiques de la guerre menée par la Russie en Ukraine ».

Cette proposition de boycott du pétrole russe sera attribuée une première fois par les ambassadeurs des États membres, ce mercredi matin encore. Les détails de la proposition leur sont réservés. Des amendements sont évidemment possibles. Les représentants permanents des capitales poursuivront le travail jeudi soir. La décision finale revient aux États membres : ce sont eux qui doivent adopter la mesure, précisément à l’unanimité. Le point d’arrivée formel pourrait être le Conseil des ministres européens Affaires étrangères du 16 mai, ma un accord politique pourrait être dégagé dès la fin de cette semaine.

Le sommet de Versailles

Le président de la Commission rappelle qui projette un déjà été avalisé dans les grandes lignes par le sommet européen de Versailles, des 10 et 11 mars dernier. Les chefs d’État ou de gouvernement étaient convenus de se défaire progressivement de la dépendance européenne à l’égard de l’énergie russe. L’UE s’était déjà attaquée au charbon (banni à partir d’août prochain), dans le cadre d’un cinquième train de sanctions, entrée en vigueur le 8 avril. Voilà qui privera la Russie de quelque 4 milliards d’euros par an. Le maïs les achats de pétrole et de gaz russes par les Européens représentent environ 800 millions… par jour !

Le sixième paquet de sanctions présenté ce mercredi comporte d’autres mesures. La « Lista noire » des personnalités du régime russe s’allonge, en incluant « des officiers militaires de haut rang et des autres personnes qui ont commis des crimes de guerre à Boutcha et qui sont responsables du siège inhumain de la ville de Marioupol », ajoute von der Leyen.

La déconnexion du système bancaire russe de la plate-forme de paiements internationaux Swift (basée à La Hulpe !) Se poursuit, avec la Sberbank – « de loin la première banque de Russie », insiste le président -, ainsi que deux autres grandes banques .

Le «paquet» prévoit aussi de bloquer «l’accès de nos ondes à trois grands radiodiffuseurs d’État russes. Ils ne seront plus autorisés à distribuer leurs contenus dans l’Union européenne aucune d’ucune, que ce soit par le câble, par satellite, via internet ou par des applications sur smartphone ». Ces « organes de propagande amplifient d’une manière agressive les mensonges de Poutine », affirme von der Leyen. « En outre, le Kremlin a fait appel à des experts-comptables, à des consultants et à des conseillers en communication européens. Nous allons y mettre fin. Nous interdisons la provision de ce type de services aux sociétés russes ».

Toutes ces mesures, juge la cheffe de la Commission, visent à priver l’économie russe « de sa capacité de diversification et de modernisation. La poutine voulait rayer l’Ukraine à la carte. Il est évident qu’il n’y parviendra pas. Au lieu de cela : l’Ukraine s’est levée comme un seul homme. Et c’est son propre pays, la Russie, qu’il est en train de faire sombrer ». « Nous voulons que l’Ukraine gagne cette guerre », résume von der Leyen – une autre gageure.





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